Très intéressant!!!
cliquez sur le lien :
attention!!! cela dure pret de 50 minutes
“POLITIQUE MAGAZINE”
Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
www.politiquemagazine.fr
La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau.
Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma..
tous est analysé par des grandes plumes.
L'exemplaire: 15 euros.
L’abonnement d'un an: 60 euros, étudiants : 40 euros
La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris
LA “NOUVELLE REVUE UNIVERSELLE”
Très intéressant!!!
cliquez sur le lien :
attention!!! cela dure pret de 50 minutes

tableau : Jean Raspail par Jacques Terpant
« Vous dirai-je « tu », ou bien me diras-tu « vous » ? »
« S’il existe en français, pour s’adresser à autrui, deux pronoms personnels de la deuxième personne, l’un au singulier, TU, l’autre ou pluriel, VOUS, appelé pluriel de politesse, c’est que notre langue se plaît à certaines nuances qui sont les bases de la civilité. Il ne s’agit pas là de code, de formalisme de classe, de snobisme, de règles mondaines, mais simplement d’usages naturels, qui se perdent et qui faisaient, entre autres, le charme et l’équilibre de la France et le plaisir d’être Français.
Ce plaisir-là s’émousse. On me dira que d’autres motifs plus graves et plus irritants y concourent, d’autres lésions de civilisation, et que c’est considérer les choses par le petit bout de la lorgnette, mais dans ce seul domaine de la civilité, de petites causes peuvent entraîner de grands effets dévastateurs.
La Révolution française, jusqu’à l’avènement du Directoire, savait ce Qu’elle faisait en imposant le tutoiement général et en interdisant l’emploi des vocables Monsieur et Madame qui marquaient au moins une déférence réciproque : elle égalisait au plus bas niveau, celui du plus grand dénominateur commun de la familiarité.
Aujourd’hui, ce sont d’abord nos enfants que nous voyons condamnés à être partout tutoyés, comme sous la Révolution. Je ne m’en prends point au tutoiement naturel d’affection et d’intimité (la famille, les amis), ou de solidarité (les copains, les camarades,), mais à celui que leur infligent systématiquement les adultes, comme si l’enfant n’avait pas droit au respect et à la liberté de choisir selon son coeur et ses humeurs qui a, ou qui n’a pas, le loisir de le tutoyer.
D’une façon significative, et qui ne doit rien au hasard, cela commence dès L’école, où plus un instituteur ne prend la peine de vouvoyer (ou voussoyer) un enfant. Au premier jour de classe, l’ex-maître devenu enseignant par banalisation de la fonction et refus de cette sorte de sacerdoce qu’elle représentait autrefois, ne demande plus à l’enfant dont il fait connaissance: « Comment vous appelez-vous ? », ce qui serait au moins du bon français, mais : « C’est quoi, ton nom ? »
Sans que l’enfant en ait conscience, le voilà déjà rabaissé, marqué comme un élément de troupeau. On lui eût dit « vous » d’emblée, ainsi qu’à ses camarades, qu’ils en auraient retiré, tous ensemble, l’impression d’être considérés et appelés à de grands destins, ce qui est faux, naturellement, pour la plus grande partie d’entre eux, mais représente quand même un meilleur départ dans la vie que d’être ravalés dès l’enfance au matricule du tutoiement.
Le jeune élève va être vite conditionné. Dès qu’il saura lire et écrire, ses premiers livres « d’éveil » lui poseront leurs premières questions sous la forme autoritaire du tutoiement : « Dessine ici un arbre, une vache.... » ou encore : « Ecris les noms des fleurs que tu connais »
Ce n’est pas bien méchant, mais c’est ainsi que le pli se prend.
Au catéchisme, devenu catéchèse, l’accueil en TU n’est pas différent, mais ses effets en sont plus marquants, car il s’agit de choses plus graves : c’est l’âme qui se fait tutoyer d’entrée. L’ouvrage « Pierres vivantes » qui fit couler tant d’encre à cause de certaines énormités qu’il contient, distille son enseignement par le biais d’une complicité, et non d’un magistère, que le tutoiement impose à l’enfant.
Tout cela semble si bien admis, que c’est un aspect des choses que personne, à ma connaissance n’a jusqu’à présent souligné. On pose pour principe que l’enfant s’y trouve plus à l’aise. C’est sans doute vrai au premier degré.
Cette pente-là est facile et semble toute naturelle. C’est justement pourquoi l’on devrait s’en méfier...
Car dans cet immense combat de société qui divise le pays depuis déjà longtemps, et qui est loin d’être terminé, quelles que soient ses péripéties politiques, nos enfants sont un enjeu formidable : ils représentent l’avenir. Tout se tient et c’est au nom de l’égalitarisme et de l’uniformité larvée qu’on prive ainsi l’enfant de la déférence élémentaire et du respect
qu’on lui doit.
Le tutoiement qui sort de la bouche d’un instituteur, fût-il de L’enseignement privé, et de la plupart de ceux qui font profession de S’occuper des enfants, est d'abord un acte politique, même s’il est inconscient. Cela fait partie du dressage, et cela donne des résultats.
Déjà, une bonne partie de la France adulte, et toute la France juvénile, se tutoient, dans un grand dégoulinement de familiarité, qu’on appelle aujourd’hui la CONVIVIALITÉ, mot de cuistre, alibi de cuistre, camouflage de cuistre. De la convivialité à la vulgarité, le pas est vite franchi.
Dans de nombreux milieux du travail, le tutoiement devient un passeport obligatoire, dont on ne saurait se passer sous peine de déviationnisme bourgeois, alors que, chez les compagnons d’autrefois, c’était le vouvoiement qui marquait l’esprit de caste. De CASTE, pas de classe.
Au sein du parti communiste, comme du parti socialiste, dans la « République des camarades », le tutoiement est de rigueur. Seul François Mitterrand y faisait exception lorsqu’il était premier secrétaire de son parti. Il détestait qu’on le tutoie, et allait jusqu’à l’interdire, ce qui montre assez bien, à mon sens, que son socialisme était seulement d’ambition et non de conviction...
Mais, pour le commun des Français, aujourd'hui, il importe de ne pas être FIER, car ce mot-là, justement, par ce qu’il entraîne de dignité et de sentiment élevés, est devenu l’un des nouveaux parias de notre vocabulaire.
Cela peut paraître sympathique, amical, empreint de simplicité. En réalité, ce n’est qu’un piège. Quand les convenances du langage tombent, l’individu perd ses défenses naturelles, rabaissé au plus bas niveau de la civilité.
N’a pas d’autre but non plus la destruction de la langue française préparée dans les laboratoires subversifs de l’Education nationale, et dont on mesure déjà les effets...
Pour ma part, j’ai été dressé autrement. Je me souviens de la voix du maître qui tombait de l’estrade : «Raspail! Vous me copierez cent fois...» ou : «Raspail! Sortez!»
J’avais neuf ans. C’était juste avant la guerre, dans une école laïque de village. Plus tard, au lycée (et ce n’est pas pour rien qu’on a cassé certaines façons, là aussi), les professeurs nous donnaient naturellement du MONSIEUR sans la moindre dérision : « Monsieur Raspail, au tableau ! » On se vouvoyait entre condisciples, réservant le tutoiement à un nombre restreint de camarades choisis.
Choisir, tout est là ! Ne rien se laisser imposer sur plan des usages, ni le tutoiement d’un égal, ni à plus forte raison celui d’un supérieur. Il y avait une exception, de ce temps-là : le scoutisme. Je me souviens de ma surprise quand je m’étais aperçu, à onze ans, qu’il me fallait tutoyer cet imposant personnage en culottes courtes qui devait bien avoir trente ans, et qui s’appelait le scoutmestre, et qu’à l‚intérieur de la troupe tout le monde se tutoyait aussi avec une sorte de gravité. Mais il s’agissait là d’une coutume de caste, d’un signe de reconnaissance réservé aux seuls initiés, comme la poignée de main gauche, l’engagement sur l’honneur, et les scalps de patrouille, car le scoutisme avait alors le génie de l’originalité, une soif de singularité forcenée, dont nous n’étions pas peu fiers. On se distinguait nettement de la masse, on s’élevait par degrés à l’intérieur de cette nouvelle chevalerie, mais il fallait s’en montrer digne.
En revanche, on vouvoyait Dieu. Cela nous semblait l’évidence même. La prière scoute chantée commençait ainsi: « Seigneur Jésus, apprenez-moi à être généreux, à Vous servir comme Vous le méritez... » C’est la plus belle prière que je connaisse. Il m’arrive encore de m’en servir. Voit-on comme la musique des mots eût été différente à la seconde personne du singulier, et comme elle parlerait autrement à l’âme: « ... A Te servir comme Tu le mérites. » ? C’est sec, cela n’a pas de grandeur, cela ne marque aucune distance, on dirait une formalité. Et cependant, aujourd’hui, c’est ainsi que l’on s’adresse à la Divinité, on lui applique le tutoiement le plus commun en français. Et le reste a capoté en série: la liturgie, le vocabulaire religieux, la musique sacrée, le comportement de la hiérarchie, la laïcisation du clergé, la banalisation du mystère, si l’on s’en tient aux seules lésions apparentes. Dieu est devenu membre du parti socialiste. L’usage est de le tutoyer.
Au chapitre des habitudes, ou plutôt des attitudes, j’ai conservé celle de vouvoyer aussi les enfants qui ne me sont pas familiers, et d’appeler Monsieur ou Mademoiselle les jeunes gens que je rencontre pour la première fois. La surprise passée, ils me considèrent avec beaucoup plus de sympathie, et j’ai même l’impression qu’ils m’en sont reconnaissants. Nous tenons des conversations de bien meilleure venue, et les voilà qui se mettent à surveiller leur langage, c’est-à-dire à s’exprimer correctement en français, comme si d’avoir été traités avec déférence leur donnait des obligations nouvelles et salutaires. Les négations et les liaisons réapparaissent
miraculeusement dans la phrase (je n’ai pas, au lieu de j’ai pas, c’est-t-un an lieu de c’est-h-un, etc.), la prononciation se redresse (je suis, pour chuis, je ne sais pas, pour chais pas, etc.), le goût de l’élégance verbale ressuscite. Faites vous-même l’essai, vous verrez. La dignité du langage et la dignité de la personne se confondent le plus souvent. Voilà pourquoi l’on parle si mal en ce moment.
Oserai-je avouer ici que mes enfants me vouvoient, et vouvoient également leur mère ? Cela depuis leur plus jeune âge, et sans aucun traumatisme. Sans vouloir convertir personne à ce qui peut paraître une ostentation, là aussi il faut constater que le langage courant au sein de la famille s’en trouve naturellement affiné. Et même dans les affrontements, qui ne manquent pas, un jour ou l’autre, vers la fin de l’adolescence, d’opposer les enfants à leurs parents, le vouvoiement tempère l’insolence et préserve de bien des blessures. Il en va de même entre époux, encore que ce vouvoiement-là soi devenu aujourd’hui une sorte de curiosité ethnographique, et Dieu sait pourtant les services de toutes sortes qu’il rend. Je le pratique depuis trente-cinq ans que je suis marié. C’est un jeu divertissant, dont on ne se lasse jamais.
Même dans le langage le plus routinier, l’oreille est toujours agréablement surprise. Les scènes dites de ménage, fussent-elles conduites avec vigueur, s’en trouvent haussées à du joli théâtre. On a envie de s’applaudir et de souper ensemble au champagne après le spectacle.
Toutes les femmes qui ont compté dans ma vie, je les ai toujours voussoyées, et réciproquement, pour l’honneur de l’amour en quelque sorte. Puis-je espérer, sans trop, y croire, que, tombant sur cette chronique, un jeune couple s’en trouvera convaincu, au moins curieux de tenter l’expérience ? En public, ils étonneront les autres, ce qui est déjà une satisfaction en ces temps d’uniformité où se nivellent médiocrement les convenances sociales. En privé, ils s’amuseront beaucoup aux mille et une subtilités, du vous, et je prends le pari qu’ils ne rebrousseront pas chemin de sitôt.
Dans un tout autre domaine, j’assistais récemment aux obsèques d’un ami cher, Christian, de son prénom, mais il avait aussi un nom, fort joli nom d’ailleurs. Eh bien, le prêtre, qui l’avait jamais vu vivant, qui ne l’avait même jamais vu du tout, le trairait à tu et à toi, selon les piètres dispositions du nouvel office des morts : « Christian, toi qui.. Christian, toi que... Christian, Dieu te... et ta famille... » Exactement comme pour les enfants sans défense ! En vertu de quoi, au nom de quoi, la familiarité doit-elle répandre ses flots visqueux jusque sur les cercueils ? Bossuet tutoyait-il les princes en prononçant leurs oraisons funèbres ? Or chaque défunt est un roi, enfin couronné, et sacré à jamais. Quant au nom patronymique de Christian, celui sans lequel le prénom de baptême n’est rien, il ne fut pas une seule fois prononcé ! Et pourquoi pas la fosse commune obligatoire, dans la même foulée...
Car me frappe tout autant, l’emploi généralisé du prénom seul, en lieu et place du patronyme précédé on non du prénom, et cela dans toutes les circonstances de la vie où il n’est pas nécessaire de présenter une carte d’identité : « C’est quoi, ton nom? Serge. Moi, c’est Jocelyne... » Serge qui ? Jocelyne qui ? Les intéressés eux-mêmes semblent ne plus, s’en soucier. Il y a des dizaines de milliers de Serge, des dizaines de milliers de Jocelyne, alors qu’il n’existe qu’un seul Serge X., qu’une seule Jocelyne Z. Mais on se complaît dans l’anonymat. On y nage à l’aise, on s’y coule avec délices, on n’y fait pas de vague, semblable aux milliers de milliers, on n’éprouve pas le besoin de faire claquer son nom comme un drapeau et de brandir ce drapeau au-dessus de la mêlée.
Qu’on se rassure, toutefois. Il nous restera au moins à chacun, le numéro matricule de la Sécurité sociale. Celui-là, on y tient.
J’en connais même qui se battront pour ça... »
Jean Raspail



diplomé de l'Institut de Langues Etrangères et de Relations Internationales,



« La femme dans l’art »
Marie Françoise Ousset
Conférence-projection
Compte rendu
24 mai 2007
Introduction
Dans une ambiance feutrée de moquette agréable et de petite salle conviviale, la soirée s’organise et l’on installe le matériel pour une bonne projection… Au compte-goutte, les invités arrivent et commencent à investir les lieux avant le début des diapos.
La conférence commence, avec une précision quant au sujet : il s’agira de la femme dans l’art français et non plus en général. Car l’art français à lui tout seul est représentatif de beaucoup en la matière.
L’image que l’on peut avoir de la femme dans l’art est représentative de sa place dans la société. Pour tenir le coup dans ce monde qu’est le nôtre, il faut s’imprégner de l’histoire de la France et de sa beauté. Saint Thomas disait : « Nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu » (rien ne peut être par l’intelligence qui ne soit entré d’abord par les sens).
Sachons donc pour la défendre contempler la beauté de la civilisation et à la suite de Simone Weil, redisons : « De remède il n’y en a qu’un : donner quelque chose à aimer aux Français »
S’occuper de l’art et se passionner pour la beauté de l’art n’est jamais du temps perdu.
Paul Valéry ajoutait en écho, cette phrase si vraie : « Rien ne mène à la barbarie plus sûrement qu’un attachement à l’esprit pur » (C’est cette philosophie qui engendrera un Robespierre). Il faut aimer la réalité de la vie.
Malgré un problème de matériel – l’appareil à diapo refusant toute coopération - Madame Ousset s’attaque au vif du sujet par une approche chronologique, où se mêleront photos très sobres et photos plus osées… pour une vérité et une objectivité maximum, car sans être vulgaire l’art français et chrétien n’est pas toujours pudique pour autant !...
Les femmes dans l’art ou l’art de représenter les femmes…
Le premier visage qui nous est présenté est une Vénus de Brassempouy (Landes) sculptée dans un os de mammouth. Cette première femme de la civilisation française n’est que le frémissement d’un art vouée à se développer au long des siècles jusqu’à nous. Sa précision et sa finesse sont à rapprocher des petites mains découvertes à la même époque, et qui attestent de femmes fines et très « humaines », allant à l’encontre de la théorie « simiesque ». La résille qu’elle porte sur la tête nous la présente comme coquette, déjà.
Une seconde Vénus trouvée en Haute Garonne, et travaillé dans de la corne de mammouth révèle une femme forte. Déjà deux aspects de la femme évoqués, grâce à des statuettes de l’ère primitive.
Vers 600 av JC, la Grèce fait son apparition et tend à révéler le corps humain dans sa vérité, les bras décollés du corps. La Vénus Genitrix en est un exemple, et le début d’une histoire d’amour entre la France et la Grèce, une histoire qui dure encore (Foulards Hermès, Chocolat Léonidas…)
Dans sa main une grenade, symbole de la fertilité et témoin d’une des fonctions de la femme et d’une de ses caractéristiques majeures : donner la vie et être mère.
Ses hanches sont parfaites, le drapé de sa robe colle aux jambes (drapé mouillé) tandis que son manteau s’en détache pour donne l’impression de mouvement. Impression confortée par le talon qui se soulève et traduit la marche.
C’est une femme belle avec naturel et très jeunes dans ses traits comme dans son expression : belle sans le savoir, sans arrogance, sans vulgarité…
Sa tête inclinée traduit la rêverie et la douceur (ce qu’on appelle le « calme olympien »).
Elle est l’expression même de l’art grec : comme le dit Aristote (formule inscrite sur les frontons grecs) : « on dit généralement de tout ouvrage convenablement exécuté qu’on ne peut rien lui enlever et rien lui ajoute ». Un art grec qui épure l’âme.
En 480 av JC apparait une déesse sans aucun sentiment qui servira de modèle pendant 9 siècles. Comme si nous nous servions encore des canons de beauté depuis Philippe I.
La Vénus d’Arles (vers 360 av JC) a toujours ce même visage qui pourrait être celui d’un homme.
Très étroite de profil, elle est en fait assez ample de face dans le bas de son drapé. Mais il reste sans intérêt et sans perfection comparé à la tendresse manifestée dans le buste. Un buste refait par Girardon, sculpteur de Louis XIV.
Comme la sculpture, la littérature accorde une grande importance et une grande qualité à la femme.
Cependant ce n’est qu’avec Rome (I av JC) qu’apparaissent les vrais visages.
Après La Piplette (quel siècle ?), une Romaine, magnifique, dont la coiffure, tout en bouclettes, montre le soin et la coquetterie, en même temps que les canons de beauté d’une époque. Mais ces visages, malgré leur beauté, ne sourient jamais. C’est un point commun entre les romains et les grecs : leurs statues ne sourient pas.
Le sourire ne s’esquisse que chez les enfants comme dans cette sculpture, L’enfant à l’oie. Et pourtant les philosophes antiques parlaient de l’homme comme du seul « animal capable de rire ».
Les statues étrusques du VIIe siècle ébaucheront un sourire, mais n’iront jamais plus loin.
Il faudra attendre l’époque du Christ pour voir le sourire fleurir sur les lèvres des statues. Un sourire qui n’empêche pas non plus les autres sentiments de s’exprimer. Un visage de femme, assez fermé, comme boudeur, a été retrouvé à divers endroits.
Et celui d’Aelia Flacillia, première femme de l’empereur Théodose Ier, sans sourire, montre à la fois un visage sérieux et presque douloureux…
Au Ve siècle, les chrétiens sortent de la clandestinité dans des œuvres imprégnées de culture chrétienne : Les femmes au tombeau, L’Ascension…
Ces femmes sont encore souvent habillées à la mode romaine…
Nous ne possédons malheureusement aucun portrait de Clotilde, femme de Clovis (détail : Clovis n’a plus jamais eu de maitresse après son mariage avec Clotilde), et il n’existe aucun portrait officiel avant Jean II Le Bon. « Et d’aucun ajouteront que c’était bien la peine d’attendre si longtemps pour un truc aussi moche », plaisante Madame Ousset.
Au VIIIe siècle apparait dans La Visitation, un geste de tendresse jamais vu auparavant.
Les femmes commencent à prendre une place prépondérante, comme l’atteste un traité d’éducation, écrit par une femme dans le courant du IXè siècle.
Avec la statue de Sainte Erementienne, on note la délicatesse des mains, une tendresse unique et jamais vue jusque là, une élégance dans le mouvement. Jusqu’au XIIe siècle, avec l’avènement de l’art roman. La grandeur nature réapparait depuis les romains principalement dans les statues qui ornent les cathédrales ; Saint Denis, Chartres, Paris…
Puis arrive l’époque Gothique (le « style français » et non le style « barbare ») et l’amour courtois ou le mot hommage qui jusqu’alors désignait le devoir du vassal envers son seigneur, prend un tout autre sens : c’est la soumission d’un homme à une femme. Cette dernière prend de plus en plus d’importance (aux échecs, la dame remplace le ministre).
L’homme est à genoux devant une femme ravie (le nom ?). A la cathédrale de Bourges, on la voit tout sourire. Cet humour dans l’art ne se voit pas dans toutes les civilisations. La civilisation chrétienne est le creuset de l’art heureux, comme en attestent, à partir du XIIIè siècle, les femmes des cathédrales, souvent joyeuses.
A Reims, elles représentent la vie, par leur mouvement et leur drapé saisi dans le vif qui donnent l’impression de bouger encore.
2300 personnages de pierre qui sourient !...
Dont bien sûr la Vierge, que les Français ont été les premiers à imaginer couronnée. Une des raisons pour lesquelles la France est Fille aînée de l’Eglise, avec le nombre de ses saints (numéro 1). Les Vierges se multiplient avec l’art Gothique, Vierges d’ivoire, Vierges de pierre, Vierges mystérieuses… avec un soupçon de Grèce antique dans le port de tête ou de style romain, dans le drapé.
Si belle que l’on s’est demandé à plusieurs reprises si l’ange n’était pas femme ou si la femme n’était pas un ange…
Mais elle peut être aussi un démon, comme représenté à Notre Dame de Paris, en train de faire pipi sur un moine, un évêque, un roi… Au Moyen Age, on savait rire, se moquer et se tourner en dérision.
Petit saut dans le temps : l’appareil, après avoir détruit une ou deux diapositives, refusant obstinément de nous montrer les XIVe et XVe siècles… Nous arrivons donc au XVIIe, avec les mots de Péguy : « Ô mon peuple français, toi qui pleure sans contorsion, toi qui ne verse que des larmes décentes »…
Et une peinture de Chardin, scène intime de Benedicite. Le travail du regard, si difficile en peinture, atteint dans cette œuvre un niveau inégalé : l’aîné et la mère regarde la cadette et l’on sent tous les sentiments qui passent dans ces regards.
Cette perfection se retrouve aussi chez Fragonard, dans son célèbre tableau : La leçon de musique. Toute l’attitude du jeune homme est tendue vers l’écoute de la musique. Il ne lorgne pas dans le décolleté de la jeune fille comme on pourrait le supposer, il écoute la musique qui lui parvient du piano. Et les touches de peinture sont rapides… et fluides.
Avec L’étude de Fragonard, la grâce s’incarne dans le sourire, le mouvement, le port de tête…. d’une leçon interrompue visiblement par l’arrivée inopinée de quelqu’un…
Jamais dans les autres civilisations, on avait dépeint aussi facilement et avec autant de talent, des scènes de la vie familiale, intime…
Les femmes dans la peinture sont aussi le reflet de l’Histoire…
Madame Vigée-Lebrun est entrée au service de Marie Antoinette fort jeune : toutes les deux avaient 22 ans. Fraîche, elle peint son autoportrait et tout est en finesse.
Tout comme le tableau qu’elle réalisa avec sa fille (notons au passage que sa robe taille empire indique que la Révolution est déjà passée, quand en réalité elle est encore aux portes de l’Histoire)
Ce deuxième tableau rappelle que les bras sont faits pour embrasser et que les femmes sont avant tout mères… Et celui de David de Monsieur et Madame Lavoisier rappelle qu’elles sont aussi des femmes attentives, aimantes et aimées.
Lavoisier, grand savant est ici avec sa femme, dans une scène d’intimité entre un mari et son épouse, scène que l’on ne voit que dans la civilisation chrétienne. Un grand savant guillotiné par la Révolution et qui s’entendit répondre quand il ne demandait qu’une semaine de plus pour que ses recherches aboutissent : « La République n’a pas besoin de savant ! »
Et sous la Révolution française, les femmes ne seront plus « vraies »… ce sont des victoires, des vices ou des vertus…
Avec Boilly, la femme prend les traits d’une grand-mère, d’une beauté intelligente. Puis Ingres1 présente ses femmes nues, imprégnées de modes égyptiennes ; monde de harem, femmes mystérieuses et mutines. Ci-contre La Grande Odalisque.
L’art chrétien est un des rares arts à avoir mis des nus, entièrement nus, sur ses édifices. Il n’y a pas de puritanisme dans le christianisme. Et toutes les expressions humaines et les sentiments ont été représentés par l’art chrétien. De la plus grande tristesse à la plus grande joie.
Une Vierge du XVI : l’ironie
A Troyes, une gravité attentive
A Moissac, une attention et une intelligence très modernes
Sainte Irène soignant Saint Sébastien : la pitié et la compassion
La bêtise avec l’Eve d’Autun
La méchanceté, la duplicité et la malice dans ce visage de femme à Strasbourg
Une Marie-Madeleine de mauvaise humeur
Une vanité de La Tour (XVIIe) : la curiosité
L’hypocrisie dans Le tricheur à l’as de carreau de La Tour
La honte et le repentir chez la femme adultère à Chartres
L’humilité et la tristesse de Marie-Madeleine
Sous l’influence du christianisme, toutes les expressions vont trouver leur place dans l’art…
1 On parle du violon d’Ingres, parce qu’il a hésité longtemps entre ses deux vocations : la peinture et le violon ; le violon restant un passe temps…
Le XIXe siècle est riche lui aussi en belles femmes !... La Marquise de Lavalette par le sculpteur Carpeaux, peut paraître arrogante ou orgueilleuse pour le commun des mortels, mais fait preuve surtout d’intelligence et de force. Quand à Mademoiselle Fiocre, actrice à la Comédie française, par le même, elle représente la fierté d’être femme. Son port de tête est magnifique et dans ses yeux passe un peu d’angoisse… le tract de l’entré en scène !... En remontant le siècle, on découvre des scènes de plus en plus intimes, des positions de plus en plus inédites et des expressions toujours plus vraies. Carpeaux nous offre une danse, où « il fait sourire la pierre », et nous propose des mains élégantes et originales… Tandis que trois Grâces, nues, s’ennuient et minaudent, le siècle devient un peu plus puritain comme en témoigne cette scène de Manet, Le balcon, où l’homme plastronne et les femmes habillées des pieds à la tête restent calmes et presque soumises. Les scènes deviennent intimes, parlent de la vie de l’époque, de l’ombre et de la lumière, de la danse, des gestes simples… Le berceau, Berthe Morisot (modèle de Manet). Tout est laiteux, tout dort… Les repasseuses, Degas. Scène très prosaïque. Scène de bâillement et d’étirement unique dans l’art. Les petits métiers sont vus sans dramatisation L’absinthe, Degas… Le couple est éteint. Elle, perdue, et lui en quête d’autre chose… Degas s’arrête aussi à la beauté avec ses célèbres danseuses, filles sveltes mais fortes Toulouse Lautrec peint lui, sans aucune complaisance, que ce soit dans La maison close, où l’on peut lire le désespoir et la compassion, où dans ses autres œuvres sur les relations du couple. Et l’on arrive à Renoir, le peintre de la femme par excellence, et dont la peinture correspond à merveille à cette maxime : « L’art sert à nous faire mieux aimer ». D’autres expressions et sentiments viennent à nous : ici, on dirait que la femme a pleuré, s’est remaquillé trop vite et s’apprête à partir, là on voit l’emprise de la femme sur l’homme en danse … et enfin la joie de vivre dans Le déjeuner des canotiers. Un critique dira de sa peinture : « L’œuvre de Renoir est débordante d’une joie contagieuse » C’est Rodin qui offre au public le premier vrai baiser, bien que ce ne soit pas sa meilleure œuvre. Ses mains droites de femmes représentent mieux encore la féminité… Son élève et amante, Camille Claudel, contribuera aussi à magnifier la femme à travers ses sculptures… Mais au XXe siècle un homme arrive d’Espagne, qui va mettre à mal les femmes comme personne n’avait osé le faire… Il l’avoue lui-même : « Je déteste le visage humain ». C’est Picasso. A sa suite, les artistes se mettent en tête de faire impérativement du nouveau, de faire table rase du passé… Femmes déformées, femmes très maigres (Giacometti), femmes vulgaires (Niki de Saint Phalle « si je ne sculptais pas, je tuerai ! »)… Alors quand les grands de ce monde veulent un portrait ils s’adressent à des illustres inconnus, tels Sarah Bernhardt peinte par Clairon, Brigitte Bardot par Von Dongen, ou Marie Laforet par un inconnu… Car la beauté est inséparable de la vérité. A la question « L’Eglise a-t-elle besoin de l’art ? », Jean-Paul II répondait : « Ce monde, dans lequel nous vivons, a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. La beauté, comme la vérité, c'est ce qui met la joie au cœur des hommes ». Les coups de cœur : - Dubout, qui sait si bien représenter la femme avec humour - Jean Fréour, le plus grand sculpteur de bois de France, qui sculpte sans aucune erreur et se laisse guider par les nœuds du bois. - Femmes parisiennes connues dans le monde entier par leur minceur et leur élégance. - Avec Gruau, on aborde le mystère de la femme qui se cache, sans aucune vulgarité. Conclusion La femme a une grande place dans la civilisation française. La France même est une femme, qui a toujours le beau rôle… certaines n’ont pas été représentées : rendons leur hommage… Une femme a été la plus représentée par les artistes (peintres, sculpteurs, poètes, architectes…) : La Vierge Michael Ange l’a faite tendre, ou forte Mantenia l’a faite délicate ou attentionnée Tous l’ont faite pleine de grâces… L’art français apporte une fraîcheur et un sourire qui ne se retrouvent nulle part ailleurs… Nous devons nous imprégner de la France par les sens, pour pouvoir la défendre du tac au tac. Nous devons être comme ces cathédrales : avec des fondations solides, mais des guirlandes de fleurs sur les parties anguleuses !... Et savoir toujours défendre l’art français, le poids d’amour et de patience de notre civilisation.
“LA FRANCE A BESOIN D’UNE BOUFFÉE D’OXYGÈNE”
ENTRETIEN AVEC LE PRINCE JEAN DE FRANCE
- Monseigneur, la campagne présidentielle entre dans sa phase finale. Quels sentiments vous inspire cet affrontement rituel entre représentants des principaux partis politiques?
- Jamais campagne électorale ne m'aura paru à ce point "désincarnée”, je veux dire privée de substance, coupée des préoccupations quotidiennes des Français. On a I'impression d'une espèce de formatage préalable des candidats qui s'expriment tous de la même façon, avec les mêmes formules stéréotypées et passent sans transition d’un sujet à l'autre selon la dernière mode du jour ou les vœux supposés de l’opinion, tels que croient les discerner les instituts de sondage. Comme tout cela parait factice! Comme tous ces prétendants à la fonction suprême ont du mal à prendre de la hauteur!
Avez-vous remarqué d'ailleurs que le mot “France” semble banni du langage de nos candidats ? On ne parle que de la "République" comme s'il sagissait là d'un modèle inégalable et insurpassable de régime politique, d'une sorte de “fin de l'Histoire”. Tous ces candidats ont-ils conscience que la France n'est pas une île, que le monde est en train de bouger plus vite que nous ? Ce monde ne nous attendra pas. Du fait de notre inertie, il avance même de plus en plus souvent sans nous. A force de vivre dans l’instant, dans l’éphémère, d'avoir les yeux rivés sur l'horizon du prochain sondage, tous ces candidats ont perdu conscience des permanences de notre histoire autant que des évolutions indispensables. Le facteur temps leur échappe! Résultat paradoxal: toute cette agitation politique menée dans l'urgence et privée de principes n'aboutit qu'à une France immobile, attachée à ses vieilles lunes ...
- Cette incapacité de nos dirigeants à mener les réformes indispensables au maintien de notre pays dans le peloton de tête des grandes nations incite nombre d'observateurs à faire le constat du déclin de la France. Ce déclin vous paraît-il patent?
- Chaque fois que je considère l'état de la France, j'éprouve une tendance naturelle à passer en revue ses atouts innombrables, ses facteurs multiples d'espérance, sa formidable capacité de rebond plutôt qu'à me lamenter sur ses scléroses, ses blocages, ses retards très réels. Affaire de tempérament ou confiance inébranlable dans les inépuisables ressources morales, psychiques et matérielles de mon pays? Je me garderai de trancher. Mais je constate simplement que s'il y a déclin, c'est l'Etat contemporain lui-même qui en est le principal responsable, le vecteur essentiel. Les institutions actuelles ne garantissent plus l'impartialité et n'offrent plus la durée, l'une et l'autre indispensables à l'heureux développement d'une grande ambition nationale. Face à la pression dissolvante des groupes de pression, œuvrant à la satisfaction immédiate d'intérêts particuliers, l'Etat se perd en mille actions précipitées et contingentes dont aucune ne répond vraiment aux exigences du bien commun. L'Etat ressemble en permanence à un navire ballotté en tous sens sur une mer déchaînée. II en oublie sa vocation première qui est d'indiquer clairement un cap et de réunir les conditions permettant de s'y tenir. Dans ce pays, l'Etat prétend faire tant de choses qui ne relèvent pas de sa compétence qu'il en néglige ses missions essentielles. Son insatiable boulimie a fini par le rendre obèse et myope. Alors qu'iI juge nécessaire de régenter la vie de chacun jusque dans les occupations les plus quotidiennes, qu'iI semble prendre un malin plaisir à tourmenter ses citoyens à tout propos, il se révèle dans le même temps incapable de répondre aux questions fondamentales dont dépend notre survie même : Quelle ambition pour la France? Quelle place pour elle dans le monde de demain ? Comment entend-elle relever les immenses et périlleux défis de la mondialisation ? Sur tous ces sujets, nous ne percevons qu'un silence accablant.
- Mais alors, que faire ?
- D’abord rendre leurs libertés aux Français ! Dans tous les domaines, la tâche la plus urgente me parait être de faire sauter les multiples entraves qui emprisonnent les Français, les étouffent, les empêchent d'aller de l'avant. Sous ses différents masques libertaires, l'Etat engendré par la Révolution française n'a cessé d'étendre son emprise de plus en plus tyrannique sur ce qu'il est convenu d'appeler "la société civile “. Voyez comme nos dirigeants prétendent régler les activités du pays et jusqu'à nos existences dans leurs moindres détails: marche des entreprises, vie des familles, éducation des enfants, tout y passe! II n'est plus un seul secteur d'activités dans lequel vous puissiez prendre une initiative sans être obligé d'en référer à un moment ou l'autre à un représentant de l'Etat. Malheur à qui laisse passer la tête: tout est cadenassé politiquement, intellectuellement, juridiquement. Ce dont les Français ont le plus besoin, c'est d'une énorme bouffée d'oxygène! Il leur faut se libérer de l'Etat sous la forme qu'il a prise au cours des deux derniers siècles. C'est devenu là une nécessité d'autant plus vitale qu'à mesure même qu'il étendait son pouvoir dans tous les domaines, cet État poussait les idées des Lumières à leurs conséquences les plus extrêmes et les plus néfastes. Il n'est que de lire le dernier et admirable ouvrage dc Jean Sévillia, “Moralement correct”, pour se rendre compte à que! point nos dirigeants, qui ont établi un système de contrôle maniaque des activités sociales, encouragent dans le même temps l’effacement de toutes les règles collectives traditionnelles en matière de morale et de valeurs. II y a là comme une sorte d'enchaînement implacable: en déresponsabilisant les Français, on leur a fait perdre le sens des vraies valeurs. C'est seulement en leur permettant de se sentir à nouveau responsables qu'on leur fera retrouver le goût des valeurs fondamentales sans lesquelles il n'est pas de société juste et durable.
- Dans la société violemment laïcisée qui est la nôtre, vous ne craignez pas de vous définir comme un “prince chrétien”. Pourquoi tenez-vous tant à ce qualificatif que certains pourraient être tentés de vous reprocher ?
- Étant ce que je suis et venant d'où je viens, qui pourrait imaginer que je me définisse autrement? Je crois que c'est la seule façon de mériter l'estime de mes compatriotes quelles que soient leurs propres origines et leurs croyances. J'aime à me présenter pour ce que je suis. Libre aux caméléons politiques qui sont en perpétuelle campagne électorale de se déguiser en ce qu'ils ne sont pas dans l'espoir sordide de gagner quelques paquets de voix. Quant à moi, je préfère exprimer une double fidélité: fidélité à mes racines personnelles, familiales; fidélité aussi à cette notion de service de la France qui m'a été transmise dès mon plus jeune âge. Dans cette optique, être "prince chrétien", c'est incarner la nécessaire réconciliation de tous les Franc;ais autour de l'histoire ancienne et récente de leur pays. Toute leur histoire. Je voyage beaucoup. Je connais bien les Etats-Unis, l'Amérique latine, les pays du pourtour méditerranéen, le Proche-Orient. Prince franc;ais, je ne cesse de sentir partout où je suis reçu, combien le fait de m'y présenter aussi en prince chrétien me vaut un surcroît de respect et de considération. Cela n'est pas vrai seulement dans un pays comme la Pologne pour lequel je dois m'envoler très prochainement et où j'aurai l'occasion de m'entretenir avec les plus hauts responsables de l'Etat et de l'Eglise. C'est vrai aussi pour de nombreux pays laïcs ou musulmans dont les dirigeants me réservent souvent un accueil d'une chaleur ct d'un faste réellement touchants. Apparemment, à l'inverse de nos responsables politiques, il ne manque pas de chefs d'Etat ou de gouvernement à l'étranger pour savoir que l'histoire de France ne se résume pas à ses épisodes les plus récents et pas toujours les plus glorieux.
- Grand voyageur, vous multipliez aussi les déplacements en France?
- En plus de nombreux déplacements personnels, j'effectue plusieurs voyages par an dans les régions françaises dans le cadre de mon association Gens de France!. II s'agit pour moi de mettre en valeur diverses initiatives locales au nationales, grâce au relais des journalistes qui m’accompagnent. Je porte un intérêt particulier à la recherche, à l’éducation, à la culture qui sont les clés de notre avenir et de notre prospérité. Je suis d'ailleurs en train de mettre sur pied ma propre entreprise pour contribuer à la promotion du patrimoine français et soutenir diverses initiatives en ce domaine. Ces déplacements m'offrent aussi l'occasion de rencontres directes, confiantes et fructueuses avec mes compatriotes de tous âges et de toutes conditions qui sont extrêmement nombreux à venir me saluer et à m'encourager dans ma démarche. Ils me permettent de mieux connaître et de mieux comprendre les préoccupations et les passions des Franc;ais et de nouer avec eux un lien affectif, si important pour moi. C'est que je méfie instinctivement de tout ce qui est abstrait. D'où ce souci qui est mien “de penser global et d'agir local”, ce qui signifie tout simplement que c'est en restant fidèle à ses racines que le peuple français a les plus grandes chances de se préparer aux défis du futur. Nous devons faire fructifier notre génie propre, c'est la condition du succès. C'est pour les mêmes raisons que je me passionne pour la cause de la francophonie à laquelle je m'efforce de contribuer par divers voyages, tels ceux que j'ai effectués au Québec, en Louisiane ou encore au Liban. Autant de régions du monde qui conservent des liens historiques puissants avec la France tant notre culture a toujours su tirer vers 1e haut ceux qui en étaient imprégnés. Nulle part ailleurs qu'en ces contrées lointaines et pourtant si proches de notre cœur, je n'ai pris autant conscience des liens privilégiés qu'un prince de la Maison de France possède avec l'histoire .