Comité de Soutien

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  • Thibaud COLLIN, agrégé de philosophie, essayiste
  • Hilaire de CREMIERS, directeur de "Politique magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Philippe LAUVAUX, professeur de droit à l’Université de Paris II et à l’Université libre de Bruxelles
  • Gérard LECLERC, journaliste, essayiste
  • Olivier TOURNAFOND, agrégé des Facultés de Droit, professeur à la Faculté de Droit Université Paris 12
  • Marie-Françoise OUSSET, guide de Paris
  • Bernard PASCAUD, président de la Restauration Nationale
  • Jacques TREMOLET de VILLERS, avocat à la Cour
  • Jean-Marie LE MENE, Président de la Fondation Jérôme Lejeune
  • Christian WAGNER, rédacteur en Chef de le rubrique Economie et Finances de "Politique Magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Yvan BLOT, inspecteur général de l'administration, homme politique, essayiste
  • François-Georges DREYFUS, historien, professeur émérite de l'université Paris IV-Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'études politiques et du Centre d'études germaniques de l'université de Strasbourg
  • Gilles VARANGE, rédacteur en chef de "la Nouvelle Revue universelle", chef de la rubrique "monde" de "Politique Magazine", écrivain
  • Frédéric ROUVILLOIS, Professeur de droit public à l'université de Paris V, écrivain
  • Olivier PICHON, directeur de la rédaction de Monde & Vie et ancien patron d'émission sur Radio-Courtoisie
  • André LOUCHET, professeur de géographie, directeurs de recherche doctorale à l'université Paris IV
  • Pierre HILLARD, professeur de relations internationales , essayiste

Magazine et Revue

“POLITIQUE MAGAZINE”

Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
www.politiquemagazine.fr 
 

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau.

Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma..

tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE” 

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Lundi 3 décembre 2007
Le Café Bleu recevait jeudi soir 29 novembre, au Centre St Paul (12, rue St Joseph) de 20 heures à 22 heures, Olivier Pichon, directeur de "Monde & Vie".
Ancien professeur d'histoire en classes préparatoires, ancien élu, Olivier Pichon a été aussi pendant près de vingt ans patron d'émission sur l'antenne de Radio-Courtoisie, et est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont le fameux "Dernières nouvelles du mammouth" consacré à l'éducation. Il est aujourd'hui directeur et fondateur de la revue nationale et catholique "Monde & Vie".  En tant que journaliste et conférencier, Olivier Pichon a gardé plus que jamais son franc-parler. Il brossa d'abord - à grands traits il est vrai pour une question de temps - un vaste tableau historique de l'éducation depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, afin d'en dégager le fil conducteur. Puis il fit le bilan de ce que la République, et en particulier la Vème, a fait de cet héritage. Enfin il conclut en proposant des solutions et perspectives pour sauver l'éducation.
Premier constat historique : il n'y avait pas chez les Grecs de relation entre la paideia, c'est-à-dire l'éducation, le savoir, et la production. Cette gratuité - au sens de caractère non-opérationnel - du savoir est reprise à l'identique par les Romains qui en font leurs humanitas. C'est cet héritage gréco-romain qui va féconder le christianisme, et dont le christianisme va se nourrir. Charlemagne, premier empereur chrétien qui passe pour être l'inventeur de l'école, avait compris que la diffusion du savoir assurerait la paix civile : l'école devient en effet le ciment d'une société lorsque les individus se reconnaissent dans les valeurs communes qu'elle véhicule. L'école apparaît donc comme un ensemble d'îlots de savoir, tenus par les moines, émergeant dans cet océan de barbarie et d'ignorance qu'est l'époque carolingienne.
Puis vient la Renaissance médiévale, avec la naissance de l'universitas, qui avant de sortir de terre en une multitude de collèges pour héberger les escholiers, les fit d'abord asseoir sur des bottes de paille. Les troubles dus à la Réforme, puis la Contre-Réforme, n'empêchent pas néanmoins le savoir de se maintenir, et les collèges fondés par les Jésuites sont, selon O. Pichon, les modèles de la future école de la  République. Même au siècle des Lumières, l'école continue à remplir son rôle, sans jouer de rôle subversif dans l'émergence de la Révolution. Ce sont bien plutôt les "bobos" du XVIIIème siècle qui ont diffusé activement le poison des "Lumières".
Viennent ensuite le Consulat et l'Empire : c'est à ce moment-là que les Français s'habituent à l'idée de la centralisation de l'école, qui n'existait pas jusque là, et que l'enseignement devient alors une fonction régalienne de l'Etat. Les années 1830 voient alors le combat du comte de Falloux et de Montalembert pour la création d'écoles privées : c'est la loi Falloux. Plus tard, sous Napoléon III, on en arrive à un modèle de centralisme, et Olivier Pichon d'évoquer alors le ministre Victor Duruy sortant sa montre-oignon et disant : "A cette heure-ci, tous les écoliers de France font une version latine."
Plus tard encore, c'est dans les années 1930 que le Ministère de l'Instruction Publique devient le Ministère de l'Education Nationale, mais c'est véritablement au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale avec le Plan Langevin-Vallon (1947) que commence la soviétisation de l'Education Nationale. C'est là, selon O.P., la première des trois grandes ruptures avec la tradition éducative : la IVème puis la Vème République ont assassiné 2.000 ans d'humanités, qui jusque là avaient bon an mal an tenu bon. Ainsi, l'énorme erreur de la Ve aura-t-elle été d'abandonner la culture et l'éducation à la gauche.
La deuxième grande rupture, c'est bien entendu Mai 68, et la subversion des valeurs morales qui s'opère par la Femme : c'est d'abord l'arrivée de la pilule, puis du droit de vote pour les femmes, ce que l'on a appelé la Libération de la Femme, avec la destruction des valeurs familiales et sociales que l'on sait.
La troisième grande rupture, enfin, c'est celle opérée par les "Pédagomanes" et autres sociologues à la Bourdieu ou à la Meirieu, qui ont fait de l'éducation une science technocratique basée sur un jargon hallucinant (pensez au "référentiel bondissant" pour désigner un ballon) et ont fait de l'E.N. une "fabrique de crétins" à grands coups de méthode globale. C'est l'époque du "learning must be fun" et du prof réduit au rôle de garde-chiourme, quand ce n'est pas celui de victime... O.P. accuse donc l'école d'être le plus grand échec de la Vème République, et ce faisant, de compromettre la paix civile (cf. l'ouvrage d'Alain Finkelkraut : "L'école ou la guerre civile".)
Alors que faire ? Il est clair d'emblée que l'on n'aura plus jamais Victor Duruy sortant son oignon et disant : "A cette heure-ci tous les écoliers de France font une version latine." Pour O.P. il faut d'abord considérablement "dégraisser le mammouth" qui compte aujourd'hui quelque 1.250.000 fonctionnaires, dont 750.000 profs. Il faut dégraisser les administratifs inutiles et réduire aussi de façon drastique le nombre de profs : O.P. parle d'un objectif de 450.000 profs...soit 40% en moins !
En attendant cela, seules des initiatives privées peuvent restaurer un enseignement de qualité : la Fraternité Saint Pie X fut une pionnière en la matière ; dans le milieu associatif, des associations telles que SOS Education mènent des actions de lobbying, et des formes nouvelles d'enseignement voient le jour : enseignement à domicile, Créer son école (Anne Coffinier) etc...
Au terme de cette conférence, ponctuée par ailleurs de nombreuses anecdotes vécues, Olivier Pichon affirme que c'est donc en repartant de la famille, qui a été la dernière étape de cette longue descente aux enfers commencée dès avant la Révolution française, que l'on pourra reconstruire l'éducation.
Merci Olivier Pichon de cette grande leçon d'éducation.
C.D. - BJA
par Café Bleu publié dans : Comptes-rendus des conférences
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Dimanche 8 juillet 2007
 

C’est avec plaisir que nous avons reçu Mr Frédéric Rouvillois, professeur agrégé de Droit public et auteur de plusieurs livres, notamment « Les origines de la Vème République » (1998) « Le Droit » (1999) et maints ouvrages de Droit Constitutionnel.

Désireux de trouver des solutions nouvelles face aux changements de notre société, il fait partie de la Fondation pour l’Innovation Politique, lieu indépendant de recherche, de débat et de mobilisation autour des domaines social, éducatif et européen. Il y rend régulièrement compte de ses réflexions au travers de documents de travail.

Mr Rouvillois a écrit à ce titre « Réformer les institutions ou changer de République ?  Limites et non-dits du Rapport Bel » et nous a livré son analyse sur le changement institutionnel proposé par Ségolène Royal, en cas d’accession à la présidence française.

Ségolène Royal a demandé et reçu du sénateur Bel un rapport sur la réforme des institutions, qui relate l’essentiel de son projet présidentiel. Si le titre de ce rapport évoque un changement important – « Pour une Nouvelle République » - les réformes proposées sont en réalité peu nombreuses et les moyens avancés disproportionnés et inquiétants.



  1. Des réformes tronquées.


Le Rapport Bel se décline en six points qui constituent autant de chantiers démocratiques : un Président de la République responsable, un mandat unique pour les parlementaires, une République parlementaire, un bicamérisme* rénové, une démocratie participative, une nouvelle citoyenneté. Chacun de ces thèmes est écrit dans l’optique d’impliquer davantage les citoyens dans les décisions politiques qui les concernent, au sein d’une démocratie « semi-directe ».

L’idée de démocratie participative est en soi intéressante. Elle associe le citoyen au pouvoir législatif : celui-ci se verrait proposer des droits de pétition, d’approbation par referendum, d’évaluation et de contrôle de la loi par la saisie du Conseil Constitutionnel.

Cependant, le sénateur Bel n’établit pas de relation entre ce concept et les responsabilités du Président de la République au sein de cette nouvelle approche.

En réalité, la démocratie participative semble un prétexte pour réhabiliter un lieu commun des IIIème et IVème République, un parlement tout-puissant, représentant par excellence des citoyens.

On peut faire le même constat sur les autres thèmes de cet ouvrage. Certaines mesures proposées prouvent une volonté de « dépoussiérage » des institutions mais, encore une fois, cette logique de changement n’est pas assez poussée : suppression du vote bloqué à l’Assemblée Nationale, en réalité remplacé par une procédure du même ordre, suppression de l’article 49-3, permettant au gouvernement de promulguer une nouvelle loi en cas de blocage parlementaire, mais seulement dans le cadre de lois ordinaires, par ailleurs le parlement se verrait accorder la possibilité d’adopter des motions de censure pour les questions internationales, européennes et historiques mais dans un cadre politique « non contraignant », c’est-à-dire de telle façon que le pouvoir exécutif ne soit pas bloqué.

Dans ce cas, il est difficile de trouver une idée bien arrêtée sur le projet institutionnel socialiste car de nombreuses contradictions se font jour. Bien que l’auteur prône le renforcement des décisions du pouvoir législatif, il admet que le parlement n’a pas vocation à redevenir la « source principale de la législation »…Le même constat est fait à propos du Conseil Constitutionnel, qui deviendrait une juridiction impartiale mais qui devrait en même temps refléter un équilibre politique, avec des membres élus par des Assemblées à la majorité qualifiée.

Au vu des six thèmes déclinées dans cet ouvrage, la retenue semble de rigueur alors qu’on attendrait plus d’audace.

Sur le thème « Un Président de la République responsable », plusieurs réformes sont évoquées comme la limitation de la présidence à deux mandats, la prestation d’un serment ou la modification de son statut pénal, alors qu’il serait important de redéfinir sa responsabilité politique.

Concernant la nouvelle citoyenneté, seul le droit de vote des étrangers est évoqué.

Enfin, le problème le plus épineux semble l’instauration d’un scrutin proportionnel. Le rapport Bel préconise une véritable dose de proportionnelle. Ce mode de gouvernance n’est valable que s’il existe des procédures, comme la possibilité pour un gouvernement de gouverner sans majorité. Mais l’auteur entend abolir ces procédures, d’où une sorte de gouvernement chaudron et garant d’instabilité politique. L’auteur fait ensuite machine arrière. Il est d’abord proposé d’élire 20 % de députés à la proportionnelle, puis au final seulement 78 députés pour éviter de déstabiliser le parlement.


  1. La forme : des réponses brutales.


Si la timidité des propositions en terme de projet démocratiques semble évidente, les moyens mis en œuvre sont au contraire brutaux

La Gauche redoute, en cas de victoire, un refus du Conseil Constitutionnel, plutôt conservateur, d’adopter les changements prônés. D’où un subterfuge imaginé : faire passer les réformes par le referendum populaire de l’article 11, prévu à l’origine pour les questions infra-constitutionnelles, un procédé qu’avait déjà utilisé le Général De Gaulle en 1962, qui avait provoqué l’ire du Conseil d’Etat qui y voyait une transgression. Plus de quarante ans après, cette idée serait finalement réutilisée par le camp socialiste. Cette action serait insensée, car le Conseil Constitutionnel a désormais compétence à vérifier lui-même du bon usage de l’article 11. Mais l’auteur imagine pouvoir mettre en œuvre ce procédé dans un contexte favorable à la Gauche, à savoir une éventuelle victoire à la présidentielle de Ségolène Royal et une majorité socialiste aux élections législatives. Fort de cette hégémonie, la Gauche pourrait faire pression sur le Conseil Constitutionnel, qui n’aurait plus son mot à dire et ne pourrait que s’incliner devant cette procédure, ce qui finalement s’assimilerait à un coup d’Etat juridique. Cette idée a en tout cas été approuvée par Ségolène ROYAL en personne.

Par ailleurs l’idée d’une VIème République est abordée. Cette idée ne transparaissait pas dans les premiers mois de la campagne présidentielle. Le projet constitutionnel socialiste était plutôt, sous couvert d’une fidélité aux principes fondamentaux de la Constitution de 1958, de restaurer un Régime politiquement équilibré, sans pouvoir exécutif fort, ce qui est un non sens, la Vème République étant un régime présidentiel par définition.

Cependant, deux intervention télévisées de Ségolène Royal au mois de mars dernier, sur France 2 et Porte de Versailles, devant les adhérents socialistes, ont mis au grand jour sa volonté d’instaurer une VIème république, ce qui résonne comme une formule choc permettant de masquer le peu de nouveauté ci-avant proposé.


* Pouvoir législatif détenu par deux chambres, Assemblée Nationale et Sénat.

par Café Bleu publié dans : Comptes-rendus des conférences
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Lundi 11 juin 2007

« La femme dans l’art »

Marie Françoise Ousset

Conférence-projection

Compte rendu

24 mai 2007



Introduction

Dans une ambiance feutrée de moquette agréable et de petite salle conviviale, la soirée s’organise et l’on installe le matériel pour une bonne projection… Au compte-goutte, les invités arrivent et commencent à investir les lieux avant le début des diapos.

La conférence commence, avec une précision quant au sujet : il s’agira de la femme dans l’art français et non plus en général. Car l’art français à lui tout seul est représentatif de beaucoup en la matière.

L’image que l’on peut avoir de la femme dans l’art est représentative de sa place dans la société. Pour tenir le coup dans ce monde qu’est le nôtre, il faut s’imprégner de l’histoire de la France et de sa beauté. Saint Thomas disait : « Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu » (rien ne peut être par l’intelligence qui ne soit entré d’abord par les sens).

Sachons donc pour la défendre contempler la beauté de la civilisation et à la suite de Simone Weil, redisons : « De remède il n’y en a qu’un : donner quelque chose à aimer aux Français »

S’occuper de l’art et se passionner pour la beauté de l’art n’est jamais du temps perdu.

Paul Valéry ajoutait en écho, cette phrase si vraie : « Rien ne mène à la barbarie plus sûrement qu’un attachement à l’esprit pur » (C’est cette philosophie qui engendrera un Robespierre). Il faut aimer la réalité de la vie.

Malgré un problème de matériel – l’appareil à diapo refusant toute coopération - Madame Ousset s’attaque au vif du sujet par une approche chronologique, où se mêleront photos très sobres et photos plus osées… pour une vérité et une objectivité maximum, car sans être vulgaire l’art français et chrétien n’est pas toujours pudique pour autant !...

Les femmes dans l’art ou l’art de représenter les femmes…

Le premier visage qui nous est présenté est une Vénus de Brassempouy (Landes) sculptée dans un os de mammouth. Cette première femme de la civilisation française n’est que le frémissement d’un art vouée à se développer au long des siècles jusqu’à nous. Sa précision et sa finesse sont à rapprocher des petites mains découvertes à la même époque, et qui attestent de femmes fines et très « humaines », allant à l’encontre de la théorie « simiesque ». La résille qu’elle porte sur la tête nous la présente comme coquette, déjà.

Une seconde Vénus trouvée en Haute Garonne, et travaillé dans de la corne de mammouth révèle une femme forte. Déjà deux aspects de la femme évoqués, grâce à des statuettes de l’ère primitive.

Vers 600 av JC, la Grèce fait son apparition et tend à révéler le corps humain dans sa vérité, les bras décollés du corps. La Vénus Genitrix en est un exemple, et le début d’une histoire d’amour entre la France et la Grèce, une histoire qui dure encore (Foulards Hermès, Chocolat Léonidas…)

Dans sa main une grenade, symbole de la fertilité et témoin d’une des fonctions de la femme et d’une de ses caractéristiques majeures : donner la vie et être mère.

Ses hanches sont parfaites, le drapé de sa robe colle aux jambes (drapé mouillé) tandis que son manteau s’en détache pour donne l’impression de mouvement. Impression confortée par le talon qui se soulève et traduit la marche.

C’est une femme belle avec naturel et très jeunes dans ses traits comme dans son expression : belle sans le savoir, sans arrogance, sans vulgarité…

Sa tête inclinée traduit la rêverie et la douceur (ce qu’on appelle le « calme olympien »).

Elle est l’expression même de l’art grec : comme le dit Aristote (formule inscrite sur les frontons grecs) : « on dit généralement de tout ouvrage convenablement exécuté qu’on ne peut rien lui enlever et rien lui ajoute ». Un art grec qui épure l’âme.

En 480 av JC apparait une déesse sans aucun sentiment qui servira de modèle pendant 9 siècles. Comme si nous nous servions encore des canons de beauté depuis Philippe I.

La Vénus d’Arles (vers 360 av JC) a toujours ce même visage qui pourrait être celui d’un homme.

Très étroite de profil, elle est en fait assez ample de face dans le bas de son drapé. Mais il reste sans intérêt et sans perfection comparé à la tendresse manifestée dans le buste. Un buste refait par Girardon, sculpteur de Louis XIV.

Comme la sculpture, la littérature accorde une grande importance et une grande qualité à la femme.

Cependant ce n’est qu’avec Rome (I av JC) qu’apparaissent les vrais visages.

Après La Piplette (quel siècle ?), une Romaine, magnifique, dont la coiffure, tout en bouclettes, montre le soin et la coquetterie, en même temps que les canons de beauté d’une époque. Mais ces visages, malgré leur beauté, ne sourient jamais. C’est un point commun entre les romains et les grecs : leurs statues ne sourient pas.

Le sourire ne s’esquisse que chez les enfants comme dans cette sculpture, L’enfant à l’oie. Et pourtant les philosophes antiques parlaient de l’homme comme du seul « animal capable de rire ».

Les statues étrusques du VIIe siècle ébaucheront un sourire, mais n’iront jamais plus loin.

Il faudra attendre l’époque du Christ pour voir le sourire fleurir sur les lèvres des statues. Un sourire qui n’empêche pas non plus les autres sentiments de s’exprimer. Un visage de femme, assez fermé, comme boudeur, a été retrouvé à divers endroits.

Et celui d’Aelia Flacillia, première femme de l’empereur Théodose Ier, sans sourire, montre à la fois un visage sérieux et presque douloureux…

Au Ve siècle, les chrétiens sortent de la clandestinité dans des œuvres imprégnées de culture chrétienne : Les femmes au tombeau, L’Ascension

Ces femmes sont encore souvent habillées à la mode romaine…

Nous ne possédons malheureusement aucun portrait de Clotilde, femme de Clovis (détail : Clovis n’a plus jamais eu de maitresse après son mariage avec Clotilde), et il n’existe aucun portrait officiel avant Jean II Le Bon. « Et d’aucun ajouteront que c’était bien la peine d’attendre si longtemps pour un truc aussi moche », plaisante Madame Ousset.

Au VIIIe siècle apparait dans La Visitation, un geste de tendresse jamais vu auparavant.

Les femmes commencent à prendre une place prépondérante, comme l’atteste un traité d’éducation, écrit par une femme dans le courant du IXè siècle.

Avec la statue de Sainte Erementienne, on note la délicatesse des mains, une tendresse unique et jamais vue jusque là, une élégance dans le mouvement. Jusqu’au XIIe siècle, avec l’avènement de l’art roman. La grandeur nature réapparait depuis les romains principalement dans les statues qui ornent les cathédrales ; Saint Denis, Chartres, Paris…

Puis arrive l’époque Gothique (le « style français » et non le style « barbare ») et l’amour courtois ou le mot hommage qui jusqu’alors désignait le devoir du vassal envers son seigneur, prend un tout autre sens : c’est la soumission d’un homme à une femme. Cette dernière prend de plus en plus d’importance (aux échecs, la dame remplace le ministre).

L’homme est à genoux devant une femme ravie (le nom ?). A la cathédrale de Bourges, on la voit tout sourire. Cet humour dans l’art ne se voit pas dans toutes les civilisations. La civilisation chrétienne est le creuset de l’art heureux, comme en attestent, à partir du XIIIè siècle, les femmes des cathédrales, souvent joyeuses.

A Reims, elles représentent la vie, par leur mouvement et leur drapé saisi dans le vif qui donnent l’impression de bouger encore.

2300 personnages de pierre qui sourient !...

Dont bien sûr la Vierge, que les Français ont été les premiers à imaginer couronnée. Une des raisons pour lesquelles la France est Fille aînée de l’Eglise, avec le nombre de ses saints (numéro 1). Les Vierges se multiplient avec l’art Gothique, Vierges d’ivoire, Vierges de pierre, Vierges mystérieuses… avec un soupçon de Grèce antique dans le port de tête ou de style romain, dans le drapé.

Si belle que l’on s’est demandé à plusieurs reprises si l’ange n’était pas femme ou si la femme n’était pas un ange…

Mais elle peut être aussi un démon, comme représenté à Notre Dame de Paris, en train de faire pipi sur un moine, un évêque, un roi… Au Moyen Age, on savait rire, se moquer et se tourner en dérision.

Petit saut dans le temps : l’appareil, après avoir détruit une ou deux diapositives, refusant obstinément de nous montrer les XIVe et XVe siècles… Nous arrivons donc au XVIIe, avec les mots de Péguy : « Ô mon peuple français, toi qui pleure sans contorsion, toi qui ne verse que des larmes décentes »

Et une peinture de Chardin, scène intime de Benedicite. Le travail du regard, si difficile en peinture, atteint dans cette œuvre un niveau inégalé : l’aîné et la mère regarde la cadette et l’on sent tous les sentiments qui passent dans ces regards.

Cette perfection se retrouve aussi chez Fragonard, dans son célèbre tableau : La leçon de musique. Toute l’attitude du jeune homme est tendue vers l’écoute de la musique. Il ne lorgne pas dans le décolleté de la jeune fille comme on pourrait le supposer, il écoute la musique qui lui parvient du piano. Et les touches de peinture sont rapides… et fluides.

Avec L’étude de Fragonard, la grâce s’incarne dans le sourire, le mouvement, le port de tête…. d’une leçon interrompue visiblement par l’arrivée inopinée de quelqu’un…

Jamais dans les autres civilisations, on avait dépeint aussi facilement et avec autant de talent, des scènes de la vie familiale, intime…

Les femmes dans la peinture sont aussi le reflet de l’Histoire…

Madame Vigée-Lebrun est entrée au service de Marie Antoinette fort jeune : toutes les deux avaient 22 ans. Fraîche, elle peint son autoportrait et tout est en finesse.

Tout comme le tableau qu’elle réalisa avec sa fille (notons au passage que sa robe taille empire indique que la Révolution est déjà passée, quand en réalité elle est encore aux portes de l’Histoire)

Ce deuxième tableau rappelle que les bras sont faits pour embrasser et que les femmes sont avant tout mères… Et celui de David de Monsieur et Madame Lavoisier rappelle qu’elles sont aussi des femmes attentives, aimantes et aimées.

Lavoisier, grand savant est ici avec sa femme, dans une scène d’intimité entre un mari et son épouse, scène que l’on ne voit que dans la civilisation chrétienne. Un grand savant guillotiné par la Révolution et qui s’entendit répondre quand il ne demandait qu’une semaine de plus pour que ses recherches aboutissent : « La République n’a pas besoin de savant ! »

Et sous la Révolution française, les femmes ne seront plus « vraies »… ce sont des victoires, des vices ou des vertus…

Avec Boilly, la femme prend les traits d’une grand-mère, d’une beauté intelligente. Puis Ingres1 présente ses femmes nues, imprégnées de modes égyptiennes ; monde de harem, femmes mystérieuses et mutines. Ci-contre La Grande Odalisque.

L’art chrétien est un des rares arts à avoir mis des nus, entièrement nus, sur ses édifices. Il n’y a pas de puritanisme dans le christianisme. Et toutes les expressions humaines et les sentiments ont été représentés par l’art chrétien. De la plus grande tristesse à la plus grande joie.

  • Une Vierge du XVI : l’ironie

  • A Troyes, une gravité attentive

  • A Moissac, une attention et une intelligence très modernes

  • Sainte Irène soignant Saint Sébastien : la pitié et la compassion

  • La bêtise avec l’Eve d’Autun

  • La méchanceté, la duplicité et la malice dans ce visage de femme à Strasbourg

  • Une Marie-Madeleine de mauvaise humeur

  • Une vanité de La Tour (XVIIe) : la curiosité

  • L’hypocrisie dans Le tricheur à l’as de carreau de La Tour

  • La honte et le repentir chez la femme adultère à Chartres

  • L’humilité et la tristesse de Marie-Madeleine

Sous l’influence du christianisme, toutes les expressions vont trouver leur place dans l’art…

1 On parle du violon d’Ingres, parce qu’il a hésité longtemps entre ses deux vocations : la peinture et le violon ; le violon restant un passe temps…

Le XIXe siècle est riche lui aussi en belles femmes !...

La Marquise de Lavalette par le sculpteur Carpeaux, peut paraître arrogante ou orgueilleuse pour le commun des mortels, mais fait preuve surtout d’intelligence et de force.

Quand à Mademoiselle Fiocre, actrice à la Comédie française, par le même, elle représente la fierté d’être femme. Son port de tête est magnifique et dans ses yeux passe un peu d’angoisse… le tract de l’entré en scène !...

En remontant le siècle, on découvre des scènes de plus en plus intimes, des positions de plus en plus inédites et des expressions toujours plus vraies.

Carpeaux nous offre une danse, où « il fait sourire la pierre », et nous propose des mains élégantes et originales…

Tandis que trois Grâces, nues, s’ennuient et minaudent, le siècle devient un peu plus puritain comme en témoigne cette scène de Manet, Le balcon, où l’homme plastronne et les femmes habillées des pieds à la tête restent calmes et presque soumises.

Les scènes deviennent intimes, parlent de la vie de l’époque, de l’ombre et de la lumière, de la danse, des gestes simples…

Le berceau, Berthe Morisot (modèle de Manet). Tout est laiteux, tout dort…

Les repasseuses, Degas. Scène très prosaïque. Scène de bâillement et d’étirement unique dans l’art.

Les petits métiers sont vus sans dramatisation

L’absinthe, Degas… Le couple est éteint. Elle, perdue, et lui en quête d’autre chose…

Degas s’arrête aussi à la beauté avec ses célèbres danseuses, filles sveltes mais fortes

Toulouse Lautrec peint lui, sans aucune complaisance, que ce soit dans La maison close, où l’on peut lire le désespoir et la compassion, où dans ses autres œuvres sur les relations du couple.

Et l’on arrive à Renoir, le peintre de la femme par excellence, et dont la peinture correspond à merveille à cette maxime : « L’art sert à nous faire mieux aimer ».

D’autres expressions et sentiments viennent à nous : ici, on dirait que la femme a pleuré, s’est remaquillé trop vite et s’apprête à partir, là on voit l’emprise de la femme sur l’homme en danse … et enfin la joie de vivre dans Le déjeuner des canotiers.

Un critique dira de sa peinture : « L’œuvre de Renoir est débordante d’une joie contagieuse »

C’est Rodin qui offre au public le premier vrai baiser, bien que ce ne soit pas sa meilleure œuvre. Ses mains droites de femmes représentent mieux encore la féminité…

Son élève et amante, Camille Claudel, contribuera aussi à magnifier la femme à travers ses sculptures…

Mais au XXe siècle un homme arrive d’Espagne, qui va mettre à mal les femmes comme personne n’avait osé le faire… Il l’avoue lui-même : « Je déteste le visage humain ». C’est Picasso. A sa suite, les artistes se mettent en tête de faire impérativement du nouveau, de faire table rase du passé…

Femmes déformées, femmes très maigres (Giacometti), femmes vulgaires (Niki de Saint Phalle « si je ne sculptais pas, je tuerai ! »)…

Alors quand les grands de ce monde veulent un portrait ils s’adressent à des illustres inconnus, tels Sarah Bernhardt peinte par Clairon, Brigitte Bardot par Von Dongen, ou Marie Laforet par un inconnu…

Car la beauté est inséparable de la vérité. A la question « L’Eglise a-t-elle besoin de l’art ? », Jean-Paul II répondait : « Ce monde, dans lequel nous vivons, a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. La beauté, comme la vérité, c'est ce qui met la joie au cœur des hommes ».

Les coups de cœur :

- Dubout, qui sait si bien représenter la femme avec humour

- Jean Fréour, le plus grand sculpteur de bois de France, qui sculpte sans aucune erreur et se laisse guider par les nœuds du bois.

- Femmes parisiennes connues dans le monde entier par leur minceur et leur élégance.

- Avec Gruau, on aborde le mystère de la femme qui se cache, sans aucune vulgarité.

Conclusion

La femme a une grande place dans la civilisation française. La France même est une femme, qui a toujours le beau rôle… certaines n’ont pas été représentées : rendons leur hommage…

Une femme a été la plus représentée par les artistes (peintres, sculpteurs, poètes, architectes…) : La Vierge

Michael Ange l’a faite tendre, ou forte

Mantenia l’a faite délicate ou attentionnée

Tous l’ont faite pleine de grâces…

L’art français apporte une fraîcheur et un sourire qui ne se retrouvent nulle part ailleurs… Nous devons nous imprégner de la France par les sens, pour pouvoir la défendre du tac au tac. Nous devons être comme ces cathédrales : avec des fondations solides, mais des guirlandes de fleurs sur les parties anguleuses !... Et savoir toujours défendre l’art français, le poids d’amour et de patience de notre civilisation.

par Café Bleu publié dans : Comptes-rendus des conférences
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Mardi 14 novembre 2006
 
 
RENCONTRE AVEC CHRISTIAN WAGNER
LE MERCREDI 25 OCTOBRE 2006 sur
LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA
FRANCE
Rédacteur en Chef de Politique Magazine et de La Nouvelle Revue Universelle, Monsieur Christian WAGNER a accepté avec beaucoup de sympathie de venir nous entretenir de la situation économique de la France en 2006.
Nous tenons à le remercier en ces lignes pour la disponibilité qu’il a bien voulu nous accorder et la convivialité dans laquelle il a souhaité réaliser sa prestation dont la qualité compensât largement certaines difficultés.
Sur ce dernier point, notre conférencier nous rassura au cours du tour de table préalable à l’occasion duquel chacun pu se présenter ; l’économie n’est pas une discipline très aimée en France. Lui-même convient qu’historien de formation, il n’y vint, sans grande passion initiale, que par atavisme familial sur l’insistance d’un père pour lequel l’économie et la finance étaient en quelque sorte l’alpha et l’oméga de la société.
S’appuyant sur un principe qui lui est cher en journalisme, selon lequel il convient d’être fort sur le fond tout en étant modéré en la forme, il choisit donc de nous brosser, par touches impressionnistes, un portrait de la situation économique française et des enjeux à laquelle elle est sommée de répondre à travers un bilan de ses difficultés et de ses atouts. Voici ci-après les principaux traits que nous en avons retenus.
I - L’ECONOMIE MALADE DE L’IDEOLOGIE
1°) Une doctrine… doctrinaire.
L’enseignement de l’économie peu prisé autrefois est devenu depuis une arène idéologique dans laquelle domine l’école marxiste et ses succédanés. L’enseignement français en est resté fortement empreint qui trouve de bon ton dans une cosmogonie purement partisane de la discipline économique de stigmatiser tout ce qui n’est pas socialisme sous le nom d’ultralibéralisme sauvage, voire de « fascisme ». Pourtant, partout dans le monde depuis la chute du Mur de Berlin, le Libéralisme s’est imposé sous une forme d’économie sociale de marché. Celle-ci s’avère finalement être aujourd’hui la seule expression réaliste de l’économie qui évolue dans un contexte de mondialisation croissante et incontournable.
En effet, la mondialisation dont l’un des principes moteurs est la concurrence a pour corollaire l’émergence d’importants bouleversements sur une très grande échelle géographique dans les politiques des prix et partant de salaires ainsi que d’emplois.
2°) L’inanité du concept de patriotisme économique
Il est cependant de coutume en France d’oublier qu’il existe un mode en dehors de la France dans lequel vivent et évoluent d’autres Etats, d’autres ensembles politiques ou économiques. La tentation de l’isolation est forte qui tend à laisser espérer que le protectionnisme est l’ultime solution. Pourtant, une économie fermée est une économie de pauvreté. L’histoire et l’actualité sont là pour nous rappeler cette inéluctable vérité que même la Chine a assimilée qui ne confond pas Etatisme politique et économie de marché.
Cela n’empêche pas les pouvoirs publics, les représentants syndicaux et les hommes politiques de France d’occulter cette réalité en se nourrissant de formules incantatoires et de concepts à l’emporte pièce tel que le patriotisme économique qui prétend vainement fermer le marché français aux entreprises étrangères tout en fermant pudiquement les yeux sur les conquêtes de marchés étrangers par des entreprises françaises.
Longtemps, il fut possible de vivre avec de telles illusions tant la richesse naturelle, intellectuelle, industrielle française paraissait inépuisable pour constituer la rente des générations souhaitant jouir « des fruits de la croissance. » Toutefois, si au cours des Trente Glorieuses il fut possible de profiter sans compter de la richesse de l’héritage grâce à une forte croissance, il n’en est plus de même maintenant que l’hoirie est dilapidée.
De ce malaise, la crise du contrat première embauche (CPE) en a été l’un des symptômes visibles qui vit défiler dans les rues des étudiants craignant un avenir incertain et protestant contre un modèle de contrat qui ne leur était nullement destiné. Cela dénote en plus le côté criminel de cette idéologie qui a voulu qu’il n’y ait plus de sélection scolaire ou universitaire et qui préfère pousser des générations de jeunes à étudier dans des voies peu porteuses d’avenir (sociologie, psychologie, par exemple) et les laisser aller à l’échec plutôt que de les aider à aller vers un métier, sachant de plus que les filières techniques ont été dévalorisées aux yeux du public et que le système universitaire n’en sort que plus fragile, plus coûteux et sans prestige.
L’un de ses échecs et non des moindres est d’avoir produit des jeunes qui n’ont d’autres ambitions pour 75 % d’entre eux que de devenir fonctionnaires.
II - LE SECTEUR ETATIQUE OU LE LEVIATHAN MALADE
1° un fort clivage public/privé
La traduction matérielle de cet affrontement entre l’idéologie et la réalité se traduit dans les faits par la coexistence de plus en plus difficile entre :
v      Un secteur public, qui s’autoalimente tant du point de vue de sa propre justification que de l’activité, dans le cadre duquel le service public n’a plus guère d’autres acceptions que celle de la protection des « droits acquis » de personnels censés le servir ;
v      Un secteur privé confronté à la très dure réalité du quotidien et de la nécessité d’assurer son développement tant pour réussir à se subvenir qu’à produire la richesse que l’Etat n’hésite pas à redistribuer au moyen de ses impôts et charges sociales, d’une part, de ses subventions, aides et autres contributions, d’autre part.
Il est à cet égard important de rappeler que les droits dits acquis ne peuvent le rester que tant que quelque chose est là pour les assurer. C’est une loi que les entreprises connaissent bien qui ne peuvent assurer un salaire à leurs employés que tant qu’elles produisent des richesses.
2°) Un endettement public inquiétant
Pour mieux saisir la gravité de la situation, il n’est que de souligner que l’endettement de la France est de 1 100 milliards d’euros, auxquels il convient d’ajouter plus de 900 millions d’Euros qui gagent les retraites des fonctionnaires, soit 44 % du Produit intérieur brut (P.I.B.). Chaque Français se trouve dès lors dès sa naissance titulaire d’une dette de près de 18 000 euros (plus de 32 000 euros en intégrant la charge des retraites).
S’agissant plus précisément du système de retraite français, il n’est que de constater combien son équilibre apparaît évidemment fragile alors que se profile en 2008 le bilan de la réforme FILLON. L’âge moyen de cessation d’activité en France est de 57,4 ans quand dans le reste de l’Europe, il est de 64 ans et qu’il doit passer chez notre premier partenaire économique, l’Allemagne, à 67 ans. En 2040, la France devrait compter 7 retraités pour 10 actifs.
Dans le même ordre d’idée, il est difficile de s’esbaudir devant le succès de notre système de sécurité sociale sachant que nos dépenses de santé représentent plus de 22 % du P.I.B. tandis que les français sont parmi les plus gros consommateurs de psychotropes et d’anxiolytiques.
Au vu de ces chiffres, la dette fiscale et sociale est donc de 66 % du P.I.B. sans que semble s’ébaucher l’embryon d’une réelle solution, ni remis en cause de la grande générosité du modèle social et de la politique d’accueil de la France.
3°) Le poids de la fonction publique
Pour ne revenir que sur la fonction publique et sans s’adonner à un manichéisme de mauvais aloi, il n’a pas encore été sérieusement envisagé de mieux allouer les ressources humaines au sein du « Mammouth » comme le dit en son temps un ancien Ministre de l’Education dite nationale. Pourtant, il eut été possible de mettre à profit le départ en retraite de nombreux agents du Baby-boom, de l’équipement informatiques et de la réforme structurelle de certaines administrations, comme celles des finances, voire de simplifications procédurales pour diminuer la masse salariale globale tout en veillant à mieux redistribuer les effectifs en faveur de secteurs à fort besoins comme la Justice.
L’Etat pourrait fort bien se recentrer sur ses fonctions régaliennes et n’intervenir, dans le domaine économique, que sur des secteurs hautement stratégiques. Quant à la gestion de ses ressources humaines, ce ne serait pas remettre en cause les notions de service public ou d’intérêt général que de concéder certains d’entre eux à des entreprises privées ou les faire assurer pas des salariés sous conventions collectives.
Au lieu de cela, héritier d’un Colbertisme qui n’aurait cessé d’engraisser de prérogatives et de secteurs d’activité, il tend à devenir un podagre tout puissant mais impotent.
III - UN SECTEUR PRIVE ENTRE PEINES ET ESPOIRS
1°) Petite mise en situation au sein de l’environnement international
Une comparaison avec les données des Etats et ensembles qui nous entourent donnent déjà une première mesure de la place Française dans le jeu international. La croissance mondiale était de + 4% en 2006 et est annoncé comme étant de + 4,9 % pour l’année 2007, les échanges commerciaux internationaux progressant quant à eux dans le même temps de 9 %. Depuis les années 90, le taux de croissance annuel n’est que de 2 % en moyenne. 
Dans la plupart des pays de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui regroupent une bonne partie des Etats européens, il y a un retour au quasi plein emploi, c'est-à-dire qu’il ne subsiste en leur sein un chômage structurel, qui se situe en deçà des 6%, caractérisé par les inévitables variables d’ajustements existant entre offre d’emploi et demande de travail, ainsi que par une grande évolutivité des effectifs concernés, une part de ces chômeurs l’étant pour une durée relativement courte et parce que dans une situation intermédiaire entre deux emplois ou entre une période d’étude et une période d’emploi.
En France, par contre, le chômage reste élevé, même s’il diminue d’environ 1 % par an et fluctue aujourd’hui dans une fourchette allant de 8 à 10 %. Les causes de cette diminution somme toute modeste et relative du chômage n’ont que peu à voir avec les lois du marché. Elles tiennent essentiellement aux emplois aidés du type emploi jeune et à la diminution démographique qui se traduit par la cessation d’activité en masse des premières générations du Baby-boom et leur moindre remplacement sur le marché du travail par de nouvelles générations nettement moins nombreuses.
Dans le dernier classement international des meilleurs établissements d’enseignements du Financial Time, les deux meilleures écoles françaises de management, qui se trouvent en deuxième position, sont H.E.C. et l’E.S.C.P.A 
Par contre, dans le dernier classement des 2000 premières entreprises du monde établi par le magazine Forbes ne figurent que 66 entreprises françaises et la première d’entre elles, Total, ne se trouve qu’à la 14ème place.
2°) La lourdeur du Code du travail.
La législation sociale française est riche d’un code complexe construit par strates successives qui ne sont pas toujours homogènes ni mêmes cohérentes entre elles. Certaines de ses dispositions demeurent officiellement en vigueur quand les comportements qu’elles visent sont eux-mêmes devenus désuets.
D’autre part, il est devenu de plus en plus marqué par des relents d’idéologie socialisantes, notamment à l’occasion de la mise en œuvre des 35 heures dont le but était de diminuer le chômage en partageant les emplois comme s’il s’agissait d’un gâteau. Cette idée s’inscrit dans une perspective très dix-neuvièmiste qui ne tient aucunement compte ni de l’évolution des modes de production (le secteur industriel à forte main d’œuvre tend à disparaître), ni de la hausse de la productivité, ni de l’importance des petites et moyennes entreprises pour le développement de l’économie et de l’emploi.
Sur ce point, sans revenir sur ce qui a déjà été écrit sur les carences du système scolaire, il est intéressant de noter que l’aveuglement étatique ne permet pas de pourvoir à près de 80 000 postes dans les bâtiments et travaux publics, la restauration et diverses autres métiers liés à l’artisanat.
3°) Les carences des investissements
Les Français investissent peu dans leurs entreprises, seuls 6,4 % d’entre eux étant actionnaires. Parallèlement, les banquiers français ont l’apparence de petits épiciers par rapport à leurs confrères européens ou américains qui sont moins tatillons dans le formalisme nécessaire au financement de projets d’entreprises.
Toutefois, la principale verrue sur la politique d’investissement française, c’est l’impôt sur la fortune qui devient une véritable arme en faveur de la délocalisation des entreprises. L’exemple récent du passage du Plazza Athénée des mains du groupe TAITTINGER aux mains d’actionnaires étranger en est la meilleure illustration. En effet, les actionnaires français non salariés sont assujettis à l’ISF et finissent par préférer céder leurs parts dans des entreprises françaises à des groupes ou banques étrangères, voire migrer eux-mêmes vers des horizons fiscalement plus hospitaliers. Aujourd’hui, 55 % des entreprises françaises figurant au CAC 40 sont détenues par des capitaux étrangers.
L’I.S.F. s’avère donc un excellent outil à détruire le patrimoine qui, en sus, ne permet pas aux nouvelles générations de s’en constituer un.
4°) Les atouts de la France
Pourtant, la France ne manquent pas d’atouts. Elle demeure la 4ème puissance nucléaire civile du monde, ce qui lui garantit une certaine indépendance énergétique à l’égard du gaz et du pétrole ; ses secteurs industriels phares demeurent l’industrie agroalimentaire, la construction automobile, l’aéronautique (malgré les quelques actuels déboires que connaît Airbus avec ses partenaires européens dans le cadre du lancement de l’A 380).
La productivité des salariés français demeurent une des plus fortes au monde en dépit du sous emploi de sa main d’œuvre âgée et de la mise en place des 35 heures devenu l’horizon idéologique indépassable de la politique sociale française.
Contrairement au secteur public qui vit sur ses dettes essentiellement consacrées au financement de ses charges de personnels (46 %), l’endettement privée est plus faible en France que chez nos voisins européens, même si ce taux d’endettement tend à croître, notamment avec la hausse de l’investissement que représente de plus en plus l’acquisition d’un bien immobilier. C’est ainsi qu’