"Le Monde" : l'organe officiel de la pensée unique

Publié le par Café Bleu

Voici un texte intéressant qui analyse la position réductrice du journal "Le Monde" vis à vis du pontificat de BENOIT 16, et qui montre surtout à quel point ce journal prend les français pour des imbéciles.

Bref, voici un cas d'école d'analyse de la pensée unique qui cherche à réduire et déformer ce qui sort de son horizon de plus en plus simpliste:

 

Le Monde estime que l’Eglise de Benoît XVI est inadmissible

«Nous avons cru à l’amour de Dieu : c’est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie.» Benoît XVI, Deus Caritas est.

Contre l’Eglise catholique, on a le droit de dire n’importe quoi

Pas de trêve pascale pour la désinformation :

À la une du Monde des 8-9 avril (au dessus d’une énorme photo de crucifix),  ce titre : « Pâques – Renouveau spirituel et conservatisme militant dans les Églises » (1).  Le titre coiffe un « dossier » :  l’éditorial en page 2, quatre brefs articles en page 8, un entretien avec le directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem en page 12, et un article sur le voile islamique à l’école, en page 13.  Cette page 13 étant hors sujet, et la page 12 confirmant ce que tout le monde savait déjà (2), regardons la page 8 et la page 2. Elles sont éloquentes :

En page 2, l’éditorial s’intitule « L’Eglise à reculons ».

C’est un collage d’éléments disparates. Censés prouver quoi ? Que l’Eglise de Benoît XVI est inadmissible. Aux yeux de qui ?  « De ceux, croyants ou non, pour qui la vocation du christianisme s’exprime davantage dans l’aide aux populations marginalisées que dans [le] pointillisme disciplinaire, dans le soutien à ceux qui souffrent que dans [la] tentation rétrograde ».  « Pointillisme » et « rétrograde » désignant l’œuvre de Benoît XVI dans le langage du Monde, cette phrase signifie que l’on ne peut pas secourir « ceux qui souffrent »  si l’on adhère vraiment à l’Eglise (3) !  Cette fausse opposition (spirituel contre social) est l’axiome du politiquement correct. Son but n’est pas d’aider « ceux qui souffrent », mais de combattre l’Eglise romaine.  

Qu’est-ce que ce « pointillisme juridique »  de l’Eglise, allégué par l’éditorialiste ?  Il oublie de nous le dire.

Et qu’est-ce qu’il appelle « tentation rétrograde » ?  Il le dit, avec quatre arguments : la Pologne « ultra catholique », les évêques espagnols méchants envers Zapatero,  les évêques italiens « jouant leur va-tout », et le pape Ratzinger nous imposant cruellement l’angoisse de la « messe en latin »… Tout ça en vrac, pour prouver que le pape Benoît XVI pousse l’Eglise dans la mauvaise direction.

Or ces quatre arguments sont dérisoires :

1 – La Pologne. « On peine à comprendre », écrit l’éditorialiste, qu’une radio polonaise « ultra catholique » soutienne « en toute impunité » l’actuel gouvernement polonais.

(Mais il n’y a rien à comprendre ! L’Eglise n’est pas responsable de cette radio, qui ne dépend pas d’elle mais d’un groupe privé dont la politisation et l’extrémisme ont été condamnés  – explicitement et publiquement –  par  Rome et les évêques polonais).

2 -  L’Espagne.  Selon l’éditorial du Monde, les évêques espagnols commettent la faute de « harceler » un gouvernement « socialiste ». Pourquoi le harcèlent-ils ? Parce qu’ils le tiennent « pour le plus anticlérical de l’histoire ». L’éditorialiste n’en dit pas plus : l’absurdité de ce motif lui paraît évidente et suffisante.

(Le motif des évêques n’est pas absurde. M. Zapatero est non seulement anticlérical, ce qui serait bénin, mais antichrétien : ce qui est une agression. Les chrétiens espagnols résistent donc à M. Zapatero. Il y a conflit. C’est regrettable. Mais ça ne prouve pas que l’Eglise de Benoît XVI soit saisie d’un vertige rétrograde… C’est plutôt M. Zapatero qui retourne à 1936 ! Bizarre façon de construire l’avenir).

3 -  L’Italie.   Dans ce pays, dit l’éditorial, l’Eglise « joue son va-tout ».  Contre quoi ?  Contre des projets de loi tendant à introniser les Nouvelles Mœurs dans la péninsule…

(En réalité, l’Eglise italienne ne joue aucun « va-tout ». Elle n’a besoin d’aucun coup de poker (4). Au contraire, elle jouit d’une santé et d’une popularité enviables !  Mais l’éditorialiste écrit quand même : « va-tout ». Pourquoi ?  Parce que l’actuel affrontement en Italie se déroule sur la question des Nouvelles Mœurs… Celles-ci sont vues par beaucoup de journalistes comme l’enjeu ultime, le sommet de l’époque, l’horizon indépassable de la postmodernité ; ils ramènent tout à cette question, et considèrent que l’Eglise catholique se saborde en osant critiquer les Nouvelles Moeurs. L’éditorialiste du Monde fait comme ses confrères).

4 - Benoît XVI et « la messe en latin ». 
L’éditorialiste croit le savoir : c’est en mai qu’un « décret papal » va libéraliser l’ancien rite de l’Eglise (« messe en latin, dos tourné au peuple »). Il affirme :  a) que cette libéralisation est un sujet d’angoisse pour les catholiques français, « attachés à l’héritage du concile des années 1960 » ;  b)  que le pape cherche à « flatter les tendances les plus conservatrices de son Eglise ».

(En réalité, les sondages montrent que les catholiques français ne voient pas d’objection à des messes tridentines là où des fidèles le demanderaient. Tout le monde sait que ce ne serait pas la ruée, et que l’on n’imposerait ce rite à personne. Quant au concile Vatican II, l’éditorialiste ne l’a visiblement pas lu. Enfin, qualifier de « juridisme » la pensée liturgique de Benoît XVI est une ânerie. Et il est risible de prétendre que ce pape cherche à « flatter » quiconque. La seule excuse de l’éditorialiste serait de ne l’avoir jamais rencontré, mais je ne parie même pas là-dessus). 

Bouquet final : l’éditorial déclare que les «combats » de Benoît XVI sont « largement incompris » de l’opinion publique !  En effet : ainsi présentés par Le Monde, personne ne risque de les comprendre.

Page 8, une désinformation « libérale » contre Mgr Léonard.

Article sur trois colonnes : « Conflit au sein de l’Eglise belge sur l’attitude face à la société libérale »… Comme souvent dans Le Monde, le contenu de l’article ne vérifie pas ce qu’annonce le titre. Aucun « conflit au sein de l’Eglise belge » n’apparaît dans ce papier du correspondant bruxellois Jean-Pierre Stroobants. L’article vise simplement l’évêque de Namur, Mgr André-Mutien Léonard, tête de turc des libéraux-libertaires belges qui l’accusent d’être « proche de Rome ». (Il s’en honore). 

Que lui reproche-t-on cette fois-ci ? Une « interview retentissante », le 4 avril, dans laquelle il aurait décrit les homosexuels comme des « anormaux ».  

Le Monde insiste : « Après coup, Mgr Léonard a nié avoir utilisé le terme ‘‘ anormaux’’  pour décrire les homosexuels. Un enregistrement de l’entretien confirme toutefois qu’il a bien usé de cette formule. »

Mais la bande magnétique de Télé-Moustique (l’hebdomadaire qui a réalisé l’interview de l’évêque) contredit Le Monde : dans cet enregistrement, on entend  Mgr Léonard dire qu’à son avis l'homosexualité est « une anormalité », mais que ce jugement vise le comportement et non les personnes.

Donc :

- l’évêque n’a pas traité les homosexuels d’anormaux,

- ce qu’il a dit contre les pratiques homosexuelles (et pour la bienveillance envers les personnes) ne faisait qu’exprimer la position habituelle de l’Eglise catholique sur la question,

-  « Transcrire cela en disant que j’ai déclaré que les homosexuels étaient des anormaux est un grave abus de langage », conclut-il.

Le Monde a commis cet abus. C’est un signe des temps, sous deux angles :

a)  il y a une différence radicale entre le fait de critiquer des comportements et celui de s’en prendre à des personnes. Nier cette différence, c’est interdire tout débat, et c’est réduire les individus à leurs actes : confusion qui peut ouvrir la porte au pire, comme on l’a vu dans le passé.

b) Ce type d’amalgame et d’abus polémique se justifie, chez des médias, par leur désir de faire taire l’Eglise catholique. Dans le reste de l’interview, en effet, Mgr Léonard porte, sur d’autres questions de société, des jugements très fermes mais qui sont aussi ceux de l’Eglise. Lui reprocher ces jugements, c’est vouloir interdire de parole le catholicisme.

Le fait que Mgr Léonard soit un possible successeur du cardinal Danneels à la tête de l’Eglise belge, n’est pas pour rien dans l’offensive qui se déclenche. Menée en Belgique par les  holebis (« homosexuels-lesbiennes-bisexuels ») du mouvement postchrétien Evangelie Levensnabij (5),  elle est relayée en France par une presse qui prend le risque de s’identifier à l’arrière-garde (très vieillissante) du « progressisme » des années 1970.

Dernier point : noter le mot « société  libérale » dans le titre de l’article du Monde.  Il y a peu, le même journal titrait : « L’Eglise sera vaincue par le libéralisme ».

Notes:
(1) La notion de  « conservatisme » n’a aucun sens en matière de foi.
(2) que le fondamentalisme (interprétation littérale des Écritures) est incompatible avec la pensée catholique. (Donc cet entretien réfute le reste du « dossier » du Monde, qui pousse à croire que l’Eglise de Benoît XVI dérape vers le… fondamentalisme !).
(3) Au contraire : c’est au nom du Credo que Vincent de Paul, mère Teresa ou Mgr Romero ont voué leur vie aux pauvres. (Par ailleurs, on ne savait pas que les financiers ultralibéraux proches du Monde avaient un tel souci de « ceux qui souffrent »).
(4) L’Eglise ne joue jamais de coup de poker, nulle part. Ce n’est pas son genre. Un éditorialiste peut-il oublier cela ?
(5) fondé en 1985 contre Jean-Paul II.
 

Sources:  Cathophobie- E.S.M.

Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 09.04.2007 - BENOÎT XVI - EGLISE

Publié dans Inattendu

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