Comité de Soutien

undefined 

  • Thibaud COLLIN, agrégé de philosophie, essayiste
  • Hilaire de CREMIERS, directeur de "Politique magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Philippe LAUVAUX, professeur de droit à l’Université de Paris II et à l’Université libre de Bruxelles
  • Gérard LECLERC, journaliste, essayiste
  • Olivier TOURNAFOND, agrégé des Facultés de Droit, professeur à la Faculté de Droit Université Paris 12
  • Marie-Françoise OUSSET, guide de Paris
  • Bernard PASCAUD, président de la Restauration Nationale
  • Jacques TREMOLET de VILLERS, avocat à la Cour
  • Jean-Marie LE MENE, Président de la Fondation Jérôme Lejeune
  • Christian WAGNER, rédacteur en Chef de le rubrique Economie et Finances de "Politique Magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Yvan BLOT, inspecteur général de l'administration, homme politique, essayiste
  • François-Georges DREYFUS, historien, professeur émérite de l'université Paris IV-Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'études politiques et du Centre d'études germaniques de l'université de Strasbourg
  • Gilles VARANGE, rédacteur en chef de "la Nouvelle Revue universelle", chef de la rubrique "monde" de "Politique Magazine", écrivain
  • Frédéric ROUVILLOIS, Professeur de droit public à l'université de Paris V, écrivain
  • Olivier PICHON, directeur de la rédaction de Monde & Vie et ancien patron d'émission sur Radio-Courtoisie
  • André LOUCHET, professeur de géographie, directeurs de recherche doctorale à l'université Paris IV
  • Pierre HILLARD, professeur de relations internationales , essayiste

Magazine et Revue

“POLITIQUE MAGAZINE”

Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
www.politiquemagazine.fr 
 

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau.

Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma..

tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE” 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Dimanche 23 mars 2008

Transparence et totalitarisme

 

Les media, la presse et toute une mode exigent toujours plus de transparence dans la vie politique. Si le but est d’éviter la malhonnêteté, personne ne peut y trouver à redire. Mais l’exercice a ses limites. Si le vote n’était pas secret, beaucoup d’électeurs voteraient différemment en raison de la pression sociale pesant sur eux.


L’individu n’est pas une monade autonome. Il est plongé dans le milieu social et en interaction d’influence avec lui. L’exigence de transparence est celle de tout pouvoir totalitaire. George Orwell avait imaginé une telle société où le pouvoir vous disait : « Big Brother vous regarde ! ». Alors, tout le monde ne faisait que ce que Big Brother autorisait !


Heidegger lui, oppose le comportement « impropre » de celui qui est plongé dans le conformisme quotidien et qui pense comme « on » pense ! on est immergé dans ce qu’il appelle le « on ». L’existence authentique consiste à échapper à ce « on » et a retrouver son « être propre ». Pour cela, il faut être conscient de ses origines : c’est cette conscience des origines que Heidegger appelle « la terre » qui vous donne une mission (le ciel), et c’est en acceptant cette mission avec résolution (Entschlossenheit) que l’on fait épanouir sa personnalité propre, loin du « moi » étriqué de celui qui est dominé par le « on ». Encore faut-il que ce processus puisse se dérouler en toute liberté ! Pour cela, il faut pouvoir échapper à la dictature du « on », donc de l’opinion (éventuellement manipulée mais elle l’est toujours par les différents pouvoirs !).


La propriété privée est un espace de liberté précisément parce que les tiers en sont exclus. Si les media peuvent pénétrer dans votre propriété et commenter tout ce que vous faites, il est évident que c’est une atteinte à vos libertés.


Tocqueville a bien montré la puissance de l’opinion publique qui contraint tous les citoyens à afficher un grand conformisme.


Dans toute société, quatre obstacles peuvent faire objet à la liberté d’expression : la cause matérielle, pour reprendre la terminologie d’Aristote, est le manque de moyens financiers. La cause formelle est l’interdiction légale, le régime légal de la censure. La cause motrice, ce sont les hommes, pas seulement les censeurs professionnels mais l’opinion publique, plus ou moins conditionnée par le pouvoir dominant. La cause finale de l’absence de liberté peut être l’idéologie officielle du régime. Les deux dernières « causes » de l’absence de liberté peuvent utiliser l’exigence de transparence pour étouffer une pensée non-conformiste. Ainsi, le « politiquement correct » dans certaines universités américaines restreint la liberté de parole sur beaucoup de sujets. Selon le système social, chaque cause pèsera d’un poids différent.


En démocratie, c’est l’opinion et l’idéologie dominantes qui peuvent faire obstacle à la liberté d’expression. La loi de censure et les moyens financiers peuvent jouer un rôle mais il est second. Il est difficile d’échapper à cette contrainte. Soljenitsyne s’en est aperçu ; en Russie, on lui disait « tais toi » ! En Occident, on lui dit « cause toujours » !


Des organisations qui ont pu craindre dans le passé des persécutions, comme la franc-maçonnerie, ne pratiquent pas la transparence. Car l’opacité est source de pouvoir et d’influence et protège ceux qui agissent. Certains estiment cette pratique critiquable ; les magistrats en Grande Bretagne sont obligés de déclarer leur appartenance à la franc-maçonnerie.


En fait, l’exigence de transparence ne frappe pas tout le monde de la même manière. Elle touche les hommes politiques beaucoup plus que les journalistes ou les chefs d’entreprise, ou la haute administration. C’est sans doute un signe que le pouvoir réel n’est sans doute pas chez les hommes politiques. Exiger la transparence de quelqu’un, c’est réduire ses pouvoirs. Beaucoup de « lobbies » qui influencent le pouvoir politique ne pratiquent pas la transparence mais l’exigent de la part des hommes politiques.


On sait bien que le domaine de la défense nationale est aussi celui du secret légal, sinon l’ennemi pourrait affaiblir le dispositif de défense. Dans ce domaine, la transparence totale de l’Etat pourrait entraîner sa destruction ! Il en est de même pour les secrets technologiques des entreprises. Le secret ne peut pas être exclu de la vie sociale. Le secret de votre code de carte de crédit vous protège des voleurs. Il faut donc un équilibre entre secret et transparence pour qu’une société de liberté puisse réellement exister. Quand tout est secret, le citoyen n’a plus de pouvoirs pour contrôler les dirigeants politiques. Mais si tout est transparent, le citoyen transparent perd alors lui aussi sa liberté. Réclamer toujours plus de transparence peut être une façon de détruire la liberté au nom de la liberté.


Un film a bien montré ce paradoxe. Il s’agit du film allemand « la vie des autres » qui montre comment la police politique de l’Allemagne de l’est communiste espionnait les citoyens afin d’empêcher toute critique du régime. Lorsque l’Etat veut tout connaître de la vie des autres, il réduit les autres à un statut d’esclave.


Bien entendu, il ne faut pas faire d’angélisme et il est normal qu’un Etat écoute et espionne les grands criminels ou ceux qui préparent des attentats terroristes. Comme dans beaucoup de domaines, la vertu réside dans le juste milieu, comme les philosophes grecs l’ont toujours affirmé. C’est pourquoi la pensée manichéenne est toujours à proscrire. C’est celle des fanatiques. Il y a aussi des fanatiques de la transparence : qu’il le sachent ou non, comme disait Sartre, qu’ils soient salauds ou naïfs, ils préparent toujours une forme de destruction des libertés.

Yvan BLOT

par Café Bleu publié dans : L'avis des intéressés
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 22 mars 2008

Chine, l'ère de l'émancipation

 

« 30 ans de réformes et d'ouverture »

La Chine a évolué en trente ans comme aucun groupe humain depuis l'origine des âges.

Si 7 à 800 millions de Chinois, en zone rurale ou petites gens de Pékin, de Shangaï ou d'ailleurs travaillent dans les rues, les usines, les ateliers ou les échopes pour un salaire leur procurant à peine gîte et couvert, 150 à 200 millions de Chinois citadins, classe moyenne montante, vivent désormais dans des conditions identiques à celle des « middle class » de l'hémisphère occidental.

 

« L'homme remarquable »

Lors du « 3ème plénum du Comité central issu du XIème congrès du PCC de décembre 1978 », le pays adopte officiellement la politique nouvelle que résument les mots « réformes » et « ouverture ». Le promoteur de cette renaissance de Zonghua, nom officiel de la République populaire signifiant « la Splendeur du Milieu » c'est celui qu'en 2008, le pays nomme weiren, « l'homme remarquable », Deng Xiaoping. Deng n'a pas caché à ses compatriotes que ce renouveau requérait d'eux « un effort de soixante ans, au moins. » Le «  3ème plénum » se voulait dans la continuité du 4 mai 1919 (ou « 5-4 », date-phare pour la Chine qui a vu ce jour-là à Pékin une manifestation contre les conditions du traité de Versailles qui cédait au Japon les secteurs du pays occupés par les Allemands, et contre « l'ancienne société » qui avait conduit, d'humiliation en humiliation, la Chine à un état d'impuissance totale) et de Mao: il n'y a pas eu « rupture », mais « émancipation ».

 

L'émancipation de notre pensée

« L'émancipation de notre pensée est la clé aux pouvoirs incalculables de l'essor du socialisme aux caractéristiques chinoises », répète le président Hu Jintao. Emancipation ne consiste pas, comme en Occident, à faire table rase du passé, mais bien à prendre d'hier ce qu'il y a de meilleur, à y apporter ce qu'aujourd'hui dicte d'apporter. Yanfu, vers 1890, disait: « Pour être fidèle à la pensée du Grand Kangxi, il convient de l'adapter aux réalités contemporaines. » Le schéma répandu d'une tradition chinoise hostile à la liberté et au progrès est à corriger. L'histoire de la Chine est perpétuelle évolution de la pensée, des moeurs comme des techniques et des arts, empruntant à l'étranger, dans tous les domaines, ce qui lui seyait d'emprunter, avant de le siniser radicalement.

Tout n'a pas commencé fin 1978. Dès le lendemain de la mort de Mao en septembre 1976, les gauchistes, « les Quatre », sont arrêtés. Deng, éloigné depuis quelques moi, reparaît. En mars 1977 , il retrouve ses fonctions, dont la vice-présidence de la commission centrale militaire.Dès avril, une conférence sur l'industrie reprend les thèmes des Quatre Modernisations – de l'agriculture, de l'industrie, des sciences et techniques, de la défense nationale – annoncées par Zhou Enlai en 1964. Une Constitution est adoptée, la Conférence consultative politique du Peuple chinois est réunie pour la première fois depuis treize ans. Des personnalités religieuse font leur réapparition. Le XI ème Congrès du PC s'ouvre en août, nombre de victimes de la Révolution culturelle sont réhabilitées. Une Ecole centrale du Parti est ouverte, des examens organisés pour accéder aux universités. À l'automne, des journaux muraux – dazibao – réclament « respect des droits de l'homme » et « démocratie ». En décembre, le Parti officialise la « théorie de Deng Xiaoping » en gestation depuis dix-huit mois: Deng va décentraliser l'économie planifiée et l'intégrer au marché mondial. Cependant, si les campagne sont décollectivisées, si les paysans recouvrent une large liberté de produire et de comercialiser leurs produits, si dans l'industrie et le commerce, les mots d'ordre sont « responsabilité », « rentabilité », « autonomie de gestion », cette « révolution chinoise dans la révolution chinoise » laisse à l'Etat la fonction de macro-contrôle.

 

1978 – 1988

Début 1979, Deng s'envole pour Washington. Son fidèle collaborateur Hu Yaboang est secrétaire général du PCC. A Pékin, les journaux muraux « non autorisés » se multiplient, des paysans manifestent, réclamant « droits de l'homme » et « à manger ». Deng a fixé les limites à ne pas franchir: toute manifestation qui s'opposerait à la direction du PCC est interdite. Des meneurs sont arrêtés, certains emprisonnés, d'autres réclamant que soit réévalué le rôle de Confucius sont entendus. Fin 1980, Deng suspend les réformes des entreprises publiques tant leur assainissement s'avère difficile sans mesures socialement trop coûteuses. Le pays est en effervescence. En 1981, la campagne est lancée contre «  le libéralisme bourgeois »; en 1983 contre « la criminalité et la pollution spirituelle ». Avec le Document 19, la liberté religieuse s'étend. En 1984, la règle « un couple, un enfant » est imposée non sans résistance surtout dans les campagnes où enfants signifient main d'oeuvre et continuité familiale assurés. Les réformes reprennent dans le secteur urbain des industries d'Etat, les communes populaires sont officiellement abolies. Quatorze villes côtières sont ouvertes aux investisseurs étrangers. En 1985, des valeurs mobilières sont émises. Les effectifs de l'armée sont réduits.

L'essor dû à l'abandon des recettes maoïstes a sa contrepartie: les prix alimentaires accusent une hausse inquiétante. En janvier 1986, un discours de Deng sur la corruption au sein du PCC suscite dans l'opinion « des considérations sur la démocratie ». Le yuan est dévalué de 15% et des étudiants manifestent à Pékin « pour la démocratie » et « contre la vie chère ». Beaucoup sont arrêtés; certains punis légèrement. Plus important, Deng pour apaiser les dissensions dans la haute hiérarchie, sacrifie Hu Yaobang que Zhao Ziyang remplace comme secrétaire général du PCC par intérim. Quelques intellectuels « libéraux » sont exclus du PCC. Des restrictions sont apportées aux échanges avec l'extérieur, alors que la Chine s'était ouverte: en signant de gros accords économiques avec les Etats-Unis et la Communauté européenne en 1980; en renouant le dialogue avec l'URSS en 1983; en parvenant en 1984 à l'accord, signé à Pékin par Margaret Thatcher, sur la rétrocession de Hong Kong, fixée au 1er juillet 1997; en signant à Moscou une convention commerciale pour cinq ans en 1985; en parvenant en 1986 à l'accord sur la rétrocession de Macao par le Portugal pour 1999. En novembre 1987, Deng quitte le Bureau politique mais reste à la tête de la Commission militaire centrale. Le désaccord sur le rythme de la « modernisation » persiste et l'inégalité de développement entre les régions est inquiétante.

 

1989, Tian'anmen

Les dirigeants ont lieu de redouter 1989, conjonction du bicentenaire de 1789, du 70ème anniversaire du « 4-mai », du 40ème anniversaire de la République populaire.Or, le 15 avril, Hu Yaobang, le « sacrifié » de 1987, meurt, la jeunesse qui lui a su gré de sa « tolérance », manifeste, réclame sa réhabilitation. L'ordre va-t-il être rétabli? Le gouvernement ne veut pas compromettre la visite de Gorbatchev attendu mi-mai. Le délai envenime la situation. L'Armée est mobilisée, la loi martiale proclamée fin mai. L'épreuve de force a lieu dans la nuit du 3 au 4 juin et fait plus d'un millier de morts autour de Tian'anmen. Suit une répression sévère. L'Occident qui voyait déjà la Chine suivre le mouvement de « libéralisation » que connaissait l'Europe orientale voue aux gémonies les « gérontes » pékinois.

L'opinion occidentale est convaincue en tout cas que des centaines de millions de Chinois exigent « droits de l'homme » et « démocratie ». Mais quels droits de l'homme? Quelle démocratie? S'agit-il de reconnaître la Charte des Droits de l'Homme de 1946, d'instaurer le suffrage universel? Tournons-nous vers Confucius: « Dans le Shujing, il est dit: « Notre aimable prince est le père du peuple ». Etre le père du peuple, c'est aimer ce qui plaît au peuple, et avoir en aversion ce qui lui déplaît » Notre culture politique nous invite à voir là le motif à recourir au suffrage universel. C'est négliger le crédit que le sens pratique des confucéens accorde au savoir, à la compétence, à l'expérience d'un côté, à l'éducation, donc, de l'autre. Parlant des événements du printemps 1989, Deng dit : « L'erreur ne tient pas aux Quatre Principes [rôle dirigeant du PCC, voie socialiste, dictature du prolétariat, marxisme-léninisme-pensée-maozedong], mais au fait que nous ne les avons pas mis en pratique de façon assez soutenue. Il nous faut intensifier l'éducation et y persister pendant les soixante ans à venir. » La société confucéenne ignore la notion de droit, tous ne s'y connaissant que des devoirs, au bout desquels chacun reçoit son dû. Deng nommera « révolution spirituelle » cette éducation de la population qui lui tient à coeur. Si nous autres, Occidentaux, « légistes », spéculons sur le respect de la loi, les Chinois, « moralistes » ne se font guère d'illusions sur sa portée: officialiser un devoir n'est rien, il convient que l'usage en pénètre les moeurs.

Au lendemain de Tian'anmen, la Chine va paraître tentée de se refermer, mais elle surmonte le traumatisme que troubles, répression et incompréhension du monde lui ont causé. Deng a quitté toute fonction, mais demeure « derrière le paravent » et en 1993 voit officialiser la toute chinoise « économie socialiste de marché » en usage depuis 15 ans. Puis il s'efface et meurt en 1997. Jiang Zemin qui préside alors aux destinées de l'Empire a été choisi par lui. Pour assurer la continuité, après Jiang, Deng a attiré l'attention sur un jeune cadre né en 1942, Hu Jintao. Il est évident que c'est Deng qui doit être crédité de la revitalisation du pays et de son économie. Il a, à terme, permis à la Chine de connaître une croissance annuelle moyenne de 10%; il a commencé à libéraliser la société tout en en sauvegardant l'unité. Leur activité déborde les frontières. Il y a des Chinois dans tous les grands orchestres de la planète, en 2000, un romancier chinois recevra le prix Nobel, les films chinois séduisent les cinéphiles du monde entier.

 

L'alerte de 1997-1998

En 1997, une crise financière surprend les « petits dragons » et « petits tigres », Etats émergeants du Sud-Est asiatique que sont la Corée du Sud, Taïwan et Singapour, la Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande et les Philippines: de Bangkok à Manille, Bourses et monnaies locales plongent. Le mal est contagieux. La Corée du Sud est touchée, puis le Vietnam et l'Inde. Le Japon est inquiété quand le yen montre des faiblesses face au dollar. Quant à la Chine, la Banque Mondiale la complimente dans son rapport China 2020: avec son taux d'épargne très élevé, des réformes pragmatiques réussies, une population disciplinée, une diaspora très active, la Chine, « numéro 2 mondial pour les investissements étrangers deviendrait la deuxième économie du monde avant 2020 ». Il faut dire que sa monnaie, pour des raisons de stratégie commerciale, a été dévaluée deux fois en 1994. Les dirigeants chinois renforcent le contrôle des changes et lutte contre le trafic illicite de devises. 1998 est difficle. Au marché noir, le dollar US dépasse les 10 yuan pour un cours officiel à 8,28. La croissance des exportations est de 7,6% pour le premier semestre 1998 contre 21% en 1997. Les industriels chinois craignent une montée des mouvements sociaux et militent en faveur d'un ajustement qui dopât les exportations. Pékin accroît ses aides à l'exportation sans empêcher la rumeur de courir d'une dévaluation du yuan de 30%...

A la fin de 1998, j'écris (pour Alain Peyrefitte): « On considère à Pékin qu'une dévaluation du yuan aurait de dramatiques répercussions sur les économies des pays « émergents » voisins: on entend donc maintenir la parité yuan/dollar pour des raisons « morales ».[...]La Chine a les moyens de cette politique, même si sa population doit voir s'accroître ses difficultés ou freiner son développement. Ses réserves en devises sont considérables, surtout depuis le retour de Hongkong à la mère patrie! La Chine joue un rôle stabilisateur... » L'aura impériale que la Chine entend retrouver dans le monde pour lequel elle est xiong, « frère aîné », sinon fumu, « père et mère », s'en trouve renforcée. La Chine est active à l'endroit de ses voisins de l'ASEAN, Association des Nations du Sud-Est asiatique, à partir de 1991 et surtout depuis 1995. Sa volonté d'accéder à l'OMC commande également à la Chine d'appliquer cette rigueur à elle-même; elle y rentrera en 2001.

 

La Chine se développe sur le fil du rasoir

Les entreprises chinoises émanent en grande majorité de l'Etat. Elles se sont lancées dans une politique de joint-ventures avec des produits étrangers, dans le dessein de favoriser sous-traitance et pénétration des produits étrangers en Chine. La Chine a suivi « le modèle de développement inventé par Singapour dans les années 1960, [qui] consiste à attirer un maximum d'investissements étrangers, notamment au sein de zones spéciales entièrement réservées aux multinationales », l'intérêt des investisseurs résidant principalement dans la main d'oeuvre bon marché.

Fin 1998, l'alerte est passée. La productivité est repartie. En 2006, le PIB de la Chine qui dépasse désormais celui de la France, a atteint 20 940,7 milliards de yuan. Quant à la courbe de la hausse de la production, si, par rapport à 1997 (9,3%), elle accuse une légère baisse en 1998 et 1999 (7,8 et 7,6%), elle repat à la hausse dès 2000 (8,4%) et est en croissance continue à partir de 2002 (9,1%), dépasse 10% en 2003, pour atteindre 11,7% en 2007. En 2006, la Chine détient plus de 1 000 milliards de devises.

Pour autant, la progression de la Chine ne sera pas forcément géométrique. Si les étrangers se détournent d'investir et d'acheter en Chine, si une crise financière, qu'elle soit chinoise ou mondiale, entraîne l'effondrement du marché, la Chine se trouverait vite dans une situation explosive.

La morale pour établir le bon gouvernement.

La Chine fait des lois pour s'entendre avec les barbares d'hier et être comprise d'eux. Mais le régime chinois demeure proche, mutadis mutandis, de ce que fut sous les meilleurs empereurs l'administration de l'Empire. Des institutions naissent, reprises d'usages nationaux, inspirées d'institutions étrangères. Le PCC amende et publie ses statuts, longtemps tenus secrets. C'en est fait du marxisme orthodoxe, de sa « dictature du prolétariat ». En 1997, au XVème congrès, les « théories de Deng », présentées comme « une sinisation du marxisme » sont intégrées au canon du PCC. En 2002, le XVIème congrès ajoute la « Triple Représentativité »: le Parti représente « les forces productives (ex-classe ouvrière), l'avant-garde culturelle et le peuple au sens large », place y est faite aux entrepreneurs, aux intellectuels, aux classes moyennes. Avec Hu, le « concept scientifique du développement » vient à son tour siniser le socialisme doctrinal, faisant appel surtout, malgré la terminologie, au pragmatisme et à la morale individuelle et collective.

On ne serait plus en Chine s'il n'était fait appel à la culture nationale qui, dit Hu, « pousse la nation toute entière à resserrer sa solidarité et à aller de l'avant ».

La Chine n'a renoncé ni au crédit de la containte – son gouvernement est autoritaire – ni surtout à celui de la morale. En font foi les Huit honneurs et déshonneurs énoncés par le président Hu au début de l'année 2006:

1- Aime la mère-patrie, ne lui nuis pas.

2- Sers son peuple; ne le lèse pas.

3- Considère la science; refuse ignorance et obscurantisme.

4- Travaille dur; ne sois pas paresseux, ne renâcle pas à l'ouvrage.

5- Fonds-toi dans notre peuple, aide les autres; ne fais pas de profits à leurs dépens.

6- Sois honnête et loyal; ne quête pas les bénéfices au prix de ta dignité.

7- Sois discipliné et respectueux de la loi; ne sois pas négligent et sans aveu.

8- Recherche la vraie vie et son rude combat; ne te vautre pas dans le luxe et les plaisirs.

 

C'est notoire, des manifestations de mécontentement ont lieu un peu partout tous les jours. Quelques 80000, surtout rurales, pour la seule année 2006. L'Etat punit quelques meneurs et cède aux requêtes les plus urgentes. Sous Mao, guère de revendications impatientes, crevât-on de faim, la terreur explique pourquoi. On ne crève plus de faim en Chine même si les temps restent austères pour beaucoup. Les Occidentaux ont oublié dans quelle misère matériele vivaient trop de leurs pères dans les années 1920-1930 encore et au lendemain de la seconde guerre mondiale. Ce n'est pas le suffrage universel qui a réduit les inégalités en Occident mais les « Trente Glorieuses » et leur développement économique tous azimuts. Deng a demandé le temps d'une vie d'homme pour que réformes et ouverture portent vraiment des fruits, matériels et moraux. La moitié du délai est passée, les fruits produits sont encourageants.

par Café Bleu publié dans : L'avis des intéressés
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 21 février 2008
Instruction de BISMARCK au comte Von ARNIM, ambassadeur à Paris, le 16 novembre 1871
 
« Nous devons enfin désirer le maintien de la République en France pour une deuxième raison qui est majeure : la France monarchique était et sera toujours catholique; sa politique lui donnait une grande influence en Europe, en Orient et jusqu'en Extrême-Orient. Un moyen de contrecarrer son influence au profit de la nôtre, c'est d'abaisser le catholicisme et la papauté qui en est la tête. Si nous pouvons atteindre ce but, la France est à jamais annihilée. La monarchie nous entraverait dans ces tentatives. La République nous aidera... J'entreprends contre l'Eglise catholique une guerre qui sera longue et, peut-être, terrible! On m'accusera de persécution et j'y serai peut-être conduit, mais il le faut pour achever d'abaisser la France et établir notre suprématie religieuse et diplomatique, comme notre suprématie militaire. Et bien! Je le répète : ici encore les républicains m'aideront ; ils joueront notre jeu ; ce que j'attaque par politique, ils l'attaquent par formalisme anti-religieux. Leur concours est assuré. Entretenez dans les feuilles radicales françaises à notre dévotion la peur de l'épouventail clérical, en faisant propager les calomnies ou les préjugés qui font naître cette peur... Faites aussi parler, dans ces feuilles, des dangers de la réaction..., des crimes de l'absolutisme, des empiètements du clergé. Ces balivernes ne manquent jamais leur effet sur la masse ignorante. Oui! Mettez tous vos soins à entretenir cet échange de services mutuels entre les républicains et la Prusse! C'est la France qui paiera les frais! ... »
 
Instruction citée par GAUDIN DE VILAINE, au sénat, le 6 avril 1911,
Journal Officiel du 7 avril 1911

par Café Bleu publié dans : L'avis des intéressés
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 16 janvier 2008

Spécialiste de l'histoire juive américaine et des relations entre juifs et chrétiens, professeur d'histoire et de sciences politiques à l'Ave Maria University aux Etats-Unis, le rabbin David Dalin nous offre, dans un ouvrage en tout point remarquable, Pie XII et les juifs, le mythe du pape d'Hitler (aux éditions Tempora), une étude historique magistrale et d'une rigueur extrême nourrie d'une quantité de faits et de déclarations qui rendent justice au grand pape Eugenio Pacelli injustement et scandaleusement accusé d'avoir, par son supposé silence, favorisé l'extermination du peuple juif par les barbares nazis.

Non seulement Pie XII n'a jamais été antisémite, mais le rabbin Dalin évoque les amis juifs de ce pape, et notamment l'éminent professeur de médecine Fernando Mendès chez lequel il a participé à un sabbat, tout en rappelant – en citant de très nombreux exemples dignes de foi – que ce pontife n'a nullement gardé le silence, qu'il a sauvé sur place de nombreux intellectuels juifs, protégé la communauté israélite italienne et joué, ici et là, en Europe (Slovaquie, Hongrie, Roumanie) dans le secret, et par des instructions très précises, un rôle capital dans le sauvetage de centaines de milliers de juifs. Face à ceux qui prétendent réécrire l'histoire a posteriori – et sans risques – l'auteur souligne que toute intervention officielle malheureuse de Pie XII aurait été fatale non seulement à l'Eglise Catholique mais aux juifs.
Très à propos l'auteur rappelle qu'en France - dans le prolongement du combat du Saint-Siège – les trois quarts des juifs de France et environ 85 % des enfants juifs ont été soustraits à la Shoah grâce au concours de nombreux évêques, prêtres, religieux et religieuses sans parler des simples fidèles et des pasteurs et laïcs protestants.
Qu'on se souvienne de Mgr Saliège, évêque de Toulouse ou du pasteur Boegner, des couvents servant d'asile et des faux certificats de baptême abondamment distribués.
L'auteur qui cite largement les détracteurs tant juifs que chrétiens de Pie XII, n'y voie qu' « une erreur et déformation de la vérité ». Pour lui, les « marais nauséabonds de l'anti-catholicisme » dans lesquels s'illustrent notamment d'anciens séminaristes comme Gary Wills ou John Cornwell, voire des prêtres défroqués comme James Caroll, constituent « un détournement de la shoah » et une « falsification de l'histoire ». En fait, souligne l'auteur, ceux qui s'acharnent sur Pie XII, ce pontife résolument anti-communiste et anti-nazi, constituent cette « classe d'intellectuels de plus en plus gauchisants qui cherche à dénigrer, non seulement le catholicisme traditionnel, mais le christianisme en général et même le judaïsme ». Ce que ne supporte pa ces « critiques progressistes », c'est notamment l'enseignement traditionnel de l'Eglise et, en particulier, ses prises de position sur la « culture de mort » et l'avortement.
Et le rabbin Dalin de jeter un gros pavé dans la mare en rappelant les remerciements après guerre des plus hautes autorités morales et politiques juives envers Pie XII, qu'il s'agisse d'Einstein, de Golda Meir, de Chaim Weizmann, premier chef de l'Etat d'Israël, du grand rabbin Isaac Herzog, ou de Moshes Sharett, futur ministre des affaires étrangères de l'Etat Hébreu. Faut-il rappeler qu'à l'issue de la seconde guerre mondiale, le grand rabbin de Rome Zolli et son épouse se convertirent au catholicisme, le rabbin Zolli désirant prendre pour nom de baptême celui du pape Pie XII, Eugenio !
Souvenons nous également de ce geste exceptionnel de gratitude donné au Saint-Siège par l'ochestre philarmonique de l'Etat d'Israël venu jouer devant le pape le 26 mai 1955.
C'est un livre magistral, une oeuvre de réparation et un témoignage pour la vérité que ces pages du rabbin Dolin, qui font justice au passage d'un autre mythe, celui de la tradition anti-judaïque de la papauté. Et de citer les juifs du pape dans le Comtat venaissin au Moyen-Age et la défense des juifs par tant de pontifes, de Grégoire le Grand, à Paul III, en passant par Benoît XIV, Pie X et Pie XI.
La conclusion de l'auteur - en prise directe sur certaines réalités – est que ce n'est pas l'Eglise catholique qui menace les juifs mais « l'Islam radical ». Un ouvrage à lire et à faire lire.
Christian Wagner pour Politique Magazine
par Café Bleu publié dans : L'avis des intéressés
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 1 janvier 2008

En avril 2006 monsieur Bouteflika déclarait que « la France était responsable d’un génocide de l’identité, de l’histoire, de la langue et des traditions algériennes », niant le bilan positif de la colonisation et mettant ainsi fin au projet de traité d’amitié franco-algérienne en gestation.
Cette affirmation, jamais reniée, est un mensonge inacceptable et une contre-vérité historique absolue.

Mais avant d’évoquer ce que fut réellement notre œuvre colonisatrice pendant 130 ans, rappelons à monsieur Bouteflika que la population algérienne entre 1830 et 1962 est passée de 2 millions à 9 millions, ce qui ne fut pas le cas des Maoris de Nouvelle Zélande, des Aborigènes d’Australie ou des Indiens d’Amérique du Nord qui virent leur nombre divisé par dix avec l’arrivée des Européens.
Si nul ne conteste les exactions, les violences et les crimes qui ont toujours accompagné les conquêtes et les périodes de pacification au cours de l’histoire des peuples, la France n’a jamais cherché à détruire la culture et les traditions berbères ou arabes, ni à interdire leur religion ou leur langue. Par contre nul n’ignore que les Arabes ont conquis de façon définitive les contrées berbères pour y imposer la religion musulmane et la langue arabe. Où est le véritable génocide culturel ?
Quant aux exactions en tout genre, faut-il souligner que les Algériens n’ont pas été les derniers à faire preuve de barbarie, notamment en suppliciant des centaines de milliers de harkis dans d’abominables souffrances ?
Nous n’avons donc aucune leçon de morale à recevoir de monsieur Bouteflika.

En 1830 cette région sous Régence turque et soumise à la loi coranique, ne possédait ni monnaie propre, ni routes, ni écoles, ni hôpitaux, ni agriculture. Elle n’était qu’un repaire de pirates esclavagistes, les redoutables Barbaresques qui écumaient la Méditerranée depuis des siècles, en quête de captifs pour alimenter leurs harems et leurs marchés aux esclaves. Cette terre hostile s’appelait encore la Barbarie. C’est donc en 1830 que la France décida de mettre fin à la piraterie et s’empara d’Alger. A partir de cette date, et pendant 130 ans, ce pays qui allait devenir l’Algérie, connut le plus grand bond en avant de son histoire. D’un sol désertique les colons ont fait un verger en construisant de nombreux barrages, en forant des puits et en irriguant des centaines de milliers d’hectares. A son indépendance l’Algérie avait son autosuffisance alimentaire et pouvait exporter vins et agrumes.
D’une population totalement analphabète, la France a scolarisé 50% de la jeunesse en construisant une cinquantaine de lycées et collèges et quatre facultés dont une de médecine.
Au plan médical, alors que le taux de mortalité infantile atteignait 50% en 1830, nous avons éradiqué la dysenterie, le paludisme, la variole, la peste, le choléra et le typhus par des campagnes de vaccinations massives et des soins gratuits pour tous. 138 hôpitaux furent construits.
L’infrastructure ne fut pas en reste avec 54000 kms de routes et 80000 kms de pistes sahariennes, 4500 kms de voies ferrées, 23 ports et de nombreux aéroports. La France a installé des câbles sous-marins, des faisceaux hertziens et des structures de communications modernes qui faisaient de l’Algérie le pays le plus avancé d’Afrique. Dans le domaine industriel et minier nous avons exploité le fer, le zinc, le plomb, les phosphates et créé une industrie chimique et métallurgique moderne. Nous avons construit 4 centrales thermiques et mis en valeur le pétrole saharien qui a donné à l’Algérie une richesse inestimable équivalant à 95% de ses recettes.
Sans oublier les milliers de logements, les 274 stades et les complexes sportifs disséminés dans le pays.
Tel est le bilan de la colonisation dont nous n’avons pas à rougir. Saluons au contraire le courage et la volonté de ces explorateurs, ces militaires, ces missionnaires, ces médecins, ces colons et tous ces « pieds noirs » anonymes qui ont bâti ce pays dans le sang et les larmes pour le conduire vers la modernité. Ils ont non seulement fait de l’Algérie un État moderne, mais ils ont également fait la grandeur de la France.

On pourrait faire aujourd’hui le bilan de la décolonisation et de l’indépendance, mais laissons plutôt la parole aux Algériens eux mêmes, que nul ne pourra soupçonner d’Arabophobie. :

• « S’il est en Algérie, un domaine où l’effort de la France ne se discute pas, c’est bien le domaine de l’enseignement. On peut et on doit dire que l’école a été un succès certain. Les vieux maîtres, les premiers instituteurs ont apporté toute leur foi pédagogique sans arrière pensée et leur influence a été extrêmement heureuse ». (Abderrhamane Fares instituteur.)
• « La scolarisation française en Algérie, a fait faire aux Arabes un bond de mille ans ». (Belkacem Ibazizen, Conseiller d’Etat.)
• « Trente ans après l’indépendance nous voilà ruinés avec plus de nostalgiques que le pays comptait d’habitants et plus de rapetoux qu’il n’abritait de colons »….  « Beaucoup d’Algériens regrettent le départ des pieds-noirs, s’ils étaient restés nous aurions peut-être évité cette tragédie ». (Boualam Sansal écrivain)
• « En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul l’amour pouvait oser pareil défi…..Quarante ans est un temps honnête, ce que nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous qui sommes ses enfants ». (Boualam Salam)
• « Dire que du temps des Français, ici c’était un jardin ». (Aït Ahmed. ex leader FLN)
• « L’œuvre de la France est admirable ! Si la France était restée 20 ans de plus elle aurait fait de l’Algérie l’équivalent d’un pays européen ». (Un ministre syrien à Ferhat Abbas au cours d’une visite à Alger).
• « Je ne pardonnerai jamais à la France d’avoir quitté l’Algérie » (Une Algérienne à Chirac lors d’un bain de foule).
• « Si les pieds-noirs n’étaient pas partis en masse, l’Algérie ne serait peut-être pas dans l’état désastreux dans lequel elle se trouve…Franchement on pourrait presque leur en vouloir ». (Malika Boussouf journaliste).
• «  A son indépendance, nul pays extérieur au monde occidental, Japon et Afrique du Sud exceptés, ne disposait d’une infrastructure aussi développée que celle de l’Algérie ». (Bechir Ben Yahmed Directeur de « Jeune Afrique »).
• « La France a commis un crime. Elle a livré le peuple algérien aux tueurs et assassins ». (Ferhat Abbas, leader du FLN).

Comme tout dirigeant incompétent qui tente de s’exonérer de ses propres responsabilités, Bouteflika a trouvé en la France le bouc émissaire idéal : un pays qui se complaît dans l’auto-flagellation et la repentance à tout propos.
C’est une grave erreur et si nos dirigeants n’ont pas le courage de défendre notre œuvre colonisatrice, c’est pour nous un devoir d’honorer la mémoire de nos ancêtres qui ont fait la grandeur de la France au temps où elle rayonnait sur un magnifique empire de 11 millions de kilomètres carrés et où les noms de Dakar, Nouméa, Hanoï, Cayenne ou Djibouti évoquaient des paradis lointains pour des générations de Français nostalgiques d’aventures exotiques.
N’en déplaise aux esprits chagrins et timorés, la colonisation fut pour des millions d’hommes le plus grand fait de l’histoire.

par Café Bleu publié dans : L'avis des intéressés
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 11 décembre 2007

Combien vous restera-t-il quand vous aurez fini de payer tous les privilèges des retraités du public ?

Malgré la réforme FILLON, les retraites des fonctionnaires et autres régimes spéciaux (EDF-GDF, SNCF, RATP, etc.) restent extrêmement privilégiés par rapport à celles des autres Français :

Salariés du privé Fonctionnaires EDF-GDF SNCF RATP
Durée de cotisation 40 ans jusqu'en 2008, 41 ans en 2012 39,5 ans en 2007, 40 ans en 2008 37,5 ans 37,5 37,5
Age moyen de départ à la retraite 61,3 ans 57,6 ans 55,4 ans 54,6 ans 54,8 ans
Taux de cotisation employé 10,35 % à 10,55 % du salaire 7,85 % du traitement et d'une fraction des primes 12,13 % du salaire hors prime 7,85 % du salaire hors prime 7,85 % du salaire hors prime
Base de calcul 25 meilleures années en 2008 6 derniers mois dernier mois 6 derniers mois 6 derniers mois
Revalorisation Evolution des prix (depuis 1993) Evolution des prix (depuis 2004) Evolution des salaires dans l'entreprise Evolution des salaires dans l'entreprise Evolution des salaires dans l'entreprise
Décote par année manquante 10 % en 2005, 6 % en 2015 0,6 % en 2006, 3 % en 2012, 6% en 2015 sans sans sans
Durée moyenne de la retraite 17,7 ans 22,3 ans 23,9 ans 26,4 ans 24,8 ans
Réversion Sous conditions de ressources Aucune condition de ressources Aucune condition de ressources Aucune condition de ressources Aucune condition de ressources

Et, pour l'essentiel, ce sont les actifs et retraités du privé qui payent ces avantages :

- Le coût des retraites des fonctionnaires explose littéralement (+28 % en seulement 4 ans)

- Plus de la moitié des retraites des régimes spéciaux sont financées par nos impôts et par les caisses du privé

Et cela, alors même que les retraites du privé sont bien moins avantageuses et que la principale caisse (CNAV) est dans le rouge

Ne laissons pas les syndicats des régimes spéciaux seuls face au gouvernement

AVEC SAUVEGARDE RETRAITES, REAGISSEZ !

www.sauvegarde-retraites.org

par Café Bleu publié dans : L'avis des intéressés
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 9 décembre 2007

Monsieur le Président,

                  En brandissant l’injure du génocide de l’identité algérienne par la France, vous saviez bien que cette identité n’a jamais existé avant 1830. Mr Ferrat Abbas et les premiers nationalistes avouaient l’avoir cherchée en vain. Vous demandez maintenant repentance pour barbarie : vous inversez les rôles !
                  C’était le Maghreb ou l’Ifriqiya, de la Libye au Maroc. Les populations, d’origine phénicienne (punique), berbère (numide) et romaine, étaient, avant le VIIIème siècle, en grande partie chrétiennes (500 évêchés dont celui d’Hippone / Annaba, avec Saint Augustin). Ces régions agricoles étaient prospères.
                  Faut-il oublier que les Arabes, nomades venant du Moyen Orient, récemment islamisés, ont envahi le Maghreb et converti de force, « béçif » (par l’épée), toutes ces populations. « Combattez vos ennemis dans la guerre entreprise pour la religion….Tuez vos ennemis partout où vous les trouverez » (Coran, sourate II, 186-7). Ce motif religieux était élargi par celui de faire du butin, argent, pierreries, trésor, bétail, et aussi bétail humain, ramenant par troupeaux des centaines de milliers d’esclaves berbères; ceci légitimé par le Coran comme récompense aux combattants de la guerre sainte (XLVIII, 19, 20) .Et après quelques siècles de domination arabe islamique, il ne restait plus rien de l’ère punico romano berbère si riche, que des ruines (Abder-Rahman ibn Khaldoun el Hadrami , Histoire des Berbères,T I, p.36-37,40,45-46. 1382) .
                  Faut-il oublier aussi que les Turcs Ottomans ont envahi le Maghreb pendant trois siècles, maintenant les tribus arabes et berbères en semi esclavage, malgré la même religion, les laissant se battre entre elles et prélevant la dîme ,sans rien construire en contre partie.
                  Faut-il oublier que ces Turcs ont développé la piraterie maritime, en utilisant leurs esclaves. Ces pirates barbaresques arraisonnaient tous les navires de commerce en Méditerranée, permettant, outre le butin, un trafic d’esclaves chrétiens, hommes, femmes et enfants. Dans l’Alger des corsaires du XVI ème siècle, il y avait plus de 30.000 esclaves enchaînés. D’où les tentatives de destruction de ces bases depuis Charles Quint, puis les bombardements anglais, hollandais et même américain…..Les beys d’Alger et des autres villes se maintenaient par la ruse et la force, ainsi celui de Constantine, destitué à notre venue, ayant avoué avoir fait trancher 12.000 têtes pendant son règne.                   Faut-il oublier que l’esclavage existait en Afrique depuis des lustres et existe toujours. Les familles aisées musulmanes avaient toutes leurs esclaves africains. Les premiers esclavagistes, Monsieur le Président, étaient les négriers noirs eux-mêmes qui vendaient leurs frères aux Musulmans du Moyen Orient, aux Indes et en Afrique (du Nord surtout), des siècles avant l’apparition de la triangulaire avec les Amériques et les Antilles, ce qui n’excuse en rien cette dernière, même si les esclaves domestiques étaient souvent bien traités.
                  Faut-il oublier qu’en 1830, les Français sont venus à Alger détruire les repaires barbaresques ottomans qui pillaient la Méditerranée, libérer les esclaves et, finalement, affranchir du joug turc les tribus arabes et berbères opprimées.
                  Faut-il oublier qu’en 1830, il y avait à peu près 5.000 Turcs, 100.000 Koulouglis, 350.000 Arabes et 400.000 Berbères dans cette région du Maghreb où n’avait jamais existé de pays organisé depuis les Romains. Chaque tribu faisait sa loi et combattait les autres, ce que l’Empire Ottoman favorisait, divisant pour régner.
                  Faut-il oublier qu’en 1830 les populations étaient sous développées, soumises aux épidémies et au paludisme. Les talebs les plus évolués qui servaient de toubibs (les hakems), suivaient les recettes du grand savant « Bou Krat » (ou plutôt Hippocrate), vieilles de plus de 2.000 ans .La médecine avait quand même sérieusement évolué depuis !
                  Faut-il oublier qu’à l’inverse du génocide, ou plutôt du massacre arménien par les Turcs, du massacre amérindien par les Américains, du massacre aborigène par les Anglais et du massacre romano-berbère par les Arabes entre l’an 700 et 1500, la France a soigné, grâce à ses médecins (militaires au début puis civils) toutes les populations du Maghreb les amenant de moins d’un million en 1830 en Algérie, à dix millions en 1962.
                  Faut-il oublier que la France a respecté la langue arabe, l’imposant même au détriment du berbère, du tamashek et des autres dialectes, et a respecté la religion (ce que n’avaient pas fait les Arabes, forçant les berbères chrétiens à s’islamiser pour ne pas être tués, d’où le nom de « kabyle » - j’accepte).
                  Faut-il oublier qu’en 1962 la France a laissé en Algérie, malgré des fautes graves et des injustices, une population à la démographie galopante, souvent encore trop pauvre, - il manquait du temps pour passer du moyen âge au XX ème siècle - mais en bonne santé, une agriculture redevenue riche grâce aux travaux des Jardins d’Essais, des usines, des barrages, des mines, du pétrole, du gaz, des ports, des aéroports, un réseau routier et ferré, des écoles,un Institut Pasteur, des hôpitaux et une université, la poste… Il n’existait rien avant 1830. Cette mise en place d’une infrastructure durable, et le désarmement des tribus, a été capital pour l’Etat naissant de l’Algérie.
                  Faut-il oublier que les colons français ont asséché, entre autres, les marécages palustres de la Mitidja, y laissant de nombreux morts, pour en faire la plaine la plus fertile d’Algérie, un grenier à fruits et légumes, transformée, depuis leur départ, en zone de friche industrielle.
                  Faut-il oublier que la France a permis aux institutions de passer, progressivement, de l’état tribal à un Etat nation, et aux hommes de la sujétion à la citoyenneté en construction, de façon, il est vrai, insuffisamment rapide. Le colonialisme, ou plutôt la colonisation a projeté le Maghreb, à travers l’Algérie, dans l’ère de la mondialisation.
                  Faut-il oublier qu’en 1962, un million d’européens ont dû quitter l’Algérie, abandonnant leurs biens pour ne pas être assassinés ou, au mieux, de devenir des habitants de seconde zone, des dhimmis, méprisés et brimés, comme dans beaucoup de pays islamisés. Il en est de même de quelques cent mille israélites dont nombre d’ancêtres s’étaient pourtant installés, là, 1000 ans avant que le premier arabe musulman ne s’y établisse. Etait-ce une guerre d’indépendance ou encore de religion ?
                  Faut-il oublier qu’à notre départ en 1962, outre au moins 75.000 Harkis, sauvagement assassinés, véritable crime contre l’humanité, et des milliers d’européens tués ou disparus, après ou avant, il est vrai, les excès de l’O.A .S. il y a eu plus de200.000 tués dans le peuple algérien qui refusait un parti unique, beaucoup plus que pendant la guerre d’Alg&eacut