Comité de Soutien

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  • Thibaud COLLIN, agrégé de philosophie, essayiste
  • Hilaire de CREMIERS, directeur de "Politique magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Philippe LAUVAUX, professeur de droit à l’Université de Paris II et à l’Université libre de Bruxelles
  • Gérard LECLERC, journaliste, essayiste
  • Olivier TOURNAFOND, agrégé des Facultés de Droit, professeur à la Faculté de Droit Université Paris 12
  • Marie-Françoise OUSSET, guide de Paris
  • Bernard PASCAUD, président de la Restauration Nationale
  • Jacques TREMOLET de VILLERS, avocat à la Cour
  • Jean-Marie LE MENE, Président de la Fondation Jérôme Lejeune
  • Christian WAGNER, rédacteur en Chef de le rubrique Economie et Finances de "Politique Magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Yvan BLOT, inspecteur général de l'administration, homme politique, essayiste
  • François-Georges DREYFUS, historien, professeur émérite de l'université Paris IV-Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'études politiques et du Centre d'études germaniques de l'université de Strasbourg
  • Gilles VARANGE, rédacteur en chef de "la Nouvelle Revue universelle", chef de la rubrique "monde" de "Politique Magazine", écrivain
  • Frédéric ROUVILLOIS, Professeur de droit public à l'université de Paris V, écrivain
  • Olivier PICHON, directeur de la rédaction de Monde & Vie et ancien patron d'émission sur Radio-Courtoisie
  • André LOUCHET, professeur de géographie, directeurs de recherche doctorale à l'université Paris IV
  • Pierre HILLARD, professeur de relations internationales , essayiste
  • Xavier WALTER, essayiste, spécialiste de la Chine
  • Alain SANDERS, journaliste, écrivain

Magazine et Revue

“POLITIQUE MAGAZINE”

Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
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La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau.

Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma..

tous est analysé par des grandes plumes.

L'exemplaire: 15 euros.

L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros


La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

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Comptes-rendus des conférences

Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /2006 21:23
Compte rendu de la conférence
de Hilaire de CREMIERS
sur ″France fin 2005, bilan″
du 22 novembre 2005
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a inauguré sa création en invitant Hilaire de CREMIERS, directeur de POLITIQUE Magazine, à venir nous entretenir de la situation politique et sociale de la France. M. de CREMIERS est le principal soutien du Café Bleu et c’est naturellement qu’il a assuré cette conférence. Nous avons été honorés de sa présence.
 
La France offre aujourd’hui le visage caricatural d’un pays sans chef, sans ligne de conduite, et qui s’obstine à refuser ou à ne pas admettre l’autorité d’un chef légitime. La qualité est pourtant toujours là parmi nos compatriotes. Que se soit dans le secteur artisanal, industriel, intellectuel, artistique. Ici et là, de brillants exemples du génie français font étalage de la capacité de ce peuple à travailler avec excellence dans le cadre de projets ambitieux, collectifs et précis, que ce soient des entreprises, des associations.
Mais il n’y a personne pour fédérer cette énergie et lui donner un sens supérieur à celui de la prise de bénéfices, de la réussite commerciale ou économique. Le seul sens fédérateur proposé aujourd’hui est celui de l’échange culturel, de l’acceptation de l’autre en tant qu’individu différent refusant de s’intégrer ; on sait ce qu’il en est et la difficulté de mettre en œuvre et d’appliquer des projets précis avec une pareille politique idéologique et utopique. Les résultats de cette vision de la société sont : 562 zones urbaines sensibles (de non droit), 40% de chômage dans ces zones qui vivent grâce à une économie parallèle que les gouvernants n’osent pas court-circuiter de peur d’un déferlement de ″mécontentement″ sur la capitale et les grandes villes.
Les récentes émeutes sont à prendre comme un avertissement. Sur les 9000 arrestations de casseurs, il n’y a eu que 9 reconduites à la frontière - beaucoup étant mineurs donc intouchables. Les autorités se sont retrouvées une nouvelle fois mises devant le problème de l’immigration et de l’islamisation de ces populations immigrées. M. SARKOZY ayant décidé de donner des représentants à l’Islam en France, il a donné, par voix de conséquence, une nouvelle dimension à cette religion dans notre pays. Le système démocratique et républicain à la française étant considéré comme un dogme universel, comme un aboutissement immuable, bref comme la vérité, l’Islam est donc devenue elle aussi ″universelle″. Or, la République se veut laïque, et la laïcité est une notion étrangère à la religion de Mahomet, une notion qu’elle ne tolère pas. Comment ne pas se demander ce qu’attendent ces nouveaux responsables musulmans ? Comment ne pas comprendre que cette démarche n’est vue par eux que comme une étape ? Il serait bon d’y réfléchir, pour l’avenir de la France, qui comprend 40 millions de Français de souche et 20 millions de Français d’origine étrangère dont 10 millions qui ne veulent pas s’intégrer et sont des mahométans pratiquants qui attendent la venue du ″Medhi″ qui vaincra… Comment ne pas espérer un changement dans la politique d’immigration quand on constate que grâce au droit du sol, et au fait que la République ne reconnaît que des individus, chaque étranger ayant un titre de séjour a droit à 500 euros d’allocations alors que, pour la plus-part, ils ne gagnent qu’un euro par jour, ce qui justifie les cagnottes confiées à un membre d’un village qui est chargé d’aller toucher cette prime ?
Le problème, mis en avant depuis des dizaines d’années et qui devient criant aujourd’hui, est qu’une démocratie médiatique est incapable de trouver des solutions réformatrices de fond ni d’inciter les Français à œuvrer pour le bien commun. Nos hommes politiques ne connaissent comme seul code de conduite que les lois qui permettent de se vendre le mieux. Leur but est l’élection à venir et toute leur action est tournée vers cette courte échéance. Quand Jacques CHIRAC dit : ″La République ne connaît pas de zones de non droit″, on est face à l’illustration du problème de la politique médiatique. Il faut plaire aux foules pour acquérir un semblant de légitimité, quitte à affirmer des faits tout en sachant pertinemment qu’ils sont faux. Car le chef actuel de l’état actuel ne peut qu’être au courant des chiffres réels concernant l’insécurité et les économies parallèles, ses propres préfets ne cachant qu’à moitié leur effarement et leur impuissance. En effet, la norme (censée apaiser les esprits) étant aujourd’hui de 52 voitures brûlées par nuit.
Il y a de plus une cassure entre les élites politiques actuelles et le peuple français. Habitués aux chiffres et statistiques qui évoluent par paliers depuis longtemps, ils ne sont pas alarmés par les conséquences dans la vie de tous les jours de leurs décisions médiatiques, n’en voyant eux-mêmes pas les conséquences, isolés dans leur quadrilatère privilégié (le Sénat, l’Assemblée Nationale, l’Elysée, Matignon). Cette cassure n’est pas nouvelle. On peut constater que se sont des parlementaires démocrates qui ont mis sur pied la séparation des couches sociales par quartiers dès le XIXe siècle, donnant ainsi naissance aux ghettos, lorsqu’il a fallu faire face aux effets collatéraux de l’industrialisation ; qu’une fois la déclaration de guerre votée, il y n’a eu que 6 députés engagés sur les champs de bataille de la première guerre mondiale…qui paye : le peuple français.
La liste des erreurs issues de l’irresponsabilité démocratique est aujourd’hui trop longue pour perdre du temps à accabler nos gouvernants actuels. La situation est telle que la société se divise en communautés dont les frontières et les droits se chevauchent de plus en plus, donnant lieux à des conflits. Ces conflits sont pour l’instant arbitrés par les tribunaux, qui sont eux-mêmes débordés.
Le travail de notre police est de plus en plus compliqué car elle doit faire face à l’augmentation des délits et crimes avec des outils de plus en plus réduits par l’idéologie démocratique et médiatique. Il faut savoir que la loi d’exception qui a été votée en réponse aux émeutes fin 2005 avait été utilisée en 1955 en Algérie française dans la même situation pour le résultat que l’on connaît… C’est l’excellence de notre police et la D.S.T qui fait tenir l’Etat (la D.S.T a désamorcé 5 attentats fin 2005). Que faut-il souhaiter aux chefs de la police qui accomplissent leur devoir malgré les perspectives de plus en plus sombres que seuls eux peuvent appréhender mieux que personne ?
 
La France a besoin d’un chef d’Etat indépendant des partis. D’un chef qui ne perde pas de temps et ne soit pas limité par le fait d’acquérir une légitimité, évitant ainsi aux Français les divisions et les souffrances des campagnes électorales, des manifestations haineuses. Un chef qui soit l’héritier d’un pouvoir légitime et dont le souci soit l’utilisation de ce pouvoir pour le bien commun, faisant ainsi la joie et l’unité de son peuple.
 
 EVH
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Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /2006 21:24
Compte rendu de la conférence
de Gérard LECLERC
sur ″BENOIT XVI, l’homme, le Pape″
du 20 décembre 2005
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a eu l’honneur et le privilège d’assister à l’exposé de Gérard LECLERC sur BENOIT XVI.
Nous avons ensuite pu profiter de sa présence pour lui poser des questions qu'il s'est fait un plaisir d'élucider, puis les discussions se sont prolongées autour du buffet. L'ambiance chaleureuse et attentive est une satisfaction pour les organisateurs qui ont hâte de vous retrouver pour partager ces moments de culture et d'amitié.
 
 
C’est suite à une analyse précise des périodes et milieux dans lesquels le Saint Père a évolué avant d’arriver sur le trône de saint Pierre, que M. LECLERC a pu en brosser un portrait actuel et dresser les grands traits des orientations futures qu’il va donner à l’Eglise. Et c’est en journaliste honnête et rigoureux qu’il a utilisé sa connaissance de l’histoire contemporaine de l’Eglise.
Nous avons découvert l’Abbé, le professeur, l’Evêque, le Cardinal Ratzinger pour mieux comprendre le Pape BENOIT XVI. Cette succession des paliers de la hiérarchie cléricale, qu'il a accepté parfois à contrecœur, a semblé inévitable pour cet intellectuel pieux, soucieux de transmettre la foi en profondeur et en vérité.
Gérard LECLERC nous a expliqué comment ce bavarois patriote a grandi au sein d’une société allemande en mouvement, mais toujours entouré d’une famille très soudée. En effet, indifférent à l’adhésion nazi en masse de ses contemporains, et rapidement irrité et dégoûté par cette idéologie, il va très tôt orienter sa vie vers le sacerdoce et l’étude, avec son frère, sans attendre la fin du nazisme. Le début de son séminaire subit donc le joug de la clandestinité. Durant sa formation, il va avoir droit à de grands maîtres en théologie, comme Henri de LUBAC, Hans Urs von BALTHAZAR, Jean DANIELOU qui vont marquer pour toujours sa façon d’aborder les problèmes doctrinaux. Plus tard, en tant que professeur dans une université de théologie, il sera confronté à des collègues protestants, ce qui va développer chez lui la faculté d’écoute et de compréhension, tout en lui permettant de prendre la mesure de la véracité de la foi catholique et de son universalité. Sa réputation de grand théologien va lui attirer des responsabilités et c’est ainsi qu’il va prendre part au concile Vatican II. Déjà son exigence et son désir d’ouvrir les âmes à plus de vie intérieure vont lui faire tenir des propos qui vont le cataloguer pour un certain temps comme ″moderne″. Victime comme tous ceux de sa génération de l'optimisme des années 50 ; la crise de 68 contribuera à son retour à la proclamation de l'essentiel : l'immuabilité de la doctrine. Correspondant à sa nomination comme Préfet pour la congrégation pour la doctrine de la Foi, l’évolution qui va être sentie plus tard par beaucoup comme un revirement et un passage au conservatisme, est due à la modification de son discours dans la forme. Il va progressivement exprimer ce qui au fond est son souci principal : adapter la doctrine de l’Eglise, qui est sainte et invariable, au monde actuel, pour que tout être humain soit sauvé par l’Evangile. Et devant l’incompréhension qui va lui faire face, mais surtout devant l’obstination des sociétés à se corrompre, il proclamera de plus en plus les dogmes catholiques en les expliquant et en dénonçant le relativisme intellectuel contemporain, quitte à passer pour un ″traditionnel″.
 
BENOIT XVI n’a jamais changé, au contraire. Pour rester fidèle à Dieu, à ses convictions, à lui-même, il s’est efforcé de dire la vérité, ce qui l’a amené sur le siège pontifical, ouvrant ainsi largement une ère d’espérance, de prière et de charité ; chemin où son prédécesseur, JEAN-PAUL II, s’était déjà bien engagé.
EVH
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Mercredi 8 février 2006 3 08 /02 /2006 21:27
Compte rendu de la conférence
du Professeur Olivier TOURNAFOND sur
"l’élaboration du droit en France ; le problème de la profusion des lois"
du 24 janvier 2006
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a eu le plaisir de recevoir M. Le Professeur Olivier TOURNAFOND, professeur de droit privé. C’est avec rigueur et la volonté de reconstruire qu’il nous a présenté l’état du droit en France, victime d’un système qui montre ses limites et dont la réforme des institutions est indispensable.
Etait présent M. Philippe LAUVAUX, professeur de droit constitutionnel et ami de M. TOURNAFOND, et du Café Bleu, qui a élargi le débat vers une dimension internationale pour nous présenter les différences majeures entre le droit anglo-saxon et le droit romano-germanique.
 
Le droit est un phénomène occidental qui s’est développé dans l’empire romain. On constate que dans le reste du monde, soit le droit est confondu avec les mœurs, soit il l’est avec les religions.
La Révolution en France correspond à un bouleversement dans le droit, le juge et la coutume n’étant plus les sources principales du droit, mais la loi, qui est souvent idéologique, c’est-à-dire destinée à faire appliquer les idées révolutionnaires. Elle devient l’outil du système en place et n’est plus seulement un moyen de faire appliquer la justice, mais devient une épée de Damoclès s’abattant sur les mauvais penseurs.
Il y a quatre sources du droit qui sont les lois (le droit écrit), la jurisprudence (l’ensemble des décisions de justice), la coutume (les usages), et la doctrine (l’opinion des magistrats ou des professeurs de droit). Le passage de la France d’Ancien Régime à la France post-révolutionnaire correspond à une inversion dans l’importance donnée à ces sources du droit. On est passé de la jurisprudence et de la coutume comme sources principales, à la loi, d’où une hypertrophie du droit légiféré et la toute-puissance de cette loi, le juge en devenant simplement l’interprète et les deux autres sources étant niées. Durant l’Ancien Régime, le droit était d’abord spontané (la coutume), souvent  négocié (les privilèges et statuts dérogatoire), accessoirement imposé (les ordonnances du Roi). Avec la Révolution, le rapport s’est inversé : le droit est d’abord imposé (la loi), rarement négocié (la "politique contractuelle"), plus rarement encore spontané (les usages). D’une certaine façon on est donc passé de la liberté à la servitude.
Le Code Civil a été établi par Napoléon avec l’appui d’une oligarchie de juristes issus de l’Ancien Régime. Il n’est nullement le fruit d’un consensus démocratique, il est celui du despotisme éclairé.
 
                Le droit démocratique entraîne un déclin du droit car il souffre de  plusieurs faiblesses.
La première est l’inflation législative qui a pris une allure exponentielle depuis 50 ans. Il y a 10 000 textes de lois et 90 000 décrets. Chaque année, des centaines de milliers de textes sont publiés au Journal Officiel. La cause est que tout est censé venir du Parlement qui légifère sur tout. Du fait de cette multiplication des textes, nous avons aujourd’hui des lois contradictoires. Le pouvoir peut également faire ce qu’il veut car les textes changent très vite, d’où une dérive vers l’arbitraire. L’instabilité de la législation conduit au despotisme. Avant la Révolution le droit puisait ses sources soit dans la coutume, soit dans le droit romain, parfois dans les arrêts de règlement des juridictions royales. Désormais le droit puise trop souvent sa source dans les caprice des médias ou les menées des groupes de pression…
Une autre faiblesse est l’indigence des textes de lois actuels qui n’ont plus de sens et sont même parfois dénués de construction grammaticale ; ils sont souvent rédigés par des bureaucrates mal formés (et mal rémunérés).
 
Un autre point sur lequel le régime « démocratique » est déficient, et c’est paradoxal, c’est qu’il aboutit à la confiscation du pouvoir par des minorités en raison du mythe de la volonté générale. La Volonté générale est le grand mot de la République ; l’ennui est qu’elle n’existe pas, car il n’y a en pratique que des intérêts concurrents entre lesquels il faut arbitrer. Mais ce mythe permet aux oligarchies d’agir masquées et pour leurs propres intérêts en brisant toute velléité de résistance.
Dans la société aristocratique traditionnelle, les élites avaient aussi leurs défauts, mais elles avaient tout de même pour mission de défendre l’intérêt général. En outre elles étaient facilement identifiables et ne pouvaient s’abriter derrière le paravent commode de la volonté populaire; c’était d’ailleurs le sens de l’adage Noblesse Oblige.
Désormais les élites sont occultes et hors d’atteinte et la loi démocratique est aujourd’hui établie uniquement en fonction de l’influences de groupes de pressions sociologiques qui sont puissamment représentés auprès du parlement (intermittents du spectacle, MEDEF, syndicats,…) et auprès des institutions européennes. Or chaque groupe a des intérêts très différents et comme les plus forts l’emportent, on imagine à quel point cette situation est néfaste pour le bien commun !
Ainsi, ce sont les minorités organisées qui gouvernent et manipulent la majorité désorganisée. Les mécontents du système sont majoritaires mais ils sont divisés ; ils n’ont donc ni poids, ni influence, sauf lorsque les bornes de l’acceptable ont été franchies, ce qui s’est passé en 2002 et 2005 ;en effet le 29 mai 2005 a permis la rencontre d’une coalition majoritaire qui a réussi à faire barrage aux minorités agissantes. Mais sitôt passé les élections, les oligarchies ont repris le contrôle de la situation et ont renoué avec leurs pratiques détestables.
Pour expliquer le phénomène des groupes de pressions et de leur influence, il faut avoir conscience que le législateur qui édicte la loi (l’Etat) dépend d’un électorat et d’échéances électorales. Et ceux qui influencent cet électorat sont précisément les lobbies. Il faut donc les satisfaire le plus possible pour bénéficier de leur impact. Le législateur n’est pas libre. Pour être libre il aurait besoin d’indépendance et de temps ; dans les sociétés démocratiques il n’a ni l’un ni l’autre. Il ne peut pas être efficace et juste s’il dépend d’échéances et d’opinions manipulables.
Une autre conséquence de ces dérives, outre la perversion du système, est l’édiction de lois sans contenu normatif réel, mais qui sont votées pour satisfaire certaines fractions de l’opinion publique. Ce sont des lois qui ne servent à rien. Un exemple est la loi Tobira qui déclare que l’esclavage est un crime contre l’humanité, et qui risque d’engendrer des condamnations et des repentances sans fin ; de même pour la loi déclarant la réalité du génocide arménien. Même le Conseil Constitutionnel s’est indigné de ces déviances l’année dernière. Le président de ce Conseil, Pierre MAZOT a dit : "La loi ne doit pas être un rite incantatoire". Depuis, les lois non normatives sont d’ailleurs sanctionnées par le Conseil constitutionnel.
 
Il se trouve aussi des concurrents au droit national qui peuvent à terme provoquer sa disparition. La Commission Européenne en est un car c’est une institution dotée d’une volonté de puissance. A l’origine de la construction de l’Union Européenne et encore aujourd’hui d’ailleurs, deux principes protégeaient le droit national des pays membres : le principe de subsidiarité (les instances européennes ne légifèrent que sur les questions qui leurs sont dévolues par les traités qui instituent la communauté européenne), et le principe de proportionnalité (c’est-à-dire que les inconvénients produits par une règles communautaire ne doivent pas l’emporter sur les avantages attendus) Or ces deux principes ne sont plus respectés. Les directives ne sont plus transposées dans le droit national, elles sont imposées dans les systèmes nationaux, sans adaptation et sans nuances, et elles dépassent souvent leur domaine d’habilitation. Les moyens pour les faire appliquer sont devenus disproportionnés et peuvent s’avérer destructeurs pour des secteurs entiers des économies nationales.
En outre, un projet de code civil européen est à l’étude et devrait voir le jour vers 2010. C’est le groupe Von Bar (professeur de droit allemand) qui a été mandaté par la Commission Européenne pour mettre au point ce code. Or, la Communauté européenne n’a jamais reçu aucune habilitation pour établir ce code car le droit civil de chaque pays membre de l’U.E est en dehors des matières dévolues au législateur européen et il doit, depuis le début de la construction européenne, rester sous l’autorité des gouvernements des états membres. C’est une violation manifeste des fondements juridiques de l’U.E et une orientation vers un centralisme européen à peine voilé entraînant à terme l’effacement des autorités nationales. Cette orientation n’est pas fortuite, elle est voulue par les instances communautaires et tout particulièrement par la Commission européenne.
 
On constate que dans les pays anglo-saxons, le fondamentalisme démocratique issu de la religion républicaine est moins fort. La raison est qu’il n’y a pas eu de cassure dans le droit comparable à la Révolution française. Dès lors, le juge et la coutume sont restés des sources du droit.
Au niveau international, il y a actuellement une lutte pour la domination entre le droit anglo-saxon et le droit romano-germanique, auquel appartient le droit français. La Chine est aujourd’hui un enjeu majeur dans cette opposition, du fait de son émergence très rapide. Il se trouve qu’elle est enclinée à adopter le droit romano-germanique car il est plus autoritaire et interventionniste ; ceci explique cela.
En Angleterre et dans ses anciennes colonies, on trouve la common law (le droit coutumier). Les juges découvrent la loi (ils en sont la source). Le législateur s’occupe de questions techniques, de droit fiscal, social, constitutionnel, mais assez peu de droit privé. En France, il intervient partout au nom de la volonté générale (la même que nous avons vu plus haut), l’idéologie démocratique ayant renforcé les travers du droit continental (ou romano-germanique) déjà directif et autoritaire par nature.
Aux Etats-Unis, la Cour Suprême a un rôle très important, comme la chambre des Lords en Angleterre. La C.S statue sur ce qui n’est pas constitutionnel, et la référence à la constitutionnalité des procédures est très employée là-bas. De plus, les juges de cette C.S étant nommés à vie, cette institution offre donc la garantie d’une ligne de conduite générale dans la gestion des affaires et des litiges, établissant ainsi une jurisprudence toujours fidèle à la constitution du pays et évitant certaines déviances.
 
                Il se dégage de l’analyse du droit français et du fonctionnement des institutions la conclusion que des changements vitaux sont à opérer.
Il faut mettre fin aux dérives du suffrage universel, en commençant par faire adopter la comptabilisation du vote blanc et des abstentions puis établir des quorums et cela en vue de valider ou d’invalider les élections (un minimum de participation devrait s’imposer), le recours au référendum devrait être plus régulier et les résultats obtenus mériteraient d’être loyalement pris en compte par la direction politique du pays. Il faut rééquilibrer les pouvoirs entre l’Assemblée Nationale et le Sénat ; la domination de l’A.N sur le Sénat (elle a toujours le dernier mot en cas d’opposition) aboutit à donner au parti qui domine l’Assemblée Nationale un pouvoir quasi-despotique.
Dans un Etat de droit véritablement respectueux de l’équilibre des pouvoirs, par exemple une monarchie institutionnelle, les deux assemblées devraient être placées sur un pied d’égalité, le roi étant appelé à trancher en tout indépendance en cas de conflit ; en effet, l’opposition des deux assemblées révèle que les citoyens sont eux-mêmes indécis et divisés.
 
  On pourrait aussi obliger les fonctionnaires qui sont élus à démissionner de leur fonction, donner le choix à un élu entre un mandat local ou national. Les gouvernants devraient être responsables de leurs décisions dans des conditions à définir. Une solution à nombre de problèmes institutionnels serait la création de deux chambres : une constituée de représentants du peuple élu au suffrage universel, l’autre constituée de représentants des grands courants sociaux économiques de la nation : agriculture, fonction publique, commerce et industrie, professions libérales, recherche, monde salarié, etc… (et pourquoi pas en outre clergé et noblesse à l’image de ce qui a existé au XIXeme siècle en Hongrie sous le sceptre des Habsbourg). Comme on l’a dit, le rôle du roi serait de veiller à la bonne marche de l’ensemble et le cas échéant d’arbitrer entre les deux chambres en cas de désacord.
L’expérience montre que la pratique démocratique peut très bien fonctionner, à condition qu’elle soit elle-même encadrée par un pouvoir légitime, facteur d’unité, et qui veille à ce qu’elle ne tombe pas sous l’influence des minorités organisées et des démagogues. La république romaine a intelligemment fait coexister l’aristocratie et la démocratie et c’est là le sens d’ailleurs des initiales S.P.Q.R. (Senatus populusque romanus) expression du régime mixte.
Les pouvoirs du Roi seraient arbitraux (et non pas arbitraires), mais pas nécessairement étendus. Le Roi doit détenir des leviers de commandes et être entouré de plusieurs cercles de relais du pouvoir (un cabinet financier, un cabinet législatif, un cabinet militaire…) qui pourront faire fonctionner l’appareil en cas de défaillance des uns ou des autres. Le Roi est la clef de voûte des institutions, et non un dictateur. Le roi doit être là aussi pour empêcher la confiscation du pouvoir par l’oligarchie des partis politiques et des media . Cette confiscation est la plus grande tare de ce qu’il est convenu d’appeler « la démocratie représentative » car elle fait qu’il n’y a plus dans le pays ni autorité légitime, ni consentement populaire, mais seulement de sordides luttes de pouvoir et des combinaisons cyniques.
 
Louis XVI voulait une meilleure représentation de son peuple, ce qui l’a poussé à convoquer les Etats Généraux (ce qui n’avait pas été fait depuis un siècle), et ce qui l’a perdu. –
Les monarques aujourd’hui peuvent avoir un rôle important s’ils prennent conscience de ce qu’ils représentent. Même sous la forme atténuée de la monarchie constitutionnelle, ils peuvent avoir une influence morale très grande sur la société, à l’image du Roi BAUDOIN.
Il serait bon de remplacer, dans l’esprit des Français mais aussi des Européens, le mythe de la volonté générale par le soucis du bien commun.
René GIRARD a démontré que la violence et le ressentiment découlaient paradoxalement de l’égalitarisme et de la mobilité sociale puisque toutes les positions économiques et sociales dépendent de la compétition. Il est donc souhaitable de tempérer et de canaliser ces appétits par des structures sociales justes, solides et utiles à tous qui sont au-dessus de la compétition et des luttes de pouvoir.
 
EVH
Par Café bleu - Publié dans : Comptes-rendus des conférences
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Vendredi 10 mars 2006 5 10 /03 /2006 13:19
Compte-rendu de la conférence de
Maître Jacques TREMOLET de VILLERS sur
″ Qu’est ce qu’être Français ? ″
du 21 février 2006
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a reçu Maître TREMOLET de VILLERS avec le plus grand intérêt et une certaine avidité concernant la question qui a été le fil directeur de la soirée et qui s’est révélée fondamentale pour aborder les problèmes actuels de notre société. Notre invité, après sa fulgurante analyse de "l’être français", a répondu aux multiples questions qui lui ont été adressées, avec objectivité et surtout avec beaucoup d’espoir dans l’évolution de la France.
La qualité du débat qui a suivi la conférence est une source de satisfaction et de motivation pour les organisateurs.
 
Qu’est ce qu’être Français ? Cette question est plus que jamais d’actualité. Elle se pose aux Français de souche comme aux immigrés. Ces immigrés qui se la posent eux-mêmes et qui la posent aux institutions, sans obtenir de réponse.
C’est une question qu’il faut se poser à la fois d’un point de vue personnel et national.
CESAR disait des Gaulois : "Ils aiment la parole, les armes et la gloire."
D’autres ont dit de ces mêmes Gaulois qu’ils sont réservés et casaniers.
Leur image est multiple et paradoxale. Elle ne peut être définie par des critères catégoriels et figés.
Etre Français, c’est parler français. Or la langue charrie la pensée. Elle définit l’être d’une personne.
C’est aussi le sang versé pour la sauvegarde de l’unité du pays.
L’essentiel de la France, c’est sa géographie, son sol et son histoire.
 
Aujourd’hui, on est Français quand on naît sur le territoire français, par le droit du sol. Cela veut dire que ce sol a des droits.
On parle de terre d’Islam pour définir une zone géographique sous l’influence culturelle de l’Islam. Quand on naît sur cette terre, on est pris par tout le culturel qui constitue cette terre.
Il en est de même pour le sol français. Le sol français est le sol le plus anciennement habité du monde (une des plus anciennes traces d’habitations à La Chapelle aux Saints entre la Dordogne et la Corrèze découverte au XIXe).
 
Ce sont les monuments qui font l’homme, qui marquent son passage et sont un témoignage de sa chair et de son sang.
Le sol est humanisé et forme les hommes, même ceux arrivés par hasard.
 
Il y a plusieurs faits essentiels concernant la France, qui ont fait son être personnel et communautaire ; naturel et surnaturel.
Etre né Français est exceptionnel dans l’histoire du monde. Cela confère des obligations. JEAN-PAUL II est venu sept fois sur notre territoire pour rappeler les devoirs de la France. Ce qui était vrai concernant les fondements politiques de notre pays il y a quinze siècles est vrai aujourd’hui.
Le baptême de CLOVIS le jour de Noël 496 est le fondement de la France.
Les Francs étaient des auxiliaires des légions romaines. Ils étaient peu nombreux, mais forts et braves. CLOVIS s’est retrouvé encerclé par de saints évêques et par sa sainte femme Clotilde (patronne du Café Bleu). Le principal instigateur de ce "complot de saints" fut l’évêque saint REMI qui disait de lui-même qu’il aimait trop CICERON et SENEQUE, ce qui prête à penser que nous n’étions pas en des temps barbares et sauvages et que la civilisation gauloise fournissait des intellectuels cultivés et civilisés. C’est la chute des structures romaines qui a libéré la violence civile. Le choix de saint REMI, outre son inspiration divine, s’est fait de manière parfaitement réfléchie. Il est en face de changements majeurs dans l’ordre de la société de l’époque, et le recours à ce Roi Franc est la solution. Au commencement, en France, le Roi est nu, dépouillé dans la fosse baptismale, puis il revêt les attributs royaux. La France est née d’un baptême contrairement à l’ordre naturel qui veut que l’on naisse physiquement pour ensuite naître à la grâce, lors du baptême. Le Royaume de France est né longtemps après le baptême de CLOVIS, ce qui est différent d’une nation préexistante qui aurait été catholicisée. La légitimité de la France, en tant que nation, est son baptême. Tout s’est construit autour. JEAN-PAUL II l’a dit en expliquant que sa légitimité horizontale (sur les hommes) lui vient de sa légitimité verticale (qui vient de Dieu). La France n’est pas uniquement un royaume de ce monde. D’où les liens serrés qu’elle a avec Dieu, ce qui confère beaucoup d’obligations et de contraintes lorsque l’on est un Français conscient de l’être de la France et désireux d’œuvrer pour le bien commun. Si on adhère à cette réalité, on œuvre à faire monter la France très haut, et soi avec. Si on rejette cette réalité, tout tombe très bas. Etant très liée à l’Eglise dans son histoire et dans son être, la France n’est pas demi-mesure, tout comme Dieu vomit les tièdes.
JESUS-CHRIST est Roi de France ; le Roi n’est que le lieutenant de JESUS-CHRIST en France. C’est en ce sens que la France est la Fille aînée de l’Eglise car elle est la première nation à avoir reconnu JESUS-CHRIST comme suzerain, par l’intermédiaire de CLOVIS.
Il y eu quatre procès de Jeanne d’ARC. Et durant ces procès successifs, cette accusée de 19 ans mit ses juges et détracteurs en déroute, juges qui étaient pourtant des docteurs de Sorbonne (qui avait abrité deux siècles auparavant saint Thomas d’AQUIN), donc rompus aux joutes verbales les plus subtiles et aux raisonnements les plus fins. Cette jeune fille ne pouvait être que très intelligente et habitée par un esprit supérieur. Le Royaume de France devait revenir à un prince français légitime et Jeanne d’ARC est allée chercher CHARLES VII, vrai prince de France, pour éviter un Roi anglo-français. Ce royaume devait rester français d’après la cour céleste. La seule explication du souci qu’a le Ciel de garder le Royaume de France à un Roi français est que ce royaume a une vocation spéciale dans le salut des âmes qu’il abrite mais aussi des âmes qui se tournent vers lui. Il est une première marche vers le Royaume Céleste. Jeanne d’ARC a demandé à CHARLES VII de faire donation du Royaume de France à Dieu devant notaire, ce qu’il a fait et elle le lui a rendu au nom de " Messire Dieu " ; geste marquant le fait que pour redevenir Roi de France, CHARLES VII doit reconnaître n’être que le dépositaire de ce royaume devant Dieu.
La France est la Fille aînée du nouveau monde (après celui des empires) car elle est la première des royaumes temporels de JESUS CHRIST. Elle est comparée par tous les Papes au Royaume de Juda qui a vu naître DAVID, et JESUS-CHRIST. Il existe une filiation mystique entre les Rois de Juda et les Rois de France. Cette filiation est représentée sur la façade de NOTRE-DAME de Paris. Il est à noter que les représentations de la lignée des Rois de Juda et de France ont été les premières cibles lors des destructions révolutionnaires du patrimoine historique et religieux français. Le sacre du Roi de France est copié sur celui du roi DAVID. L’Eglise étant la nouvelle Israël (après la Rédemption), le peuple choisi par Dieu après la nouvelle alliance, la France, où cette Eglise est tant soutenue, a un rôle privilégié.
Nous avons renié cette ascendance à la Révolution avec des caractères idéologiques expliqués par la volonté de désacraliser ce qui était sacré pour s’affranchir du passé, mais avec d’autres caractères inexplicables. Par exemple, le sort de LOUIS XVI, Marie-Antoinette et LOUIS XVII, dans leur horreur, est inexplicable. Joseph de MAISTRE y voit l’œuvre de Satan. Un tel débordement de haine (l’amour retourné par l’orgueil et la jalousie) ne peut avoir qu’une origine surnaturelle dans la précision et la méthode avec lesquelles il a touché implacablement ses cibles. Les massacres de septembre sont de même inexplicables. Il faut savoir que les méthodes et l’organisation employées pour la Révolution ont servi d’exemple et ont été les premières du genre dans leur capacité à terroriser un peuple. Lénine a médité sur la Terreur pour la reproduire à la lettre en y ajoutant une efficacité supplémentaire en URSS.
Jean-Marc VARAUT a dit : "Dans le bruit des roues de la charrette qui emmène LOUIS XVI à l’échafaud, j’entends déjà les trains d’Auschwitz."
André FROSSARD a dit : "Le crime contre l’humanité commence à partir du moment où on tue quelqu’un pour ce qu’il est."
Durant les régimes et restaurations suivants, on ne retrouve plus la plénitude ni l’unité qui régnaient jusqu’alors en France. Le lien qui existait entre la famille régnante et le peuple n’a pas d’équivalent ensuite. Aujourd’hui, l’Eglise n’a plus le Royaume de France face à elle, et il lui manque. LEON XIII (le Pape de la reconnaissance de la République française par l’Eglise) avait exalté le baptême de la nation française lors du 14e centenaire du baptême du Roi Franc (voir encyclique sur "la noble nation française"), ne parlant pas de CLOVIS par souci diplomatique pour ménager la susceptibilité républicaine de la France d’alors. Il est intéressant de remarquer que JEAN-PAUL II a exalté le baptême du Roi CLOVIS en 1996, ne pouvant cette fois-ci honorer le peuple français, ses mérites et son histoire, pour ménager notre esprit autodestructeur et éviter des polémiques. Le Pape nous avait exhorté à garder l’âme française comme un trésor lors de cette visite à Reims.
La France est un moment temporel du royaume des Cieux. Comme la Mère, la Fille aînée subit les tribulations que JESUS-CHRIST a subies. De même que l’Eglise, le Royaume de France, aujourd’hui, est humilié. Quand l’Eglise est triomphante, le Royaume de France est triomphant.
 
Etre français aujourd’hui, c’est affirmer au monde que toute politique qui ne se rattache pas à une mystique n’est pas humaine. C’est proclamer que le CHRIST est Roi de France. Il faut prendre conscience que nous avons une vocation à montrer l’exemple, à diriger. Le Royaume de France (jusqu’à aujourd’hui) est celui qui a fourni au monde le plus de missionnaires. Nous avons une vocation à manifester au monde la vérité. Il faudrait que nous remplissions ce rôle de phare.
JEAN-PAUL II a dit durant un voyage en France : " France, éducatrice des peuples, es-tu restée fidèle aux promesses de ton baptême ? ", et devant le malaise palpable de la foule, le saint Père a ajouté : "Je ne condamne pas, mais c’est mon devoir de vous rappeler votre mission."
Saint PIE X a dit en parlant de la France : "Comme SAUL, il te sera demandé : Pourquoi me persécutes-tu ? "
La politique, en France, a toujours été le souci du règne de l’ordre, de la paix. Le prince capétien ne cherche pas la performance économique ou matérielle, mais la prospérité.
 
Dans la constitution du Royaume des Francs, il est écrit en premier : "Vive le CHRIST qui aime les Francs". C’est un cri d’amour. On mesure la faiblesse de la constitution républicaine dans sa capacité à rassembler de manière constructive par rapport à la constitution franque.   . Le principe de l’égalité est mis en déroute quotidiennement dans les organisations humaines. Il suffit d’observer le fonctionnement de la hiérarchie dans une entreprise ou dans l’armée. Et devant la justice idéologique et affichant ses convictions au mépris de la neutralité requise, point d’égalité.
. Il ne faut pas séparer le royaume des Cieux et le temporel, mais seulement les distinguer. La société doit être chrétienne, non pas seulement les sujets. D’où la grande souffrance de l’Eglise qui ne peut laisser partir le temporel hors de son influence. La doctrine sociale de l’Eglise s’inscrit dans cette volonté de rendre à Dieu la place qui lui est due dans la vie de chaque société.   JEAN-PAUL II a fait de la doctrine sociale de l’Eglise le pilier de son pontificat. Il a dit : "Ouvrez les portes de l’économie et du social au CHRIST !!"
Chaque génération est appelée à refaire le royaume de France, que le roi soit présent, absent, ou en attente.
L’histoire de l’Eglise est une suite de chutes et de résurrections. Il a fallu l’hérésie d’Arius pour mettre au point le dogme de la double nature du CHRIST. Il a fallu l’hérésie protestante pour mettre au point le dogme de l’unité indivisible de l’Eglise. Aujourd’hui, l’hérésie est la séparation entre le temporel et le spirituel. La première instigatrice et victime de cette erreur est la France elle-même. Au lieu de s’acharner dans de fausses directions, il faut faire admirer la France. L’histoire du sol avec la religion catholique peuvent arriver à franciser les nouvelles populations. La race française est beaucoup moins biologique que culturelle.
 
L’action politique aujourd’hui est une action culturelle qui vise à faire reconnaître à une élite que le Royaume de France est là et qu’il l’attend. Il faut donc travailler à une Instauration du Royaume de France, et non à une Restauration.
Le Prince Jean de France dit : "Je suis prêt à assumer la totalité de ma vocation."
Autrefois, les ambassadeurs de Venise, qui détenaient une connaissance unique des cours européennes, disaient : "Ce qui distingue la famille royale de France des autres, c’est l’amour que le peuple lui porte."
C’est dans ce sens que le Duc de Vendôme agit en allant à la rencontre des Français au quotidien.
Les catholiques doivent prendre la tête du renouvellement de la politique.
 
EVH
Par Café bleu - Publié dans : Comptes-rendus des conférences
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Jeudi 20 avril 2006 4 20 /04 /2006 13:58
Compte-rendu de la conférence de
Thibaud COLLIN sur
″La mariage gay. Les enjeux d’une revendication″
du 28 mars 2006
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a reçu le professeur COLLIN qui est immédiatement entré dans la peau d’un membre du Café Bleu, c'est-à-dire qu’il nous a gratifié d’une analyse objective, basée sur des références culturelles et philosophiques partagées par la majeure partie de nos concitoyens, mais qu’il a beaucoup approfondis. Il ne s’est pas contenté de dépeindre une situation catastrophique mais il est allé au-delà, dans l’intention d’encourager à œuvrer avec espoir dans la direction qui est la bonne.
La soirée s’est prolongée par une discussion autour du buffet. Les organisateurs en profitent pour remercier Mr COLIN de son accessibilité et de sa disponibilité.
 
                Plusieurs leviers sont utilisés par les homosexuels pour faire prévaloir leurs revendications : le premier est l’argument de la discrimination par lequel ils se victimisent en s’opposant aux hétérosexuels. Ces termes d’hétérosexuel et d’homosexuel ont été inventés récemment et sont aujourd’hui un acquis dans la société alors qu’ils sont un postulat venant des communautés gays par lequel ils veulent souligner la différence entre les deux communautés, comme si ces communautés existaient de soi et comme si leurs membres ne se rencontraient jamais dans la vie sociale. C’est le premier palier qu’ils ont franchi en faisant "prendre conscience" à la société qu’ils étaient une communauté, se positionnant dès lors en groupe de pression voulant influer sur la société avec des objectifs bien au-delà de celui de vivre une vie d’homosexuel.
Le "problème" que les gays rencontrent aujourd’hui en France est l’impossibilité imposée par la loi pour des personnes de même sexe de se marier. Leurs revendications s’articulent autour de cette impossibilité juridique. Depuis l’apparition de ce mouvement sous sa forme contestataire, il s’est trouvé cette revendication autour de laquelle s’est développé la dialectique des droits de l’homme pour défendre le "droit" en question que les gays revendiquent qui est celui de bénéficier du même mariage que les hétérosexuels. C’est toujours la technique de la progression par paliers irréversibles, après le premier palier du PACS,  dans la conquête de leurs droits sociaux mais surtout de leur influence sur les structures sociales.
La revendication gay progresse beaucoup depuis quelques années et a de plus en plus de relais d’opinion. Cela est dû au fait qu’elle est calquée sur la lutte contre le racisme, qui est une rhétorique qui a pénétrée les esprits contemporains. En se bornant à suivre cette méthode, on est sûr, à notre époque, d’être entendu et de voir son message relayé.
Le terme d’homophobie, qui est lui aussi très récent, est traduit par : haine du gay. C’est encore une fois un abus de langage qui caractérise cette rhétorique à spectacle, médiatique, basée sur la mise en scène. Quelqu'un qui a des phobies est un malade. A la fin du 19e siècle, l’homosexualité est considérée comme une maladie. On est passée au fait que la maladie est dorénavant d’être homophobe. Etre homophobe va des pulsions criminelles à la "discrimination simple" ou juste au fait d’être contre les revendications gays. Cette globalisation permet de regrouper tous les contres et de les traiter en malade.
La lutte contre l’homophobie s’est greffée sur la lutte contre le racisme. Ceux qui pensent différemment se retrouvent montrés du doigt. Ainsi, le député UMP Christian VANNESTE a été condamné pour avoir dit que le comportement homosexuel était inférieur pour la société au comportement hétérosexuel.
 
La révolution sexuelle des années 60-70 a été le grand déclencheur de ces revendications. Cette révolution a été initiée par les mouvements féministes, composés en grande partie de lesbiennes. Elles ont voulu faire éclater le système et s’en sont pris au mariage car il est une institution bourgeoise. On en revient à la volonté de repartir de zéro et de tout changer, les normes existantes n’étant que des préjugés empêcheurs de tourner en rond, donc à détruire. Elles ont voulu changer le système de l’intérieur en dénaturant l’institution du mariage. Au-delà du droit de vivre ensemble pour des gens du même sexe, ce qui pourrait se faire sous une autre appellation que le mariage (le PACS), c’est bien le mariage en soi qui est la cible. La volonté de s’unir entre gay ou lesbiennes n’est pas le principal objet. Le but est la dénaturation des comportements jusque là majoritaires entre les hommes et les femmes pour faire changer la société, voire, de plus en plus ouvertement, pour faire exploser la société.
L’apparition de la notion d’hétérosexisme, qui a été inventé par les communautés homosexuelles, signifie la lutte des hétérosexuels contre les homosexuels, ceux-ci se positionnant encore artificiellement en victimes. Pour eux, l’hétérosexisme est un dispositif institutionnel, mental, pratique, basé sur des savoirs (la psychanalyse est ciblée) qui hiérarchiserait les sexualités. C’est une sorte de théorie du complot visant à masquer la réalité qui, pour eux, est l’égalité entre les différentes pratiques sexuelles, pratiquer une sexualité étant une orientation à définir, une fin en soi.
 
Les revendications homosexuelles sont portées par le progressisme. C’est l’idée que ce qui advient sera toujours meilleur que ce qui était, que l’histoire a un sens, notion dangereuse obligeant à définir des utopies après lesquelles courir. On connaît les résultats des politiques qui se sont appuyées sur cette vision. Suivant cette logique, les gays reprennent le schéma marxiste de l’aliénation en considérant la société composée d’hétérosexistes comme malade et égarée, donc à faire changer, à faire progresser.
C’est une véritable machine de guerre qui ne cesse d’avancer. Du crime contre une personne homosexuelle, on aboutit à l’hétérosexisme, c'est-à-dire : la société est structurellement homophobe. Ceci donne l’élaboration d’un programme d’éradication de l’hétérosexisme. Ce programme doit être enseigné de plus en plus tôt pour éduquer les enfants à ne pas devenir hétérosexistes, en leur expliquant que toutes les sexualités sont égales et donc en leur faisant découvrir la notion de sexualité dans sa dimension uniquement comportementale et jouissive. Leur but est de leur faire comprendre que la différenciation sexuelle n’a pas de fondement philosophiquement valable. C’est un boulevard rhétorique qui se met en place. Les éditions des Presses Universitaires de France ont publié un dictionnaire de l’homophobie recensant toutes les institutions, personnes, idées, qui sont homophobes. Toutes les composantes de toutes les sociétés à travers l’histoire sont dedans.
 
Un outil des revendications gays pour progresser est le familialisme d’Etat. Ce sont les dispositifs administratifs, pratiques, qui portent sur la famille et en font le fondement de la société. Cette politique a connu sa consécration après la deuxième guerre mondiale lorsqu’il a fallu redynamiser le pays. Elle s’est développée avec l’Etat providence et la politique de redistribution. Elle est devenue un mécanisme social. Avec la liberté sexuelle et l’évolution des mœurs des années 60, le familialisme d’Etat s’est adapté puisque sa vocation n’était plus de promouvoir la famille "traditionnelle" comme cellule première de la société mais simplement d’assister les Français dans leurs besoins matériels en fonction de leur mode de vie familial. Des spécialistes ont donc été chargés de regarder et d’analyser l’évolution de la société pour adapter le mécanisme aux réalités.
Concernant les droits des homosexuels, l’Etat doit donc s’adapter aussi sur les termes du familialisme d’Etat, suivant ainsi sa politique de satisfaction de toutes les formes de besoins des Français, sans distinction entre les situations bonnes ou stériles pour le pays. L’Etat entre alors dans le jeu des revendications communautaires qui consiste à toutes les satisfaire pour amadouer un électorat potentiel. Il est petit à petit pris au piège et doit aider tout le monde. Si l’Etat n’aide pas, alors il n’est pas juste et est arbitraire, l’arbitraire étant évidement toujours injuste dans la dialectique en place. La situation est bloquée pour l’Etat qui est dans un engrenage dont il ne peut sortir, n’ayant pas les moyens ni la lucidité nécessaires pour prendre du recul par rapport à la situation et s’autoréformer. Toutes les revendications gays apparaissent alors comme des fruits mûrs, c'est-à-dire qu’elles ne peuvent qu’être satisfaites à plus au moins long terme, faute de système politique dont la cohérence et la légitimité permettrait de s’y opposer directement. La conquête de ces droits se fait par paliers pour ménager les consciences pas encore prêtes à accepter les changements prévus. Cette conquête est basée sur une influence rhétorique et médiatique.
 
La tentation aujourd’hui est que grâce à la technique, l’homme contemporain pense pouvoir s’affranchir de ses propres limites. Ce constructivisme ouvre des possibles car il présente les situations à légaliser comme existantes. C'est-à-dire que l’homme n’ayant plus de limites a priori, il ne supporte plus les interdits et ce qui est à ne pas faire ou à éviter devient l’objet de revendications et d’expériences. D’où la difficulté de présenter un discours prônant une société fondée sur l’ordre naturel humain, alors qu’aujourd’hui c’est l’homme qui se construit. Où mettre les limites lorsque l’on s’affranchit de l’ordre naturel ?
Tous les partisans des revendications gays ont des bases philosophiques refusant la nature humaine et ne réutilisent de la pensée nietzschéenne que sa dimension anarchique et destructrice. L’astuce est que cette philosophie anti-nature s’articule dans un langage qui se veut universel et est perçu comme tel, le langage démocratique.
L’impuissance du système et des institutions actuelles à imposer une vérité raisonnable souligne le fait que la démocratie est vulnérable à ces idéologies anarchistes et haineuses qui prônent une conception chaotique de la société en attaquant une conception anthropologique relevant du sens commun.
Ce n’est pas l’homosexualité le fond du problème et le souci majeur des ordonnateurs des revendications gays, c’est la volonté de détruire toute institution et de contrecarrer l’ordre naturel. Et leur programme ne sera jamais assez accompli pour eux. Ils n’ont pas de limites. Aujourd’hui, nous assistons à la promotion d’une désexualisation de l’être humain. Cette adulation de l’androgyne va de paire avec une haine de la matière, du corps humain dans sa finalité, car ce corps est le lieu de la limite physique et de la différence sexuelle.
Récemment, le PS a été "zappé" par l’association Act Up (c'est-à-dire qu’une conférence du parti a été interrompue par un commando paramilitaire) car cette association accusait le PS de ne pas assez considérer les transgenres, donc d’être transphobes, selon leur logique d’assimilation et d’accusation. D’où la sanction décidée et appliquée par eux-mêmes. Un transgenre est un être humain qui se travestit ou qui a subi une opération le faisant changer de sexe physiquement. Un acte comme le "zapping" pour une cause comme les revendications transgenres fait apparaître l’absence de limites dans tous les aspects de la vie en société des adeptes de cette doctrine. Toujours selon la même dialectique accusatrice et affirmant des notions sur le ton du détenteur de la raison démocratique universelle, ces communautés appellent l’ordre humain naturel : l’ordre "judéo-chrétien", raccourcissant en une assimilation d’idée le débat et s’ouvrant la possibilité de s’en prendre à la religion. Car la religion est pour eux l’ennemi de la laïcité, cette fameuse laïcité qui est leur instrument pour imposer une neutralité tirant toujours plus vers l’uniformisation et le vide.
BERNANOS dans son livre Mr NOUIN illustre parfaitement la neutralité qui absorbe tout et tire vers le néant. Ce n’est pas à cette neutralité qu’il faut aspirer, mais, comme le dit Saint PAUL, à l’universalité vers laquelle tire une société basée sur la transcendance : « il n’y a ni homme ni femme, ni esclave ni maître… ».
 
L’enjeu aujourd’hui est la redéfinition du rapport entre religion (morale) et politique. L’homosexualité n’est pas qu’une revendication communautaire qui gagne du terrain. C’est une idéologie qui profite du délitement progressif de la matrice chrétienne, cette matrice qui a formée les institutions et qui assumait un ordre humain naturel en le rendant réalisable. La difficulté est de savoir comment les religions vont se positionner face à cette dégénérescence de l’ordre humain.
A l’avenir, il faut s’attendre à des affrontements entre les modèles qui se veulent universels et qui proposent des solutions au néant : la République, l’Islam ou l’Eglise Catholique.
Il y a un dynamisme dans l’ordre humain ou dans la grâce qui conduit à la vérité. Le but des tenants des revendications gays est de culpabiliser le sens commun. La solution n’est pas dans la démonstration du sens commun qui est une rhétorique qui rebute et est inutile. ARISTOTE a dit : « Celui qui demande pourquoi on honore les dieux et on vénère ses parents mérite un bon coup de bâton ». Il faut réassurer le sens commun en critiquant systématiquement cette théorie anarchiste.
Il a émis dans cette affirmation la méthode pour répondre à des mouvements sociaux désordonnés. Et si ARISTOTE n’a pas pris la peine de plus argumenter, c’est que ça n’en valait pas la peine. Ce qui était vrai autrefois est vrai aujourd’hui, les êtres humains restant ce qu’ils sont.
Il y a une tradition européenne de l’autonomie du "moi" qui est l’ancêtre de l’homosexualité comme mode de vie jouissif et égoïste. Peut-être qu’une orientation vers une conception communautaire des rapports sociaux serait une première évolution pour s’éloigner des théories nombrilistes actuelles ?
EVH
Par Café bleu - Publié dans : Comptes-rendus des conférences
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Jeudi 25 mai 2006 4 25 /05 /2006 20:16

Compte rendu de la conférence

d’Yvan BLOT sur

² la critique de la démocratie par les philosophes grecs ²

du 4 mai 2006 :

 

Chers Amis,

Le Café Bleu a eu le privilège de bénéficier des clés d’interprétation d’Yvan BLOT pour comprendre l’homme et ses besoins, et de ses propositions pour lui adapter un système dans lequel ses qualités et ses aspirations pourront s’exprimer au mieux. Ces propositions se situent dans le prolongement d’une culture antique intériorisée et dont les constantes se révèlent d’actualité.

Un grand merci à Mr BLOT de la part du Café Bleu pour ce tour d’horizon de l’Antiquité et de ses figures.

La Grèce antique, considérée comme inspiratrice des démocraties modernes, est paradoxale. L’attitude des Grecs à l’égard de la démocratie n’est pas forcément favorable, même s’ils l’ont inventée. De plus, ce que nous appelons démocratie aujourd’hui n’était pas la même chose en ces temps-là. Le paradoxe se retrouve dans les personnages qui ont admiré la Grèce. De CLEMENCEAU à MAURRAS, la Grèce a guidé toutes sortes d’intelligences. CLEMENCEAU illustre ces modernes qui ont voulu s’emparer du modèle démocratique antique et qui n’en ont finalement pas saisi l’essence.

La Grèce était éclatée en dizaine de cités qui avaient leur propre mode de gouvernement. Sparte était une royauté, la Macédoine une monarchie, d’autres cités des aristocraties et d’autres des démocraties.

L’histoire grecque commence huit siècles avant J.C avec l’apparition de l’écriture. Les Grecs sont les premiers indoeuropéens à utiliser l’écriture avec HOMERE. Dans ses écrits, il ne met en scène que des Rois (AGAMEMNON, PRIAM, ACHILLE, ULYSSE). Les récits d’HOMERE imprégnaient la culture de tous les Grecs car il était l’essentiel de l’enseignement et cela jusqu’au VIe siècle avant J.C. Au Ve siècle avant J.C, la Grèce devient un ensemble de cités, dont Athènes, qui est une démocratie constituée d’un conseil de neuf archontes qui forment la cour suprême. Le système est bipartite avec un parti pour la démocratie et l’autre pour l’aristocratie.

L’autre grande cité, à l’époque, est Sparte qui est l’opposée d’Athènes dans son mode de gouvernement et dans ses valeurs. Ce qui a entraîné la guerre du Péloponnèse pendant trente ans qui se terminera par l’écrasement d’Athènes. Au IVe siècle avant J.C, les Grecs sont défaits par PHILIPPE II de Macédoine à Chéronée. DEMOSTHENE (un démocrate) a expliqué pourquoi il ne pouvait organiser la résistance contre PHILIPPE II : il dit être dans un système démocratique qui lui interdit toute vision d’avenir, tout plan à long terme et qui ne lui permet pas de s’appuyer sur une volonté populaire homogène. Le fils de PHILIPPE II, ALEXANDRE, a fondé un immense empire. A sa mort, ses généraux se le partagent, ce qui a entraîné la dissolution de cet empire. Du IIIe au Ier siècle avant J.C, ces royaumes hellénistiques sont petit à petit dominés par Rome, du fait du parcellement de l’empire d’ALEXANDRE.

Rome est une République qui a été renversée par CESAR. On constate que dans l’histoire de l’Antiquité, les démocraties ou républiques ont subi des guerres civiles permanentes avant de s’écrouler.

Les grands auteurs qui ont inspiré et façonné le Grèce et qui ont eu une grande influence sur notre civilisation, peuvent être répartis en quatre catégories : les poètes, les historiens, les philosophes et les rhéteurs qui peuvent être assimilés à des avocats, des professeurs de droit ou des hommes politiques.

Parmi les poètes, se distinguent les dramatiques, qui sont : HOMERE, qui ignore la démocratie ; ESCHYLLE, qui est un disciple d’HOMERE ; SOPHOCLE, qui, dans ANTIGONE, parle de l’état de droit, du droit naturel en mettant en scène CREON, le mauvais dictateur, le tyran, que SOPHOCLE oppose à THESEE, le Roi qui gouverne non en fonction de ses caprices mais de la morale ; EURIPIDE, qui dans EGYDE présente le bon Roi. Ensuite, ARISTOPHANE se révèle un antidémocrate dans Les cavaliers où il souligne la démagogie qui flatte le peuple et dans L’assemblée des femmes où il raconte une femme "communiste" qui veut avant tout arriver au pouvoir et, par jalousie, obliger la société à mettre tout en commun.

On constate que dans la poésie grecque la démocratie n’existe pas et les idées qui pourraient être le commencement d’une "prise de conscience" démocrate sont tournées en dérision, font rire et sont enseignées comme vicieuses et dangereuses pour l’équilibre de la société.

Le premier des historiens est HERODOTE. Il a classé les régimes politiques et inventé les mots de cette classification : démocratie, aristocratie, monarchie. Ses écrits sont interprétés aujourd’hui comme la mise en scène de l’opposition entre la liberté des Grecs et la royauté totalitaire perse. Or, Sparte participe à la victoire militaire contre la Perse et c’est une monarchie d’hommes libres. La séparation se fait en vérité entre les peuples libres et les peuples en esclavage et ne correspond pas au partage entre démocratie et monarchie mais plutôt entre monarchie et tyrannie. L’historien THUCYDIDE est un démocrate. Il raconte la démocratie athénienne qui est dirigée par dix généraux grecs, dont PERICLES, qui se révéla l’âme de cette démocratie en se faisant réélire pendant quinze ans au pouvoir. Juridiquement, c’est une démocratie. Socialement, c’est une monarchie. Quand il meurt, la guerre civile éclate et conduit au pouvoir ALCIBIADE, un mauvais disciple de SOCRATE, qui devient l’exemple du démocrate démagogue profiteur. THUCYDIDE montre qu’Athènes voulait sans cesse faire la guerre, contrairement à Sparte qui voulait conserver son armée de grande qualité. Il montre, par honnêteté, les défauts de la démocratie. D’autres historiens ont produit des œuvres remarquables comme XENOPHON, partisan inconditionnel de Sparte et POLYBE qui fait l’éloge du régime mixte.

Des rhéteurs sont à connaître : ISOCRATE qui, toute sa vie, a cherché un bon Roi à servir et DEMOSTHENE, vrai démocrate, qui critiqua pourtant la démocratie et ses faibles moyens.

Les philosophes grecs se sont révélés les plus antidémocrates. Jusqu’à SOCRATE, ils ont été très aristocratiques. Puis les sophistes, par l’intermédiaire de PROTAGORAS, vont propager l’idéologie démocratique, le relativisme, la mesure de tout étant l’homme. SOCRATE s’est battu toute sa vie contre le relativisme. Il a prôné une vérité, un bien, une morale, une société basée sur la justice. Il a été mis à mort par les gouvernants athéniens d’alors sous prétexte qu’il avait renié le culte des dieux et avait un discours monothéiste. Il avait refusé de quitter Athènes se sachant menacé. Il a montré le lien entre le type d’âme et le système politique. Socrate a l’intuition que l’âme est le plus important chez l’homme. Il faut avoir soin de son âme sur terre dans l’optique du bonheur. Il croyait en l’immortalité de l’âme et au jugement après la mort. Il a conseillé des tyrans siciliens et a expliqué que la démocratie débouchait toujours sur la tyrannie. L’exemple de ROBESPIERRE confirme sa démonstration. De même, les règnes de NAPOLEON, d’HITLER. En Russie, après la perte de la guerre au début du XXe siècle, le Tsar est affaiblit. Il est renversé et après un bref essai de démocratie, c’est la Révolution et ses conséquences.

PLATON, disciple de SOCRATE (comme XENOPHON), associe chaque régime à un état d’esprit. Comme, les systèmes se délitent à cause de l’imperfection des hommes, il faut un régime mixte pour compenser leur inconstance. En France, avant la Révolution, la religion jouait un rôle modérateur sur le pouvoir, de même que les parlements, les corporations, les provinces. PLATON conseille de confier l’exécutif à un chef, élément monarchique, le législatif et la justice à des hommes compétents, une aristocratie, et d’introduire la composante démocratique comme organe consultatif et d’expression du peuple. Il se fonde sur l’exemple de Sparte, régime mixte avec ses institutions originales (deux Rois chefs de la religion et généraux en même temps, une assemblée aristocratique s’occupant du législatif : "les Gérontes", et des représentants du peuple élus une fois l’an s’occupant de l’exécutif : "les Ephors"), qui a perduré des siècles jusqu’à l’avènement de Rome.

PLATON développe le raisonnement de SOCRATE. Il pense que l’âme est en liaison avec la divinité. Il établit le postulat que l’âme est composée de la raison (l’homme intérieur), des sentiments (le lion, l’énergie d’agir), de l’instinct (le dragon). La médecine moderne a vérifié cette hypothèse et l’a infirmée : le cerveau comprend trois zones plus ou moins développées en fonction des êtres. Le néocortex est spécifique à l’homme et correspond à la raison, le mésocortex est spécifique aux mammifères et correspond aux sentiments, le paléocortex est spécifique aux reptiles et correspond à l’instinct. PLATON établit des types d’âmes en fonction des composantes dominantes et fait le lien avec le régime politique que cela induit. Lorsque la raison et le sentiment dirigent l’instinct, il parle de l’âme civilisée qui s’appuie sur les traditions. Lorsque le sentiment et l’instinct dirigent la raison, il parle de l’âme sauvage. Lorsque la raison et l’instinct dirigent les sentiments, il parle de l’âme barbare. Les deux derniers types d’âme étant enclin à préférer la démocratie qui excite les appétits de pouvoir.

J.F MATTEI, dans son livre la barbarie intérieure reprend cette analyse.

ARISTOTE a formé PHILIPPE II de Macédoine et son fils ALEXANDRE. Or, vivant à Athènes, il était mal vu du fait de cette collaboration avec des Macédoniens. Il finit par s’enfuir. ARISTOTE prônait un régime mixte. Il a différencié les bons régimes, aspirant au bien commun, que sont la monarchie, l’aristocratie et la démocratie (qui se fonde sur le peuple vertueux), des mauvais régimes, servant leurs propres intérêts, que sont la tyrannie, l’oligarchie et la démagogie. La monarchie était le système préféré d’ARISTOTE car il repose sur moins de personnes ; les hommes n’étant que partiellement vertueux pour lui, ils sont susceptibles de céder à des phénomènes idéologiques de groupe.

Il y a plusieurs conditions pour que l’âme humaine s’épanouisse dans un régime. HEIDEGGER propose un schéma du monde idéal…

CIEL

(Valeurs transcendantales :

bien opposé au laxisme ; vrai opposé au relativisme ; beau)

↑↑

DIVINITE

(ordre naturel ; sacrifice héroïque ; tradition ;)

opposés à la révolution) ↑ →→→→ AME →→→→ HOMME (justice ;charité ;iberté)

↑ ↑ ↑

TERRE

(Valeurs de l’enracinement : famille ; propriété ; patrie)

…et MATTEI, de l’immonde moderne :

 

MATERIALISME

SUJET →→→ AME →→→ FOULE

COSMOPOLITISME, ERRANCE

 

Mr BLOT a adapté ces schémas pour analyser directement les types de régimes à des périodes précises et en a fait ressortir les vices intrinsèques, inévitablement mauvais pour l’épanouissement de l’homme.

Avant 1914, en France, la démocratie n’était pas encore l’immonde qu’elle est devenue. Des éléments fondamentaux d’équilibre social étaient encore présents.

VERTU

RELIGION →→ DEMOCRATIE →→ HUMANISME

CLASSIQUE

PATRIE

(valeur très forte alors)

C’est le fondement égalitaire de cette démocratie qui va tout détruire, comme l’avait prévu TOCQUEVILLE. Et le délitement prévisible d’aujourd’hui.

MATERIALISME

"DROITS DE L’HOMMISME"→→DEMOCRATIE EGALITAIRE→→ETATISME ;

COLLECTIVISME

COSMOPOLITISME

 

Un exemple de la situation inhumaine où ce type de régime conduit et qui souligne son incapacité à protéger ceux qui en ont besoin, est la situation d’une député hollandaise de 36 ans d’origine somalienne, Ayaan HIRSI ALI, qui a fuit sa culture musulmane et c’est réfugiée aux P.B. Elle a collaboré au film de Théo VAN GOGH dénonçant la situation de la femme en Islam. Après l’assassinat de celui-ci, elle a été menacée de mort. Des gardes du corps ont été chargés de surveiller son appartement. Parce que des habitants de son immeubles se plaignent de la dévalorisation que subit cet immeuble à cause de la présence de ces gardes, Mme HIRSI ALI a été expulsée de son appartement, décision prise par la justice hollandaise. Ses voisins ont gagné leur procès en se fondant sur la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, qui fait valoir le droit individuel à un logement calme.

Il devient urgent de définir qui est "l’homme" des "droits de l’homme". Est-ce "le lion", "le dragon" ou "l’homme intérieur" ? Il est également urgent de rappeler les "devoirs de l’homme".

La politique aujourd’hui doit reconstituer un monde. Toujours selon la méthode des quatre causes d’ARISTOTE,

 

CAUSE FORMELLE

CAUSE FINALE →→ CREATION →→ CAUSE MATRICE

CAUSE MATERIELLE

 

Mr BLOT propose :

 

MONDE

(fondé sur des devoirs, sur une aristocratie)

PRINCIPE RELIGIEUX →→ ROYAUTE →→ LIBERTE

TRADITIONNELLE

TERRE

(principe dynastique, famille royale)

 

 

…pour contrer les quatre idoles que sont les valeurs actuelles qui sont proposées à l’homme moderne :

 

ARGENT

SUJET →→ HOMME MODERNE →→ TRAVAIL

TECHNIQUE

 

Et un slogan :

 

HONNEUR

JUSTICE →→→→→→ LIBERTE

PATRIE

EVH

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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 14:45
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /2006 14:37

Compte rendu de la conférence

De Monsieur LEMENE sur

² La Bioéthique au cœur de la Société ²

du 20 juin 2006 :

 

 

Chers Amis,

 

Le Café Bleu a écouté avec attention la présentation de la Fondation JEROME LEJEUNE par son président, Mr LEMENE, qui œuvre à la promotion et à la protection de la vie. Il a ensuite parlé des obstacles que la Fondation rencontre pour faire passer son message et pour agir dans notre société, mettant en évidence le formatage des mentalités et l’idéologie mortifère ambiante en France. Les multiples chiffres et précisions médicales qu’il nous a communiqués mettent en évidence que dès la conception, l'embryon est un être humain, qu'il mérite respect et doit être protégé surtout parce qu’il est fragile et merveilleux. 

L’exactitude de son propos fait de Mr LEMENE un orateur précieux pour sa cause et passionnant pour les gens qui l’écoutent.

 

 

La Fondation JEROME LEJEUNE s’occupe de plus de 1300 handicapés. Son discours se fonde sur une éthique biomédicale, donc sur une pratique et des expériences médicales, à l’opposé d’une doctrine idéologique et ce discours est d’autant plus fort qu’il dévoile l’urgence de la réalité.

Son action s’articule autour de trois axes :

1)     Chercher   2) Soigner   3) Défendre

Sa vocation est d’informer sur la trisomie et d’aider et protéger les trisomiques.

Elle fait face à un discours unanime et dévié dans lequel la ²prévention² signifie la suppression du patient plutôt que son accueil et sa guérison, d’où l’absence de recherche et de fonds pour mieux connaître la trisomie et améliorer la vie des trisomiques.

La suppression des pauvres n’a jamais supprimé la pauvreté.

Un exemple du mur idéologique qui fait face à la Fondation est l’article paru dans ² Var-Matin ² en juin dernier et qui crie au scandale car il y a encore 1000 enfants trisomiques qui naissent par an et qui ne sont pas dépistés !!… un article d’une rare violence dans les termes choisis pour qualifier les trisomiques et leurs parents. En réalité, il y a 350 naissances d’enfants trisomiques par an. Les 1000 naissances par an arrivaient à l’époque où il n’y avait aucune technique de dépistage.

C’est tout le problème de la désinformation par les médias et du manque de réflexion non-partisane contre lequel la Fondation doit lutter.

Il faut savoir qu’il y a un important enjeu financier autour des naissances. Il y a 800 000 femmes enceintes par an et cela représente énormément d’argent. D’où l’importance, pour ces firmes, d’exploiter à fond ce marché en vendant à ces femmes un maximum de produits pharmaceutiques, de tests de dépistages. Et pour cela il existe une méthode infaillible : c’est la peur de la catastrophe, et la culpabilisation. Il y a un budget de 100 millions d’euros par an uniquement pour ces tests qui dépistent les quelques 1000 trisomiques qui sont conçus par an. Et 80 mille euros par an pour les tests d’amniocentèse. Or, ce qui est moins dit, c’est que ces derniers provoquent un risque de 2 % de fausses couches, c’est à dire que ces tests provoquent plus de fausses couches qu’ils ne ² dépistent ² d’enfants trisomiques : 2 fausses couches provoquées pour un enfant trisomique ² attrapé ², c’est à dire que deux femmes qui voulaient un enfant n’en auront pas seulement pour attraper le ² trisomique ² qu’il faut éliminer impérativement.

Que cache l’I.M.G (Interruption Médicale de Grossesse) généralisé ? l’infanticide légal du plus faible d’entre nous. Où est la morale dans cette pratique ? Mieux vaudrait n’utiliser que le terme d’I.V.G (Interruption Volontaire de Grossesse) qui au moins n’évoque pas tout un processus de réflexion médicale aboutissant à la suppression de la vie. Tous les régimes totalitaires ont rêvé de réduire la morale à la loi seule et à ce qu’elle autorise. Si le meurtre du plus faible est permis dans une société, sur quoi repose le droit et l’organisation de la vie sociale ? Au nom de quoi organiser la vie sociale ? La loi pouvant changer d’une majorité à l’autre dans le régime qui nous gouverne actuellement, ni la morale, ni la justice ne sont protégées puisqu’elles sont le terrain des luttes électorales, au mépris du droit naturel. Il y a là une menace pour l’état de droit car tout mensonge est porteur de totalitarisme.

Le totalitarisme de la pensée sévit déjà dans notre société en imposant le silence et le mensonge sur ces questions. Une conception sur 700 est un enfant trisomique et cette pathologie n’est pas considérée comme une pathologie prioritaire à soigner, alors que le Téléthon finance la recherche et les aides pour des maladies rares qui correspondent à une conception sur 1500. Pourquoi tuer plus spécialement les trisomiques plutôt que de les soigner alors qu’ils représentent plus d’individus que d’autres maladies bien mieux encadrées ? Aucun fonds n’est alloué à la recherche sur la trisomie. Aujourd’hui, de nouvelles lois apparaissent pour prendre en charge sur le plan scolaire les handicapés et permettre leur insertion mais pas d’aide financière n’est prévue pour faire avancer la recherche médicale. Il y a un décalage entre l’attente des parents et la plupart des chercheurs actuels. Les uns veulent que la recherche soit orientée pour que les trisomiques qui se rendent compte de leur handicap puissent vivre comme tout le monde et les autres ne veulent qu’obtenir quelques points de Q.I supplémentaires.

 

La Fondation JEROME LEJEUNE trouve des fonds pour payer des recherches et des consultations pour leurs patients trisomiques car 40 % seulement des frais sont pris en charge par l’assurance maladie. Elle soutient aussi les familles ou les femmes qui le souhaitent en organisant des parrainages entre anciens et récents proches de trisomiques. Ainsi, les personnes bien intentionnées découvrent qu’avoir un enfant trisomique est une épreuve – certes  peu enviable, mais une épreuve comme on en rencontre d’autres dans la vie. Et comme toute épreuve, il faut l’accepter puis la surmonter si l’on veut être heureux, ce que l’on découvre très possible avec un enfant trisomique.

Le but de la Fondation est d’aider à la guérison de ces malades. La cardiopathie (déformation du cœur) est déjà soignée dès la naissance, d’où l’intérêt du dépistage prénatal bien utilisé. De même, d’autres problèmes physiques peuvent être soignés.

La trisomie a pour origine le mauvais dédoublement (méiose) des chromosomes d’une cellule sexuelle. Chaque cellule sexuelle a 23 chromosomes donc lors du dédoublement en apparaissent 46. La trisomie résulte de la multiplication par trois du chromosome 21, ce qui donne 47 chromosomes et crée un déséquilibre. Une maladie du même type mais plus rare existe qui est la monosomie, c’est-à- dire que le chromosome 21 ne se multiplie pas du tout donnant un total de 45 chromosomes après le dédoublement des chromosomes de la cellule. Il existe d’autres formes de maladies encore plus rares ayant pour origine un problème de dédoublement sur d’autres chromosomes que le 21. Le chromosome 21 est le plus petit, donc possède moins de gênes. En avoir un de plus donne un handicap moins grand qu’avoir un chromosome 13 ou 18 de plus, chromosomes qui comportent plus de gênes donc plus d’informations.

Ce problème lors du dédoublement des chromosomes d’une cellule sexuelle est une piste de recherche sérieuse qu’il faut approfondir et c’est ce à quoi la Fondation s’emploie.

Une deuxième piste serait d’inhiber par voie biochimique les réactions chimiques du troisièmes chromosome 21 pour le rendre inopérant et donc limiter le déséquilibre qu’il crée.

D’autres voies peuvent être explorées et méritent qu’on s’y intéresse. Il s’agit des techniques de médecine douce ou préventive. Par exemple, on a constaté que moins d’enfants naissent atteints de la spidafiba (malformation qui fait que la moelle épinière n’est pas refermée), depuis que les femmes en Angleterre consomment plus d’acides foliques (que l’on trouve principalement dans les légumes verts), avant et pendant la grossesse. Peut-être existe-t-il une méthode analogue à découvrir qui limiterait le risque de transmettre une pathologie trisomique à l’enfant ?

La médecine diagnostique est toujours plus rapide que la médecine thérapeutique.

 

Si la question est ²mon droit, mon confort² avant tout, alors il n’y a plus de limites à la science : si on veut un enfant blond, intelligent, noir, … tous les moyens seront bon.

Il y a des injustices flagrantes dans la pratique de l’avortement :

Pourquoi la mère détient-elle le droit de tuer son enfant même si cela va contre l’avis du père ?

Pourquoi le droit de la mère est-il supérieur au droit de l’enfant ?

Où est l’égalité dans tout cela ?

Une vie humaine commence au moment où toute l’information apportée par le spermatozoïde est réunie à celle apportée par l’ovule. Dès la pénétration du spermatozoïde se trouve réalisé un être nouveau. Le patrimoine génétique unique de la personne est déterminé à ce moment là. Non pas un homme théorique mais le premier stade de développement de celui qu’on appellera plus tard Paul ou Virginie. L’embryon est donc un organisme, un être vivant. L’embryon humain est un être vivant avec un patrimoine génétique humain. C’est donc bien un homme (extrait du livret Manuel Bioéthique des Jeunes, que vous pouvez vous procurer sur simple demande à la fondation).

Aux U.S.A, le débat sur ces questions a lieu, c’est un enjeu dans la société, c’est une priorité pour les évêques.

Il y a une véritable dictature du bonheur dans notre société. Tous ce qui sort de ce cadre et qui ne correspond pas à cette image du bonheur doit être supprimé. Spécialement les êtres les plus faibles sous prétexte qu’ils ne seront pas heureux si on les laisse vivre… comment savoir ?

 

L’entrave à l’I.V.G est un délit, c’est-à-dire une faute supérieure à une contravention en droit donc vraiment grave, presque un crime. Et l’interprétation du mot " entrave " est très vague et est laissé aux bons soins du juge…

Simone de BEAUVOIR a dit : « L’avortement est la clef de l’entrée dans la féminité ». Cela laisse imaginer où elle plaçait sa féminité et plus largement, en tant que symbole d’une époque et d’une génération, ce que la féminité représente aujourd’hui.

Il est clair que ce n’est pas la meilleure voie d’épanouissement pour une femme. Il n’y a qu’à voir le drame psychologique qu’est l’avortement pour la plupart des femmes qui y ont été poussées.

 

          Outre le travail de recherche sur la maladie et de suivi des trisomiques, c’est tout un travail d’information de l’opinion publique qui est nécessaire et auquel s’emploie la Fondation JEROME LEJEUNE ainsi que d’autres associations pour la vie. Il faut faire changer la façon dont les plus faibles, ceux qui ont des problèmes, sont acceptés dans notre société. C’est l’apanage de tout état de droit d’accueillir en son sein et de prendre soin des plus déshérités de ses enfants. C’est une action d’éducation qui est nécessaire et qui doit commencer dès aujourd’hui et auprès des plus jeunes de notre société pour que le futur soit plus humain que le présent.

 

EVH

Le 2/10/2006

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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /2006 14:48

Compte rendu de la conférence-projection

De Marie-Françoise OUSSET sur

²   La France, Terre des Arts ²

du 23 mai 2006 :

Chers Amis,

Le Café Bleu félicite Madame OUSSET pour cette splendide démonstration du génie français et des façons dont il s’est exprimé et s’exprime encore aujourd’hui, spécialement dans le domaine artistique. L’art de ce Guide de Paris est de vous plonger dans le sujet qu’elle vous présente en utilisant vos sens, principalement visuel et auditif et bien sûr, artistique. Grâce à ce que l’on voit et entend, on se persuade que l’art sous ses multiples formes est un bon moyen, voire le bon moyen de faire apprécier la France et de donner des raisons de vivre.

En France, la beauté s’est manifestée en tout temps, en tout, partout et pour tous.  

L’histoire de l’art en France est la plus longue du monde.

Par les Grecs, nous avons appris à mettre de la mesure dans la grandeur. Les visages sans personnalité des statues de style grec sans attirer le regard, permettent de mettre en valeur la beauté des corps (la Vénus de Milo). La sculpture française a gardé cette exigence de la juste proportion mais a rapidement jugé nécessaire d’introduire des émotions dans les visages. L’inscription ² UDEN AGAN ² sur le fronton de la Maison Carrée de Nîmes indique que rien n’est de trop lorsqu’il s’agit de magnifier la matière que l’on travaille.

La fleur est un élément de décoration typiquement français. L’art français s’y exprime.

Beaucoup d’arts sont dus au génie français.

Le chant grégorien est lié à un séjour du pape en France lors du règne de Pépin Le Bref.

Alexandre BERSIN, Curé en Normandie, en écrivant une vie d’Alexandre le Grand au 12e siècle, a inventé l’alexandrin.

La France est le fer de lance de l’art roman. En effet, à la mort de St Bernard, sont dénombré 393 monastères de ce style. L’art roman permet une hauteur sous voûte de 28 mètres. La technique de la croisée d’ogives permit ensuite d’augmenter la hauteur à 35 mètres et plus. Par exemple dans la cathédrale de Metz, qui possède beaucoup de vitraux, on peut admirer la ²lanterne du bon DIEU² qui est un modèle de croisée d’ogives.

C’est en France qu’il y a la plus grande surface de vitraux.

Puis apparaît l’art gothique, appelé alors ² Ars Francisenum, Opus Francisenum ². La cathédrale du Mans a une nef romane et un chœur gothique. Pour demander l’agrandissement du chœur, les habitants demandèrent à PHILIPPE AUGUSTE : « Nous ferons le chœur dans le style français ». Ils ne parlaient pas d’art gothique. L’Europe entière commence à regarder vers l’Ile de France. Rome jalouse cette créativité. Un ami de RAPHAEL appelle avec mépris ce style ² barbare ² du nom d’² art gothique ². La cathédrale de Chartres a été construite en 26 ans, ce qui donne une idée de la frénésie de construction de l’époque.

 Malraux dira en parlant des cathédrales de France : « Jamais on avait vu fleurir autant de douceur sous autant de panache » ; et on peut se fier à son jugement de grand voyageur et d’artiste qui avait pu comparer les multiples expressions de l’art, et d’agnostique donc à sa partialité quand il parle de cathédrales. La douceur ou la tendresse dans l’art sont des impressions que l’on ne trouve pas dans l’art romain ou grec.

 

 

 

L’art espagnol est plus tragique, plus dramatique.

Seul l’art chrétien a retranscrit toutes les expressions du visage. C’est la seule civilisation qui, en art, va de l’expression de la douleur la plus profonde à la joie la plus resplendissante.

 

A cette époque, il y avait une église pour 200 habitants et des chefs d’œuvres dans chaque village.

Les artistes ne payaient pas pour entrer dans les villes contrairement aux autres, ce qui montre la place faite à l’art dans la société de l’époque ; d’où l’expression ² payer en monnaie de singe ², c’est à dire que des imposteurs prenaient un singe sur l’épaule pour se faire passer pour des artistes.

Des femmes étaient chefs de chantier à l’époque. C’est aussi la période de ² l’amour courtois ².

La première ² Piéta ² date du 14e siècle. Jusqu’au 16e siècle le peuple pourra admirer le fabuleux jubé de Troyes.

Humour et fraîcheur sont deux des qualités qui pourraient qualifier l’art français. Pour preuve ce vase en porphyre d’Egypte auquel SUGER ajoute des ailes et un bec d’aigle.

Ou encore ce diablotin farceur assis sur le dos d’un évêque et d’un roi, et ce sur la façade de Notre-Dame

 

Les trois frères LENAIN qui travaillaient ensemble furent les hérauts du classicisme. Le dernier survivant fut anobli. Lors de la Renaissance, apparaît en France l’art réaliste alors qu’en Italie on continue d’utiliser la technique du visage grec. Art réaliste ne signifie pas vulgaire. En effet la vulgarité dans l’art n’apparaît qu’au 18e siècle.

L’art français de cette époque a donné de multiples techniques qui ont été reprises et universalisées. Les plafonds à la française, les jardins à la française, la porte-fenêtre (french-window), les opéras ballets de LULLY, etc…

En arrivant en France, l’art baroque est pondéré par le classicisme. Alors qu’il devient exclusif dans les pays voisins, exception française oblige, il est tempéré chez nous. DELACROIX dit : « Pour apprécier une œuvre d’art, il faut la comparer ». Or Versailles est supérieur à Schönbrunn, au Prado, à Windsor,…

La Sorbonne est un mélange des genres : temple classique, étage à la MANSART, coupole.

Versailles est la seule ville de France sans fleuve ni rivière, ce qui indique l’esprit novateur de l’époque qui ne rechigne pas devant la complexité et la non-conformité des projets quand il s’agit de faire du beau.

C’est aussi l’époque de la découverte du Champagne par Dom PERIGNON, mort la même année que LOUIS XIV.

 

Des places se construisent à Paris : l’Observatoire, la place Vendôme. LOUIS XIV ne se désintéresse pas de Paris. Il demande à WATTEAU de peindre des ² sentiments fugitifs ². Madame de POMPADOUR est une sorte de Ministre de la Culture. Avec LOUIS XIV, ils vont découvrir un grand nombre de talents artistiques auxquels ils donnent les moyens de s’exprimer.

Et sans être vulgaire, on n'est pas pudique pour autant :

Madame VIGEE-LEBRUN a été le professeur de peinture de la reine MARIE-ANTOINETTE. Elles avaient toutes deux 22 ans.

Le sculpteur CARPEAUX est un des grands de la Renaissance.

Les impressionnistes ont connu un essor fantastique en France :

le pointillisme, l’art naïf par le douanier ROUSSEAU, le fauvisme de GAUGUIN et la recherche de l’harmonie des couleurs (une femme qui baille de DEGAS).

L’art nouveau : l’art ² nouille ² de MUCHA qui vient de Prague. FUJITA qui vient du Japon pour s’établir en France et profiter de l’effervescence artistique. De même pour VAN GOGH qui vient des Pays-Bas.

Autres styles avec le cubisme et le surréalisme dans lesquels la femme tout particulièrement est déformée et dévalorisée. PICASSO a dit : « Je hais le visage humain ». DALI dit à PICASSO : « Bravo. Tu nous fais gagner du temps. Nous ne pouvons pas descendre plus bas .» On peut s’étonner, à défaut d’autre chose, devant Coucher de soleil sur l’Adriatique qui fut peint par la queue d’un âne et présenté au Salon des Indépendants.

 

          La beauté s’exprime dans l’art en France par tout les moyens : le bois, l’ivoire, la dentelle, les soieries (de Lyon), le verre, la joaillerie, la musique, la littérature, l’escrime, la cuisine, etc… La ROCHEFOUCAULD a dit : « Manger est un besoin, savoir manger est un art ».

 

          Tous le monde a toujours eu accès au beau en France. Que ce soit en profitant des cathédrales (surtout pour les pauvres puisque les riches avaient leur chapelle), des hospices (à Beaune) pour les malades, des lavoirs, des fontaines, des marchés couverts, etc… Les Invalides à Paris ont été construits pour les soldats gravement blessés.

 

Chacun a pu participer au développement et à la diversification de l’art. Des bergers ont inventé les couteaux Laguiole, etc…

 

          La France est et a toujours été une terre fertile pour les arts. Tout en imprimant sa marque dans beaucoup d’entre eux, l'art français touche à la beauté universelle lorsque ses filles et fils travaillent à glorifier l’âme et la matière. A eux de s’inspirer de ce qui a rendu l’art parfois tant français.

 

EVH

Le 29/09/2006

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Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 16:15
 
 
RENCONTRE AVEC CHRISTIAN WAGNER
LE MERCREDI 25 OCTOBRE 2006 sur
LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA
FRANCE
Rédacteur en Chef de Politique Magazine et de La Nouvelle Revue Universelle, Monsieur Christian WAGNER a accepté avec beaucoup de sympathie de venir nous entretenir de la situation économique de la France en 2006.
Nous tenons à le remercier en ces lignes pour la disponibilité qu’il a bien voulu nous accorder et la convivialité dans laquelle il a souhaité réaliser sa prestation dont la qualité compensât largement certaines difficultés.
Sur ce dernier point, notre conférencier nous rassura au cours du tour de table préalable à l’occasion duquel chacun pu se présenter ; l’économie n’est pas une discipline très aimée en France. Lui-même convient qu’historien de formation, il n’y vint, sans grande passion initiale, que par atavisme familial sur l’insistance d’un père pour lequel l’économie et la finance étaient en quelque sorte l’alpha et l’oméga de la société.
S’appuyant sur un principe qui lui est cher en journalisme, selon lequel il convient d’être fort sur le fond tout en étant modéré en la forme, il choisit donc de nous brosser, par touches impressionnistes, un portrait de la situation économique française et des enjeux à laquelle elle est sommée de répondre à travers un bilan de ses difficultés et de ses atouts. Voici ci-après les principaux traits que nous en avons retenus.
I - L’ECONOMIE MALADE DE L’IDEOLOGIE
1°) Une doctrine… doctrinaire.
L’enseignement de l’économie peu prisé autrefois est devenu depuis une arène idéologique dans laquelle domine l’école marxiste et ses succédanés. L’enseignement français en est resté fortement empreint qui trouve de bon ton dans une cosmogonie purement partisane de la discipline économique de stigmatiser tout ce qui n’est pas socialisme sous le nom d’ultralibéralisme sauvage, voire de « fascisme ». Pourtant, partout dans le monde depuis la chute du Mur de Berlin, le Libéralisme s’est imposé sous une forme d’économie sociale de marché. Celle-ci s’avère finalement être aujourd’hui la seule expression réaliste de l’économie qui évolue dans un contexte de mondialisation croissante et incontournable.
En effet, la mondialisation dont l’un des principes moteurs est la concurrence a pour corollaire l’émergence d’importants bouleversements sur une très grande échelle géographique dans les politiques des prix et partant de salaires ainsi que d’emplois.
2°) L’inanité du concept de patriotisme économique
Il est cependant de coutume en France d’oublier qu’il existe un mode en dehors de la France dans lequel vivent et évoluent d’autres Etats, d’autres ensembles politiques ou économiques. La tentation de l’isolation est forte qui tend à laisser espérer que le protectionnisme est l’ultime solution. Pourtant, une économie fermée est une économie de pauvreté. L’histoire et l’actualité sont là pour nous rappeler cette inéluctable vérité que même la Chine a assimilée qui ne confond pas Etatisme politique et économie de marché.
Cela n’empêche pas les pouvoirs publics, les représentants syndicaux et les hommes politiques de France d’occulter cette réalité en se nourrissant de formules incantatoires et de concepts à l’emporte pièce tel que le patriotisme économique qui prétend vainement fermer le marché français aux entreprises étrangères tout en fermant pudiquement les yeux sur les conquêtes de marchés étrangers par des entreprises françaises.
Longtemps, il fut possible de vivre avec de telles illusions tant la richesse naturelle, intellectuelle, industrielle française paraissait inépuisable pour constituer la rente des générations souhaitant jouir « des fruits de la croissance. » Toutefois, si au cours des Trente Glorieuses il fut possible de profiter sans compter de la richesse de l’héritage grâce à une forte croissance, il n’en est plus de même maintenant que l’hoirie est dilapidée.
De ce malaise, la crise du contrat première embauche (CPE) en a été l’un des symptômes visibles qui vit défiler dans les rues des étudiants craignant un avenir incertain et protestant contre un modèle de contrat qui ne leur était nullement destiné. Cela dénote en plus le côté criminel de cette idéologie qui a voulu qu’il n’y ait plus de sélection scolaire ou universitaire et qui préfère pousser des générations de jeunes à étudier dans des voies peu porteuses d’avenir (sociologie, psychologie, par exemple) et les laisser aller à l’échec plutôt que de les aider à aller vers un métier, sachant de plus que les filières techniques ont été dévalorisées aux yeux du public et que le système universitaire n’en sort que plus fragile, plus coûteux et sans prestige.
L’un de ses échecs et non des moindres est d’avoir produit des jeunes qui n’ont d’autres ambitions pour 75 % d’entre eux que de devenir fonctionnaires.
II - LE SECTEUR ETATIQUE OU LE LEVIATHAN MALADE
1° un fort clivage public/privé
La traduction matérielle de cet affrontement entre l’idéologie et la réalité se traduit dans les faits par la coexistence de plus en plus difficile entre :
v      Un secteur public, qui s’autoalimente tant du point de vue de sa propre justification que de l’activité, dans le cadre duquel le service public n’a plus guère d’autres acceptions que celle de la protection des « droits acquis » de personnels censés le servir ;
v      Un secteur privé confronté à la très dure réalité du quotidien et de la nécessité d’assurer son développement tant pour réussir à se subvenir qu’à produire la richesse que l’Etat n’hésite pas à redistribuer au moyen de ses impôts et charges sociales, d’une part, de ses subventions, aides et autres contributions, d’autre part.
Il est à cet égard important de rappeler que les droits dits acquis ne peuvent le rester que tant que quelque chose est là pour les assurer. C’est une loi que les entreprises connaissent bien qui ne peuvent assurer un salaire à leurs employés que tant qu’elles produisent des richesses.
2°) Un endettement public inquiétant
Pour mieux saisir la gravité de la situation, il n’est que de souligner que l’endettement de la France est de 1 100 milliards d’euros, auxquels il convient d’ajouter plus de 900 millions d’Euros qui gagent les retraites des fonctionnaires, soit 44 % du Produit intérieur brut (P.I.B.). Chaque Français se trouve dès lors dès sa naissance titulaire d’une dette de près de 18 000 euros (plus de 32 000 euros en intégrant la charge des retraites).
S’agissant plus précisément du système de retraite français, il n’est que de constater combien son équilibre apparaît évidemment fragile alors que se profile en 2008 le bilan de la réforme FILLON. L’âge moyen de cessation d’activité en France est de 57,4 ans quand dans le reste de l’Europe, il est de 64 ans et qu’il doit passer chez notre premier partenaire économique, l’Allemagne, à 67 ans. En 2040, la France devrait compter 7 retraités pour 10 actifs.
Dans le même ordre d’idée, il est difficile de s’esbaudir devant le succès de notre système de sécurité sociale sachant que nos dépenses de santé représentent plus de 22 % du P.I.B. tandis que les français sont parmi les plus gros consommateurs de psychotropes et d’anxiolytiques.
Au vu de ces chiffres, la dette fiscale et sociale est donc de 66 % du P.I.B. sans que semble s’ébaucher l’embryon d’une réelle solution, ni remis en cause de la grande générosité du modèle social et de la politique d’accueil de la France.
3°) Le poids de la fonction publique
Pour ne revenir que sur la fonction publique et sans s’adonner à un manichéisme de mauvais aloi, il n’a pas encore été sérieusement envisagé de mieux allouer les ressources humaines au sein du « Mammouth » comme le dit en son temps un ancien Ministre de l’Education dite nationale. Pourtant, il eut été possible de mettre à profit le départ en retraite de nombreux agents du Baby-boom, de l’équipement informatiques et de la réforme structurelle de certaines administrations, comme celles des finances, voire de simplifications procédurales pour diminuer la masse salariale globale tout en veillant à mieux redistribuer les effectifs en faveur de secteurs à fort besoins comme la Justice.
L’Etat pourrait fort bien se recentrer sur ses fonctions régaliennes et n’intervenir, dans le domaine économique, que sur des secteurs hautement stratégiques. Quant à la gestion de ses ressources humaines, ce ne serait pas remettre en cause les notions de service public ou d’intérêt général que de concéder certains d’entre eux à des entreprises privées ou les faire assurer pas des salariés sous conventions collectives.
Au lieu de cela, héritier d’un Colbertisme qui n’aurait cessé d’engraisser de prérogatives et de secteurs d’activité, il tend à devenir un podagre tout puissant mais impotent.
III - UN SECTEUR PRIVE ENTRE PEINES ET ESPOIRS
1°) Petite mise en situation au sein de l’environnement international
Une comparaison avec les données des Etats et ensembles qui nous entourent donnent déjà une première mesure de la place Française dans le jeu international. La croissance mondiale était de + 4% en 2006 et est annoncé comme étant de + 4,9 % pour l’année 2007, les échanges commerciaux internationaux progressant quant à eux dans le même temps de 9 %. Depuis les années 90, le taux de croissance annuel n’est que de 2 % en moyenne. 
Dans la plupart des pays de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui regroupent une bonne partie des Etats européens, il y a un retour au quasi plein emploi, c'est-à-dire qu’il ne subsiste en leur sein un chômage structurel, qui se situe en deçà des 6%, caractérisé par les inévitables variables d’ajustements existant entre offre d’emploi et demande de travail, ainsi que par une grande évolutivité des effectifs concernés, une part de ces chômeurs l’étant pour une durée relativement courte et parce que dans une situation intermédiaire entre deux emplois ou entre une période d’étude et une période d’emploi.
En France, par contre, le chômage reste élevé, même s’il diminue d’environ 1 % par an et fluctue aujourd’hui dans une fourchette allant de 8 à 10 %. Les causes de cette diminution somme toute modeste et relative du chômage n’ont que peu à voir avec les lois du marché. Elles tiennent essentiellement aux emplois aidés du type emploi jeune et à la diminution démographique qui se traduit par la cessation d’activité en masse des premières générations du Baby-boom et leur moindre remplacement sur le marché du travail par de nouvelles générations nettement moins nombreuses.
Dans le dernier classement international des meilleurs établissements d’enseignements du Financial Time, les deux meilleures écoles françaises de management, qui se trouvent en deuxième position, sont H.E.C. et l’E.S.C.P.A 
Par contre, dans le dernier classement des 2000 premières entreprises du monde établi par le magazine Forbes ne figurent que 66 entreprises françaises et la première d’entre elles, Total, ne se trouve qu’à la 14ème place.
2°) La lourdeur du Code du travail.
La législation sociale française est riche d’un code complexe construit par strates successives qui ne sont pas toujours homogènes ni mêmes cohérentes entre elles. Certaines de ses dispositions demeurent officiellement en vigueur quand les comportements qu’elles visent sont eux-mêmes devenus désuets.
D’autre part, il est devenu de plus en plus marqué par des relents d’idéologie socialisantes, notamment à l’occasion de la mise en œuvre des 35 heures dont le but était de diminuer le chômage en partageant les emplois comme s’il s’agissait d’un gâteau. Cette idée s’inscrit dans une perspective très dix-neuvièmiste qui ne tient aucunement compte ni de l’évolution des modes de production (le secteur industriel à forte main d’œuvre tend à disparaître), ni de la hausse de la productivité, ni de l’importance des petites et moyennes entreprises pour le développement de l’économie et de l’emploi.
Sur ce point, sans revenir sur ce qui a déjà été écrit sur les carences du système scolaire, il est intéressant de noter que l’aveuglement étatique ne permet pas de pourvoir à près de 80 000 postes dans les bâtiments et travaux publics, la restauration et diverses autres métiers liés à l’artisanat.
3°) Les carences des investissements
Les Français investissent peu dans leurs entreprises, seuls 6,4 % d’entre eux étant actionnaires. Parallèlement, les banquiers français ont l’apparence de petits épiciers par rapport à leurs confrères européens ou américains qui sont moins tatillons dans le formalisme nécessaire au financement de projets d’entreprises.
Toutefois, la principale verrue sur la politique d’investissement française, c’est l’impôt sur la fortune qui devient une véritable arme en faveur de la délocalisation des entreprises. L’exemple récent du passage du Plazza Athénée des mains du groupe TAITTINGER aux mains d’actionnaires étranger en est la meilleure illustration. En effet, les actionnaires français non salariés sont assujettis à l’ISF et finissent par préférer céder leurs parts dans des entreprises françaises à des groupes ou banques étrangères, voire migrer eux-mêmes vers des horizons fiscalement plus hospitaliers. Aujourd’hui, 55 % des entreprises françaises figurant au CAC 40 sont détenues par des capitaux étrangers.
L’I.S.F. s’avère donc un excellent outil à détruire le patrimoine qui, en sus, ne permet pas aux nouvelles générations de s’en constituer un.
4°) Les atouts de la France
Pourtant, la France ne manquent pas d’atouts. Elle demeure la 4ème puissance nucléaire civile du monde, ce qui lui garantit une certaine indépendance énergétique à l’égard du gaz et du pétrole ; ses secteurs industriels phares demeurent l’industrie agroalimentaire, la construction automobile, l’aéronautique (malgré les quelques actuels déboires que connaît Airbus avec ses partenaires européens dans le cadre du lancement de l’A 380).
La productivité des salariés français demeurent une des plus fortes au monde en dépit du sous emploi de sa main d’œuvre âgée et de la mise en place des 35 heures devenu l’horizon idéologique indépassable de la politique sociale française.
Contrairement au secteur public qui vit sur ses dettes essentiellement consacrées au financement de ses charges de personnels (46 %), l’endettement privée est plus faible en France que chez nos voisins européens, même si ce taux d’endettement tend à croître, notamment avec la hausse de l’investissement que représente de plus en plus l’acquisition d’un bien immobilier. C’est ainsi qu’il est désormais possible de s’endetter sur 30 ans quand en Espagne la durée de remboursement d’un emprunt peut courir sur 50 ans.
Enfin, riche d’un patrimoine historique et culturel fort et attractif, la France demeure au premier rang des nations touristiques tout en ayant en partage avec un espace francophone regroupant plus de 180 millions de personnes le privilège du patrimoine linguistique qu’est la langue française.
A notre plus grand regret, c’est arrivé à ce point qu’a du s’interrompre dans son élan notre conférencier pour cause d’horaire de fermeture de l’établissement qui nous accueillait. Il n’a cependant pas voulu que nous nous quittions sans rappeler en deux ou trois phrases que le centre de toute l’économie, sa préoccupation essentielle comme son principal moteur, c’est l’Homme et que de cette phrase lourde de sens de Jean BODIN au XVIè siècle il est essentiel de ne pas négliger le poids de chaque mot : « il n’est de richesse que d’hommes ».
BEH
Par Café bleu - Publié dans : Comptes-rendus des conférences
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