Compte rendu de la conférence de la Fondation JEROME LEJEUNE

Publié le par Café bleu

Compte rendu de la conférence

De Monsieur LEMENE sur

² La Bioéthique au cœur de la Société ²

du 20 juin 2006 :

 

 

Chers Amis,

 

Le Café Bleu a écouté avec attention la présentation de la Fondation JEROME LEJEUNE par son président, Mr LEMENE, qui œuvre à la promotion et à la protection de la vie. Il a ensuite parlé des obstacles que la Fondation rencontre pour faire passer son message et pour agir dans notre société, mettant en évidence le formatage des mentalités et l’idéologie mortifère ambiante en France. Les multiples chiffres et précisions médicales qu’il nous a communiqués mettent en évidence que dès la conception, l'embryon est un être humain, qu'il mérite respect et doit être protégé surtout parce qu’il est fragile et merveilleux. 

L’exactitude de son propos fait de Mr LEMENE un orateur précieux pour sa cause et passionnant pour les gens qui l’écoutent.

 

 

La Fondation JEROME LEJEUNE s’occupe de plus de 1300 handicapés. Son discours se fonde sur une éthique biomédicale, donc sur une pratique et des expériences médicales, à l’opposé d’une doctrine idéologique et ce discours est d’autant plus fort qu’il dévoile l’urgence de la réalité.

Son action s’articule autour de trois axes :

1)     Chercher   2) Soigner   3) Défendre

Sa vocation est d’informer sur la trisomie et d’aider et protéger les trisomiques.

Elle fait face à un discours unanime et dévié dans lequel la ²prévention² signifie la suppression du patient plutôt que son accueil et sa guérison, d’où l’absence de recherche et de fonds pour mieux connaître la trisomie et améliorer la vie des trisomiques.

La suppression des pauvres n’a jamais supprimé la pauvreté.

Un exemple du mur idéologique qui fait face à la Fondation est l’article paru dans ² Var-Matin ² en juin dernier et qui crie au scandale car il y a encore 1000 enfants trisomiques qui naissent par an et qui ne sont pas dépistés !!… un article d’une rare violence dans les termes choisis pour qualifier les trisomiques et leurs parents. En réalité, il y a 350 naissances d’enfants trisomiques par an. Les 1000 naissances par an arrivaient à l’époque où il n’y avait aucune technique de dépistage.

C’est tout le problème de la désinformation par les médias et du manque de réflexion non-partisane contre lequel la Fondation doit lutter.

Il faut savoir qu’il y a un important enjeu financier autour des naissances. Il y a 800 000 femmes enceintes par an et cela représente énormément d’argent. D’où l’importance, pour ces firmes, d’exploiter à fond ce marché en vendant à ces femmes un maximum de produits pharmaceutiques, de tests de dépistages. Et pour cela il existe une méthode infaillible : c’est la peur de la catastrophe, et la culpabilisation. Il y a un budget de 100 millions d’euros par an uniquement pour ces tests qui dépistent les quelques 1000 trisomiques qui sont conçus par an. Et 80 mille euros par an pour les tests d’amniocentèse. Or, ce qui est moins dit, c’est que ces derniers provoquent un risque de 2 % de fausses couches, c’est à dire que ces tests provoquent plus de fausses couches qu’ils ne ² dépistent ² d’enfants trisomiques : 2 fausses couches provoquées pour un enfant trisomique ² attrapé ², c’est à dire que deux femmes qui voulaient un enfant n’en auront pas seulement pour attraper le ² trisomique ² qu’il faut éliminer impérativement.

Que cache l’I.M.G (Interruption Médicale de Grossesse) généralisé ? l’infanticide légal du plus faible d’entre nous. Où est la morale dans cette pratique ? Mieux vaudrait n’utiliser que le terme d’I.V.G (Interruption Volontaire de Grossesse) qui au moins n’évoque pas tout un processus de réflexion médicale aboutissant à la suppression de la vie. Tous les régimes totalitaires ont rêvé de réduire la morale à la loi seule et à ce qu’elle autorise. Si le meurtre du plus faible est permis dans une société, sur quoi repose le droit et l’organisation de la vie sociale ? Au nom de quoi organiser la vie sociale ? La loi pouvant changer d’une majorité à l’autre dans le régime qui nous gouverne actuellement, ni la morale, ni la justice ne sont protégées puisqu’elles sont le terrain des luttes électorales, au mépris du droit naturel. Il y a là une menace pour l’état de droit car tout mensonge est porteur de totalitarisme.

Le totalitarisme de la pensée sévit déjà dans notre société en imposant le silence et le mensonge sur ces questions. Une conception sur 700 est un enfant trisomique et cette pathologie n’est pas considérée comme une pathologie prioritaire à soigner, alors que le Téléthon finance la recherche et les aides pour des maladies rares qui correspondent à une conception sur 1500. Pourquoi tuer plus spécialement les trisomiques plutôt que de les soigner alors qu’ils représentent plus d’individus que d’autres maladies bien mieux encadrées ? Aucun fonds n’est alloué à la recherche sur la trisomie. Aujourd’hui, de nouvelles lois apparaissent pour prendre en charge sur le plan scolaire les handicapés et permettre leur insertion mais pas d’aide financière n’est prévue pour faire avancer la recherche médicale. Il y a un décalage entre l’attente des parents et la plupart des chercheurs actuels. Les uns veulent que la recherche soit orientée pour que les trisomiques qui se rendent compte de leur handicap puissent vivre comme tout le monde et les autres ne veulent qu’obtenir quelques points de Q.I supplémentaires.

 

La Fondation JEROME LEJEUNE trouve des fonds pour payer des recherches et des consultations pour leurs patients trisomiques car 40 % seulement des frais sont pris en charge par l’assurance maladie. Elle soutient aussi les familles ou les femmes qui le souhaitent en organisant des parrainages entre anciens et récents proches de trisomiques. Ainsi, les personnes bien intentionnées découvrent qu’avoir un enfant trisomique est une épreuve – certes  peu enviable, mais une épreuve comme on en rencontre d’autres dans la vie. Et comme toute épreuve, il faut l’accepter puis la surmonter si l’on veut être heureux, ce que l’on découvre très possible avec un enfant trisomique.

Le but de la Fondation est d’aider à la guérison de ces malades. La cardiopathie (déformation du cœur) est déjà soignée dès la naissance, d’où l’intérêt du dépistage prénatal bien utilisé. De même, d’autres problèmes physiques peuvent être soignés.

La trisomie a pour origine le mauvais dédoublement (méiose) des chromosomes d’une cellule sexuelle. Chaque cellule sexuelle a 23 chromosomes donc lors du dédoublement en apparaissent 46. La trisomie résulte de la multiplication par trois du chromosome 21, ce qui donne 47 chromosomes et crée un déséquilibre. Une maladie du même type mais plus rare existe qui est la monosomie, c’est-à- dire que le chromosome 21 ne se multiplie pas du tout donnant un total de 45 chromosomes après le dédoublement des chromosomes de la cellule. Il existe d’autres formes de maladies encore plus rares ayant pour origine un problème de dédoublement sur d’autres chromosomes que le 21. Le chromosome 21 est le plus petit, donc possède moins de gênes. En avoir un de plus donne un handicap moins grand qu’avoir un chromosome 13 ou 18 de plus, chromosomes qui comportent plus de gênes donc plus d’informations.

Ce problème lors du dédoublement des chromosomes d’une cellule sexuelle est une piste de recherche sérieuse qu’il faut approfondir et c’est ce à quoi la Fondation s’emploie.

Une deuxième piste serait d’inhiber par voie biochimique les réactions chimiques du troisièmes chromosome 21 pour le rendre inopérant et donc limiter le déséquilibre qu’il crée.

D’autres voies peuvent être explorées et méritent qu’on s’y intéresse. Il s’agit des techniques de médecine douce ou préventive. Par exemple, on a constaté que moins d’enfants naissent atteints de la spidafiba (malformation qui fait que la moelle épinière n’est pas refermée), depuis que les femmes en Angleterre consomment plus d’acides foliques (que l’on trouve principalement dans les légumes verts), avant et pendant la grossesse. Peut-être existe-t-il une méthode analogue à découvrir qui limiterait le risque de transmettre une pathologie trisomique à l’enfant ?

La médecine diagnostique est toujours plus rapide que la médecine thérapeutique.

 

Si la question est ²mon droit, mon confort² avant tout, alors il n’y a plus de limites à la science : si on veut un enfant blond, intelligent, noir, … tous les moyens seront bon.

Il y a des injustices flagrantes dans la pratique de l’avortement :

Pourquoi la mère détient-elle le droit de tuer son enfant même si cela va contre l’avis du père ?

Pourquoi le droit de la mère est-il supérieur au droit de l’enfant ?

Où est l’égalité dans tout cela ?

Une vie humaine commence au moment où toute l’information apportée par le spermatozoïde est réunie à celle apportée par l’ovule. Dès la pénétration du spermatozoïde se trouve réalisé un être nouveau. Le patrimoine génétique unique de la personne est déterminé à ce moment là. Non pas un homme théorique mais le premier stade de développement de celui qu’on appellera plus tard Paul ou Virginie. L’embryon est donc un organisme, un être vivant. L’embryon humain est un être vivant avec un patrimoine génétique humain. C’est donc bien un homme (extrait du livret Manuel Bioéthique des Jeunes, que vous pouvez vous procurer sur simple demande à la fondation).

Aux U.S.A, le débat sur ces questions a lieu, c’est un enjeu dans la société, c’est une priorité pour les évêques.

Il y a une véritable dictature du bonheur dans notre société. Tous ce qui sort de ce cadre et qui ne correspond pas à cette image du bonheur doit être supprimé. Spécialement les êtres les plus faibles sous prétexte qu’ils ne seront pas heureux si on les laisse vivre… comment savoir ?

 

L’entrave à l’I.V.G est un délit, c’est-à-dire une faute supérieure à une contravention en droit donc vraiment grave, presque un crime. Et l’interprétation du mot " entrave " est très vague et est laissé aux bons soins du juge…

Simone de BEAUVOIR a dit : « L’avortement est la clef de l’entrée dans la féminité ». Cela laisse imaginer où elle plaçait sa féminité et plus largement, en tant que symbole d’une époque et d’une génération, ce que la féminité représente aujourd’hui.

Il est clair que ce n’est pas la meilleure voie d’épanouissement pour une femme. Il n’y a qu’à voir le drame psychologique qu’est l’avortement pour la plupart des femmes qui y ont été poussées.

 

          Outre le travail de recherche sur la maladie et de suivi des trisomiques, c’est tout un travail d’information de l’opinion publique qui est nécessaire et auquel s’emploie la Fondation JEROME LEJEUNE ainsi que d’autres associations pour la vie. Il faut faire changer la façon dont les plus faibles, ceux qui ont des problèmes, sont acceptés dans notre société. C’est l’apanage de tout état de droit d’accueillir en son sein et de prendre soin des plus déshérités de ses enfants. C’est une action d’éducation qui est nécessaire et qui doit commencer dès aujourd’hui et auprès des plus jeunes de notre société pour que le futur soit plus humain que le présent.

 

EVH

Le 2/10/2006

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