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“POLITIQUE MAGAZINE”
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LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”
C’est avec plaisir que nous avons reçu Mr Frédéric Rouvillois, professeur agrégé de Droit public et auteur de plusieurs livres, notamment « Les origines de la Vème République » (1998) « Le Droit » (1999) et maints ouvrages de Droit Constitutionnel.
Désireux de trouver des solutions nouvelles face aux changements de notre société, il fait partie de la Fondation pour l’Innovation Politique, lieu indépendant de recherche, de débat et de mobilisation autour des domaines social, éducatif et européen. Il y rend régulièrement compte de ses réflexions au travers de documents de travail.
Mr Rouvillois a écrit à ce titre « Réformer les institutions ou changer de République ? Limites et non-dits du Rapport Bel » et nous a livré son analyse sur le changement institutionnel proposé par Ségolène Royal, en cas d’accession à la présidence française.
Ségolène Royal a demandé et reçu du sénateur Bel un rapport sur la réforme des institutions, qui relate l’essentiel de son projet présidentiel. Si le titre de ce rapport évoque un changement important – « Pour une Nouvelle République » - les réformes proposées sont en réalité peu nombreuses et les moyens avancés disproportionnés et inquiétants.
Des réformes tronquées.
Le Rapport Bel se décline en six points qui constituent autant de chantiers démocratiques : un Président de la République responsable, un mandat unique pour les parlementaires, une République parlementaire, un bicamérisme* rénové, une démocratie participative, une nouvelle citoyenneté. Chacun de ces thèmes est écrit dans l’optique d’impliquer davantage les citoyens dans les décisions politiques qui les concernent, au sein d’une démocratie « semi-directe ».
L’idée de démocratie participative est en soi intéressante. Elle associe le citoyen au pouvoir législatif : celui-ci se verrait proposer des droits de pétition, d’approbation par referendum, d’évaluation et de contrôle de la loi par la saisie du Conseil Constitutionnel.
Cependant, le sénateur Bel n’établit pas de relation entre ce concept et les responsabilités du Président de la République au sein de cette nouvelle approche.
En réalité, la démocratie participative semble un prétexte pour réhabiliter un lieu commun des IIIème et IVème République, un parlement tout-puissant, représentant par excellence des citoyens.
On peut faire le même constat sur les autres thèmes de cet ouvrage. Certaines mesures proposées prouvent une volonté de « dépoussiérage » des institutions mais, encore une fois, cette logique de changement n’est pas assez poussée : suppression du vote bloqué à l’Assemblée Nationale, en réalité remplacé par une procédure du même ordre, suppression de l’article 49-3, permettant au gouvernement de promulguer une nouvelle loi en cas de blocage parlementaire, mais seulement dans le cadre de lois ordinaires, par ailleurs le parlement se verrait accorder la possibilité d’adopter des motions de censure pour les questions internationales, européennes et historiques mais dans un cadre politique « non contraignant », c’est-à-dire de telle façon que le pouvoir exécutif ne soit pas bloqué.
Dans ce cas, il est difficile de trouver une idée bien arrêtée sur le projet institutionnel socialiste car de nombreuses contradictions se font jour. Bien que l’auteur prône le renforcement des décisions du pouvoir législatif, il admet que le parlement n’a pas vocation à redevenir la « source principale de la législation »…Le même constat est fait à propos du Conseil Constitutionnel, qui deviendrait une juridiction impartiale mais qui devrait en même temps refléter un équilibre politique, avec des membres élus par des Assemblées à la majorité qualifiée.
Au vu des six thèmes déclinées dans cet ouvrage, la retenue semble de rigueur alors qu’on attendrait plus d’audace.
Sur le thème « Un Président de la République responsable », plusieurs réformes sont évoquées comme la limitation de la présidence à deux mandats, la prestation d’un serment ou la modification de son statut pénal, alors qu’il serait important de redéfinir sa responsabilité politique.
Concernant la nouvelle citoyenneté, seul le droit de vote des étrangers est évoqué.
Enfin, le problème le plus épineux semble l’instauration d’un scrutin proportionnel. Le rapport Bel préconise une véritable dose de proportionnelle. Ce mode de gouvernance n’est valable que s’il existe des procédures, comme la possibilité pour un gouvernement de gouverner sans majorité. Mais l’auteur entend abolir ces procédures, d’où une sorte de gouvernement chaudron et garant d’instabilité politique. L’auteur fait ensuite machine arrière. Il est d’abord proposé d’élire 20 % de députés à la proportionnelle, puis au final seulement 78 députés pour éviter de déstabiliser le parlement.
La forme : des réponses brutales.
Si la timidité des propositions en terme de projet démocratiques semble évidente, les moyens mis en œuvre sont au contraire brutaux
La Gauche redoute, en cas de victoire, un refus du Conseil Constitutionnel, plutôt conservateur, d’adopter les changements prônés. D’où un subterfuge imaginé : faire passer les réformes par le referendum populaire de l’article 11, prévu à l’origine pour les questions infra-constitutionnelles, un procédé qu’avait déjà utilisé le Général De Gaulle en 1962, qui avait provoqué l’ire du Conseil d’Etat qui y voyait une transgression. Plus de quarante ans après, cette idée serait finalement réutilisée par le camp socialiste. Cette action serait insensée, car le Conseil Constitutionnel a désormais compétence à vérifier lui-même du bon usage de l’article 11. Mais l’auteur imagine pouvoir mettre en œuvre ce procédé dans un contexte favorable à la Gauche, à savoir une éventuelle victoire à la présidentielle de Ségolène Royal et une majorité socialiste aux élections législatives. Fort de cette hégémonie, la Gauche pourrait faire pression sur le Conseil Constitutionnel, qui n’aurait plus son mot à dire et ne pourrait que s’incliner devant cette procédure, ce qui finalement s’assimilerait à un coup d’Etat juridique. Cette idée a en tout cas été approuvée par Ségolène ROYAL en personne.
Par ailleurs l’idée d’une VIème République est abordée. Cette idée ne transparaissait pas dans les premiers mois de la campagne présidentielle. Le projet constitutionnel socialiste était plutôt, sous couvert d’une fidélité aux principes fondamentaux de la Constitution de 1958, de restaurer un Régime politiquement équilibré, sans pouvoir exécutif fort, ce qui est un non sens, la Vème République étant un régime présidentiel par définition.
Cependant, deux intervention télévisées de Ségolène Royal au mois de mars dernier, sur France 2 et Porte de Versailles, devant les adhérents socialistes, ont mis au grand jour sa volonté d’instaurer une VIème république, ce qui résonne comme une formule choc permettant de masquer le peu de nouveauté ci-avant proposé.
* Pouvoir législatif détenu par deux chambres, Assemblée Nationale et Sénat.
« La femme dans l’art »
Marie Françoise Ousset
Conférence-projection
Compte rendu
24 mai 2007
Introduction
Dans une ambiance feutrée de moquette agréable et de petite salle conviviale, la soirée s’organise et l’on installe le matériel pour une bonne projection… Au compte-goutte, les invités arrivent et commencent à investir les lieux avant le début des diapos.
La conférence commence, avec une précision quant au sujet : il s’agira de la femme dans l’art français et non plus en général. Car l’art français à lui tout seul est représentatif de beaucoup en la matière.
L’image que l’on peut avoir de la femme dans l’art est représentative de sa place dans la société. Pour tenir le coup dans ce monde qu’est le nôtre, il faut s’imprégner de l’histoire de la France et de sa beauté. Saint Thomas disait : « Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu » (rien ne peut être par l’intelligence qui ne soit entré d’abord par les sens).
Sachons donc pour la défendre contempler la beauté de la civilisation et à la suite de Simone Weil, redisons : « De remède il n’y en a qu’un : donner quelque chose à aimer aux Français »
S’occuper de l’art et se passionner pour la beauté de l’art n’est jamais du temps perdu.
Paul Valéry ajoutait en écho, cette phrase si vraie : « Rien ne mène à la barbarie plus sûrement qu’un attachement à l’esprit pur » (C’est cette philosophie qui engendrera un Robespierre). Il faut aimer la réalité de la vie.
Malgré un problème de matériel – l’appareil à diapo refusant toute coopération - Madame Ousset s’attaque au vif du sujet par une approche chronologique, où se mêleront photos très sobres et photos plus osées… pour une vérité et une objectivité maximum, car sans être vulgaire l’art français et chrétien n’est pas toujours pudique pour autant !...
Les femmes dans l’art ou l’art de représenter les femmes…
Le premier visage qui nous est présenté est une Vénus de Brassempouy (Landes) sculptée dans un os de mammouth. Cette première femme de la civilisation française n’est que le frémissement d’un art vouée à se développer au long des siècles jusqu’à nous. Sa précision et sa finesse sont à rapprocher des petites mains découvertes à la même époque, et qui attestent de femmes fines et très « humaines », allant à l’encontre de la théorie « simiesque ». La résille qu’elle porte sur la tête nous la présente comme coquette, déjà.
Une seconde Vénus trouvée en Haute Garonne, et travaillé dans de la corne de mammouth révèle une femme forte. Déjà deux aspects de la femme évoqués, grâce à des statuettes de l’ère primitive.
Vers 600 av JC, la Grèce fait son apparition et tend à révéler le corps humain dans sa vérité, les bras décollés du corps. La Vénus Genitrix en est un exemple, et le début d’une histoire d’amour entre la France et la Grèce, une histoire qui dure encore (Foulards Hermès, Chocolat Léonidas…)
Dans sa main une grenade, symbole de la fertilité et témoin d’une des fonctions de la femme et d’une de ses caractéristiques majeures : donner la vie et être mère.
Ses hanches sont parfaites, le drapé de sa robe colle aux jambes (drapé mouillé) tandis que son manteau s’en détache pour donne l’impression de mouvement. Impression confortée par le talon qui se soulève et traduit la marche.
C’est une femme belle avec naturel et très jeunes dans ses traits comme dans son expression : belle sans le savoir, sans arrogance, sans vulgarité…
Sa tête inclinée traduit la rêverie et la douceur (ce qu’on appelle le « calme olympien »).
Elle est l’expression même de l’art grec : comme le dit Aristote (formule inscrite sur les frontons grecs) : « on dit généralement de tout ouvrage convenablement exécuté qu’on ne peut rien lui enlever et rien lui ajoute ». Un art grec qui épure l’âme.
En 480 av JC apparait une déesse sans aucun sentiment qui servira de modèle pendant 9 siècles. Comme si nous nous servions encore des canons de beauté depuis Philippe I.
La Vénus d’Arles (vers 360 av JC) a toujours ce même visage qui pourrait être celui d’un homme.
Très étroite de profil, elle est en fait assez ample de face dans le bas de son drapé. Mais il reste sans intérêt et sans perfection comparé à la tendresse manifestée dans le buste. Un buste refait par Girardon, sculpteur de Louis XIV.
Comme la sculpture, la littérature accorde une grande importance et une grande qualité à la femme.
Cependant ce n’est qu’avec Rome (I av JC) qu’apparaissent les vrais visages.
Après La Piplette (quel siècle ?), une Romaine, magnifique, dont la coiffure, tout en bouclettes, montre le soin et la coquetterie, en même temps que les canons de beauté d’une époque. Mais ces visages, malgré leur beauté, ne sourient jamais. C’est un point commun entre les romains et les grecs : leurs statues ne sourient pas.
Le sourire ne s’esquisse que chez les enfants comme dans cette sculpture, L’enfant à l’oie. Et pourtant les philosophes antiques parlaient de l’homme comme du seul « animal capable de rire ».
Les statues étrusques du VIIe siècle ébaucheront un sourire, mais n’iront jamais plus loin.
Il faudra attendre l’époque du Christ pour voir le sourire fleurir sur les lèvres des statues. Un sourire qui n’empêche pas non plus les autres sentiments de s’exprimer. Un visage de femme, assez fermé, comme boudeur, a été retrouvé à divers endroits.
Et celui d’Aelia Flacillia, première femme de l’empereur Théodose Ier, sans sourire, montre à la fois un visage sérieux et presque douloureux…
Au Ve siècle, les chrétiens sortent de la clandestinité dans des œuvres imprégnées de culture chrétienne : Les femmes au tombeau, L’Ascension…
Ces femmes sont encore souvent habillées à la mode romaine…
Nous ne possédons malheureusement aucun portrait de Clotilde, femme de Clovis (détail : Clovis n’a plus jamais eu de maitresse après son mariage avec Clotilde), et il n’existe aucun portrait officiel avant Jean II Le Bon. « Et d’aucun ajouteront que c’était bien la peine d’attendre si longtemps pour un truc aussi moche », plaisante Madame Ousset.
Au VIIIe siècle apparait dans La Visitation, un geste de tendresse jamais vu auparavant.
Les femmes commencent à prendre une place prépondérante, comme l’atteste un traité d’éducation, écrit par une femme dans le courant du IXè siècle.
Avec la statue de Sainte Erementienne, on note la délicatesse des mains, une tendresse unique et jamais vue jusque là, une élégance dans le mouvement. Jusqu’au XIIe siècle, avec l’avènement de l’art roman. La grandeur nature réapparait depuis les romains principalement dans les statues qui ornent les cathédrales ; Saint Denis, Chartres, Paris…
Puis arrive l’époque Gothique (le « style français » et non le style « barbare ») et l’amour courtois ou le mot hommage qui jusqu’alors désignait le devoir du vassal envers son seigneur, prend un tout autre sens : c’est la soumission d’un homme à une femme. Cette dernière prend de plus en plus d’importance (aux échecs, la dame remplace le ministre).
L’homme est à genoux devant une femme ravie (le nom ?). A la cathédrale de Bourges, on la voit tout sourire. Cet humour dans l’art ne se voit pas dans toutes les civilisations. La civilisation chrétienne est le creuset de l’art heureux, comme en attestent, à partir du XIIIè siècle, les femmes des cathédrales, souvent joyeuses.
A Reims, elles représentent la vie, par leur mouvement et leur drapé saisi dans le vif qui donnent l’impression de bouger encore.
2300 personnages de pierre qui sourient !...
Dont bien sûr la Vierge, que les Français ont été les premiers à imaginer couronnée. Une des raisons pour lesquelles la France est Fille aînée de l’Eglise, avec le nombre de ses saints (numéro 1). Les Vierges se multiplient avec l’art Gothique, Vierges d’ivoire, Vierges de pierre, Vierges mystérieuses… avec un soupçon de Grèce antique dans le port de tête ou de style romain, dans le drapé.
Si belle que l’on s’est demandé à plusieurs reprises si l’ange n’était pas femme ou si la femme n’était pas un ange…
Mais elle peut être aussi un démon, comme représenté à Notre Dame de Paris, en train de faire pipi sur un moine, un évêque, un roi… Au Moyen Age, on savait rire, se moquer et se tourner en dérision.
Petit saut dans le temps : l’appareil, après avoir détruit une ou deux diapositives, refusant obstinément de nous montrer les XIVe et XVe siècles… Nous arrivons donc au XVIIe, avec les mots de Péguy : « Ô mon peuple français, toi qui pleure sans contorsion, toi qui ne verse que des larmes décentes »…
Et une peinture de Chardin, scène intime de Benedicite. Le travail du regard, si difficile en peinture, atteint dans cette œuvre un niveau inégalé : l’aîné et la mère regarde la cadette et l’on sent tous les sentiments qui passent dans ces regards.
Cette perfection se retrouve aussi chez Fragonard, dans son célèbre tableau : La leçon de musique. Toute l’attitude du jeune homme est tendue vers l’écoute de la musique. Il ne lorgne pas dans le décolleté de la jeune fille comme on pourrait le supposer, il écoute la musique qui lui parvient du piano. Et les touches de peinture sont rapides… et fluides.
Avec L’étude de Fragonard, la grâce s’incarne dans le sourire, le mouvement, le port de tête…. d’une leçon interrompue visiblement par l’arrivée inopinée de quelqu’un…
Jamais dans les autres civilisations, on avait dépeint aussi facilement et avec autant de talent, des scènes de la vie familiale, intime…
Les femmes dans la peinture sont aussi le reflet de l’Histoire…
Madame Vigée-Lebrun est entrée au service de Marie Antoinette fort jeune : toutes les deux avaient 22 ans. Fraîche, elle peint son autoportrait et tout est en finesse.
Tout comme le tableau qu’elle réalisa avec sa fille (notons au passage que sa robe taille empire indique que la Révolution est déjà passée, quand en réalité elle est encore aux portes de l’Histoire)
Ce deuxième tableau rappelle que les bras sont faits pour embrasser et que les femmes sont avant tout mères… Et celui de David de Monsieur et Madame Lavoisier rappelle qu’elles sont aussi des femmes attentives, aimantes et aimées.
Lavoisier, grand savant est ici avec sa femme, dans une scène d’intimité entre un mari et son épouse, scène que l’on ne voit que dans la civilisation chrétienne. Un grand savant guillotiné par la Révolution et qui s’entendit répondre quand il ne demandait qu’une semaine de plus pour que ses recherches aboutissent : « La République n’a pas besoin de savant ! »
Et sous la Révolution française, les femmes ne seront plus « vraies »… ce sont des victoires, des vices ou des vertus…
Avec Boilly, la femme prend les traits d’une grand-mère, d’une beauté intelligente. Puis Ingres1 présente ses femmes nues, imprégnées de modes égyptiennes ; monde de harem, femmes mystérieuses et mutines. Ci-contre La Grande Odalisque.
L’art chrétien est un des rares arts à avoir mis des nus, entièrement nus, sur ses édifices. Il n’y a pas de puritanisme dans le christianisme. Et toutes les expressions humaines et les sentiments ont été représentés par l’art chrétien. De la plus grande tristesse à la plus grande joie.
Une Vierge du XVI : l’ironie
A Troyes, une gravité attentive
A Moissac, une attention et une intelligence très modernes
Sainte Irène soignant Saint Sébastien : la pitié et la compassion
La bêtise avec l’Eve d’Autun
La méchanceté, la duplicité et la malice dans ce visage de femme à Strasbourg
Une Marie-Madeleine de mauvaise humeur
Une vanité de La Tour (XVIIe) : la curiosité
L’hypocrisie dans Le tricheur à l’as de carreau de La Tour
La honte et le repentir chez la femme adultère à Chartres
L’humilité et la tristesse de Marie-Madeleine
Sous l’influence du christianisme, toutes les expressions vont trouver leur place dans l’art…
1 On parle du violon d’Ingres, parce qu’il a hésité longtemps entre ses deux vocations : la peinture et le violon ; le violon restant un passe temps…
Le XIXe siècle est riche lui aussi en belles femmes !... La Marquise de Lavalette par le sculpteur Carpeaux, peut paraître arrogante ou orgueilleuse pour le commun des mortels, mais fait preuve surtout d’intelligence et de force. Quand à Mademoiselle Fiocre, actrice à la Comédie française, par le même, elle représente la fierté d’être femme. Son port de tête est magnifique et dans ses yeux passe un peu d’angoisse… le tract de l’entré en scène !... En remontant le siècle, on découvre des scènes de plus en plus intimes, des positions de plus en plus inédites et des expressions toujours plus vraies. Carpeaux nous offre une danse, où « il fait sourire la pierre », et nous propose des mains élégantes et originales… Tandis que trois Grâces, nues, s’ennuient et minaudent, le siècle devient un peu plus puritain comme en témoigne cette scène de Manet, Le balcon, où l’homme plastronne et les femmes habillées des pieds à la tête restent calmes et presque soumises. Les scènes deviennent intimes, parlent de la vie de l’époque, de l’ombre et de la lumière, de la danse, des gestes simples… Le berceau, Berthe Morisot (modèle de Manet). Tout est laiteux, tout dort… Les repasseuses, Degas. Scène très prosaïque. Scène de bâillement et d’étirement unique dans l’art. Les petits métiers sont vus sans dramatisation L’absinthe, Degas… Le couple est éteint. Elle, perdue, et lui en quête d’autre chose… Degas s’arrête aussi à la beauté avec ses célèbres danseuses, filles sveltes mais fortes Toulouse Lautrec peint lui, sans aucune complaisance, que ce soit dans La maison close, où l’on peut lire le désespoir et la compassion, où dans ses autres œuvres sur les relations du couple. Et l’on arrive à Renoir, le peintre de la femme par excellence, et dont la peinture correspond à merveille à cette maxime : « L’art sert à nous faire mieux aimer ». D’autres expressions et sentiments viennent à nous : ici, on dirait que la femme a pleuré, s’est remaquillé trop vite et s’apprête à partir, là on voit l’emprise de la femme sur l’homme en danse … et enfin la joie de vivre dans Le déjeuner des canotiers. Un critique dira de sa peinture : « L’œuvre de Renoir est débordante d’une joie contagieuse » C’est Rodin qui offre au public le premier vrai baiser, bien que ce ne soit pas sa meilleure œuvre. Ses mains droites de femmes représentent mieux encore la féminité… Son élève et amante, Camille Claudel, contribuera aussi à magnifier la femme à travers ses sculptures… Mais au XXe siècle un homme arrive d’Espagne, qui va mettre à mal les femmes comme personne n’avait osé le faire… Il l’avoue lui-même : « Je déteste le visage humain ». C’est Picasso. A sa suite, les artistes se mettent en tête de faire impérativement du nouveau, de faire table rase du passé… Femmes déformées, femmes très maigres (Giacometti), femmes vulgaires (Niki de Saint Phalle « si je ne sculptais pas, je tuerai ! »)… Alors quand les grands de ce monde veulent un portrait ils s’adressent à des illustres inconnus, tels Sarah Bernhardt peinte par Clairon, Brigitte Bardot par Von Dongen, ou Marie Laforet par un inconnu… Car la beauté est inséparable de la vérité. A la question « L’Eglise a-t-elle besoin de l’art ? », Jean-Paul II répondait : « Ce monde, dans lequel nous vivons, a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. La beauté, comme la vérité, c'est ce qui met la joie au cœur des hommes ». Les coups de cœur : - Dubout, qui sait si bien représenter la femme avec humour - Jean Fréour, le plus grand sculpteur de bois de France, qui sculpte sans aucune erreur et se laisse guider par les nœuds du bois. - Femmes parisiennes connues dans le monde entier par leur minceur et leur élégance. - Avec Gruau, on aborde le mystère de la femme qui se cache, sans aucune vulgarité. Conclusion La femme a une grande place dans la civilisation française. La France même est une femme, qui a toujours le beau rôle… certaines n’ont pas été représentées : rendons leur hommage… Une femme a été la plus représentée par les artistes (peintres, sculpteurs, poètes, architectes…) : La Vierge Michael Ange l’a faite tendre, ou forte Mantenia l’a faite délicate ou attentionnée Tous l’ont faite pleine de grâces… L’art français apporte une fraîcheur et un sourire qui ne se retrouvent nulle part ailleurs… Nous devons nous imprégner de la France par les sens, pour pouvoir la défendre du tac au tac. Nous devons être comme ces cathédrales : avec des fondations solides, mais des guirlandes de fleurs sur les parties anguleuses !... Et savoir toujours défendre l’art français, le poids d’amour et de patience de notre civilisation.