France fin 2005, bilan

Publié le par Café bleu

Compte rendu de la conférence
de Hilaire de CREMIERS
sur ″France fin 2005, bilan″
du 22 novembre 2005
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a inauguré sa création en invitant Hilaire de CREMIERS, directeur de POLITIQUE Magazine, à venir nous entretenir de la situation politique et sociale de la France. M. de CREMIERS est le principal soutien du Café Bleu et c’est naturellement qu’il a assuré cette conférence. Nous avons été honorés de sa présence.
 
La France offre aujourd’hui le visage caricatural d’un pays sans chef, sans ligne de conduite, et qui s’obstine à refuser ou à ne pas admettre l’autorité d’un chef légitime. La qualité est pourtant toujours là parmi nos compatriotes. Que se soit dans le secteur artisanal, industriel, intellectuel, artistique. Ici et là, de brillants exemples du génie français font étalage de la capacité de ce peuple à travailler avec excellence dans le cadre de projets ambitieux, collectifs et précis, que ce soient des entreprises, des associations.
Mais il n’y a personne pour fédérer cette énergie et lui donner un sens supérieur à celui de la prise de bénéfices, de la réussite commerciale ou économique. Le seul sens fédérateur proposé aujourd’hui est celui de l’échange culturel, de l’acceptation de l’autre en tant qu’individu différent refusant de s’intégrer ; on sait ce qu’il en est et la difficulté de mettre en œuvre et d’appliquer des projets précis avec une pareille politique idéologique et utopique. Les résultats de cette vision de la société sont : 562 zones urbaines sensibles (de non droit), 40% de chômage dans ces zones qui vivent grâce à une économie parallèle que les gouvernants n’osent pas court-circuiter de peur d’un déferlement de ″mécontentement″ sur la capitale et les grandes villes.
Les récentes émeutes sont à prendre comme un avertissement. Sur les 9000 arrestations de casseurs, il n’y a eu que 9 reconduites à la frontière - beaucoup étant mineurs donc intouchables. Les autorités se sont retrouvées une nouvelle fois mises devant le problème de l’immigration et de l’islamisation de ces populations immigrées. M. SARKOZY ayant décidé de donner des représentants à l’Islam en France, il a donné, par voix de conséquence, une nouvelle dimension à cette religion dans notre pays. Le système démocratique et républicain à la française étant considéré comme un dogme universel, comme un aboutissement immuable, bref comme la vérité, l’Islam est donc devenue elle aussi ″universelle″. Or, la République se veut laïque, et la laïcité est une notion étrangère à la religion de Mahomet, une notion qu’elle ne tolère pas. Comment ne pas se demander ce qu’attendent ces nouveaux responsables musulmans ? Comment ne pas comprendre que cette démarche n’est vue par eux que comme une étape ? Il serait bon d’y réfléchir, pour l’avenir de la France, qui comprend 40 millions de Français de souche et 20 millions de Français d’origine étrangère dont 10 millions qui ne veulent pas s’intégrer et sont des mahométans pratiquants qui attendent la venue du ″Medhi″ qui vaincra… Comment ne pas espérer un changement dans la politique d’immigration quand on constate que grâce au droit du sol, et au fait que la République ne reconnaît que des individus, chaque étranger ayant un titre de séjour a droit à 500 euros d’allocations alors que, pour la plus-part, ils ne gagnent qu’un euro par jour, ce qui justifie les cagnottes confiées à un membre d’un village qui est chargé d’aller toucher cette prime ?
Le problème, mis en avant depuis des dizaines d’années et qui devient criant aujourd’hui, est qu’une démocratie médiatique est incapable de trouver des solutions réformatrices de fond ni d’inciter les Français à œuvrer pour le bien commun. Nos hommes politiques ne connaissent comme seul code de conduite que les lois qui permettent de se vendre le mieux. Leur but est l’élection à venir et toute leur action est tournée vers cette courte échéance. Quand Jacques CHIRAC dit : ″La République ne connaît pas de zones de non droit″, on est face à l’illustration du problème de la politique médiatique. Il faut plaire aux foules pour acquérir un semblant de légitimité, quitte à affirmer des faits tout en sachant pertinemment qu’ils sont faux. Car le chef actuel de l’état actuel ne peut qu’être au courant des chiffres réels concernant l’insécurité et les économies parallèles, ses propres préfets ne cachant qu’à moitié leur effarement et leur impuissance. En effet, la norme (censée apaiser les esprits) étant aujourd’hui de 52 voitures brûlées par nuit.
Il y a de plus une cassure entre les élites politiques actuelles et le peuple français. Habitués aux chiffres et statistiques qui évoluent par paliers depuis longtemps, ils ne sont pas alarmés par les conséquences dans la vie de tous les jours de leurs décisions médiatiques, n’en voyant eux-mêmes pas les conséquences, isolés dans leur quadrilatère privilégié (le Sénat, l’Assemblée Nationale, l’Elysée, Matignon). Cette cassure n’est pas nouvelle. On peut constater que se sont des parlementaires démocrates qui ont mis sur pied la séparation des couches sociales par quartiers dès le XIXe siècle, donnant ainsi naissance aux ghettos, lorsqu’il a fallu faire face aux effets collatéraux de l’industrialisation ; qu’une fois la déclaration de guerre votée, il y n’a eu que 6 députés engagés sur les champs de bataille de la première guerre mondiale…qui paye : le peuple français.
La liste des erreurs issues de l’irresponsabilité démocratique est aujourd’hui trop longue pour perdre du temps à accabler nos gouvernants actuels. La situation est telle que la société se divise en communautés dont les frontières et les droits se chevauchent de plus en plus, donnant lieux à des conflits. Ces conflits sont pour l’instant arbitrés par les tribunaux, qui sont eux-mêmes débordés.
Le travail de notre police est de plus en plus compliqué car elle doit faire face à l’augmentation des délits et crimes avec des outils de plus en plus réduits par l’idéologie démocratique et médiatique. Il faut savoir que la loi d’exception qui a été votée en réponse aux émeutes fin 2005 avait été utilisée en 1955 en Algérie française dans la même situation pour le résultat que l’on connaît… C’est l’excellence de notre police et la D.S.T qui fait tenir l’Etat (la D.S.T a désamorcé 5 attentats fin 2005). Que faut-il souhaiter aux chefs de la police qui accomplissent leur devoir malgré les perspectives de plus en plus sombres que seuls eux peuvent appréhender mieux que personne ?
 
La France a besoin d’un chef d’Etat indépendant des partis. D’un chef qui ne perde pas de temps et ne soit pas limité par le fait d’acquérir une légitimité, évitant ainsi aux Français les divisions et les souffrances des campagnes électorales, des manifestations haineuses. Un chef qui soit l’héritier d’un pouvoir légitime et dont le souci soit l’utilisation de ce pouvoir pour le bien commun, faisant ainsi la joie et l’unité de son peuple.
 
 EVH
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article