Comité de Soutien

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  • Thibaud COLLIN, agrégé de philosophie, essayiste
  • Hilaire de CREMIERS, directeur de "Politique magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Philippe LAUVAUX, professeur de droit à l’Université de Paris II et à l’Université libre de Bruxelles
  • Gérard LECLERC, journaliste, essayiste
  • Olivier TOURNAFOND, agrégé des Facultés de Droit, professeur à la Faculté de Droit Université Paris 12
  • Marie-Françoise OUSSET, guide de Paris
  • Bernard PASCAUD, président de la Restauration Nationale
  • Jacques TREMOLET de VILLERS, avocat à la Cour
  • Jean-Marie LE MENE, Président de la Fondation Jérôme Lejeune
  • Christian WAGNER, rédacteur en Chef de le rubrique Economie et Finances de "Politique Magazine" et de "La Nouvelle Revue Universelle"
  • Yvan BLOT, inspecteur général de l'administration, homme politique, essayiste
  • François-Georges DREYFUS, historien, professeur émérite de l'université Paris IV-Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'études politiques et du Centre d'études germaniques de l'université de Strasbourg
  • Gilles VARANGE, rédacteur en chef de "la Nouvelle Revue universelle", chef de la rubrique "monde" de "Politique Magazine", écrivain
  • Frédéric ROUVILLOIS, Professeur de droit public à l'université de Paris V, écrivain
  • Olivier PICHON, directeur de la rédaction de Monde & Vie et ancien patron d'émission sur Radio-Courtoisie
  • André LOUCHET, professeur de géographie, directeurs de recherche doctorale à l'université Paris IV
  • Pierre HILLARD, professeur de relations internationales , essayiste

Magazine et Revue

“POLITIQUE MAGAZINE”

Le numéro: 6 euros. Abonnement: normal 58 euros, étudiant 29 euros.
Rédaction et administration: 7 rue Constance - 75018 Paris (tel: 01-42-57-43-22)
www.politiquemagazine.fr 
 

La nouvelle REVUE UNIVERSELLE (Jacques Bainville, fondateur) parait de nouveau.

Politique, Histoire, Economie, Diplomatie, Lettres, Beaux-Arts, Poésie, Danse Théartrs, Cinéma..

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L'exemplaire: 15 euros.

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La Nouvelle Revue Universelle: 7 rue Constance - 75018 Paris

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Etudiants, Jeunes Professionnels et Amis

BIENVENUE
Le Café Bleu rassemble des personnes qui ont pris conscience que les grands enjeux contemporains étaient déterminants pour notre avenir, sans pour autant avoir la disponibilité requise pour se pencher sérieusement sur ces problèmes de notre temps.
            Aussi, les étudiants, jeunes professionnels et amis du
Café Bleu se rencontrent chaque mois autour d'un spécialiste qui aborde un thème culturel, philosophique, religieux, politique, économique, juridique, géopolitique ou social.
Au terme de chaque conférence, les participants se retrouvent autour d’un verre pour parler, échanger leurs avis et créer des liens.
            Chacune de ces rencontres répond à quatre fondamentaux
                                   o    sérieux de l'analyse,
                                   o    liberté de propos,
                                   o    débat entre les participants,
                                   o    convivialité de la soirée.
Le but du Café Bleu est de proposer une alternative à la culture unique et à l’historiquement correct en développant des sujets dans tous les domaines avec un œil empirique.
Jeudi 23 mars 2006
Que du
BLEU
par Yves-Henri Allard
 
   Le printemps nous ramène les couleurs. Elles aussi ont une histoire. Pour notre temps, le rouge est révolutionnaire, mais arrive l’orange, qui n’est plus réservé aux protestants d’Ulster. Le vert a coloré les cocardes feuillues de Desmoulins, les pancartes des écolos et l’étendard des mahométans. L’arc-en-ciel total, qui montra aux survivants du Déluge la réconciliation avec le Ciel, flotte toujours sur les marais mal desséchés, par delà Noé.

   Nous avons passé au bleu le bleu. Il en existe mille nuances, du turquoise à l’indigo. Avant tout, voici l’azur, le ciel en plein jour qui, disent les spationautes, fait de notre planète céruléenne le joyau du système solaire. Le plus lumineux est le bleu roi. Ce bleu de France par excellence est celui de la chape de saint Martin, ainsi que j’ai déjà eu l’honneur de le raconter. Son histoire relie Capet à Clovis et il s’attache maintenant à la hampe de l’emblème national.

   La Prusse a aussi le sien, sombre et cyanique, envahissant. Nous lui préférerons notre marine ou l’outremer. Côté uniformes, les Bleus ne furent guère appréciés en Vendée, bien qu’ils soient aujourd’hui acclamés ou hués sur les stades. La bleusaille doit s’aguerrir. Le bleu-gendarme et le bleu-police sont attendus ou redoutés. Le bleu-jonquille, décomposition du vert des chasseurs, est souvent remplacé par le blanc de neige, plus spectaculaire. Le bleu horizon, évocateur du bond héroïque hors de la tranchée et des ciels lumineux de la victoire, rappelle aussi les souffrances de la Grande guerre, les déceptions d’une paix précaire et les débuts d’une autre guerre qui ne fut « drôle » que peu de temps. L’Histoire n’est pas un conte bleu.

   A Byzance, les Bleus et les Verts s’affrontèrent. Cela nous fait souvenir de Pallas-Athéna « aux yeux glauques ». Il s’agit d’un bleu-vert foncé, couleur de la Méditerranée où règne le dieu Glaucos. Curieusement, seuls les botanistes en connaissent encore la nuance, qui est celle de certains feuillages ; pour presque tout le monde, l’attraction des « glacé », « glissant », « glaireux » et la teinte des mers septentrionales en a fait une couleur mal définie, grisâtre, jaunâtre, d’aspect répugnant. Très proche en est le pers - dont le souvenir reste à Paris dans la rue de la Cloche-perce, provenant d’une enseigne - et qui sert aussi à qualifier l’iris de la déesse.

   Le sang bleu est celui qui coule sous la peau fine et pâle de ceux qui ne travaillent pas au dehors. Les anciens barbiers-chirurgiens se signalaient par un flot de rubans, bleu comme les veines, rouge comme le sang, blanc comme les pansements, d’où est venu le tourniquet tricolore qui servit naguère d’enseigne aux coiffeurs.

   Et Barbe-bleue ? On prend ce monstre pour un surmâle au poil aile-de-corbeau, alors que le « bleu » était une variété de gris ; en cet époux vieillissant, le plaisir émoussé laissait place à la cruauté, seule source d’excitation qui lui restât. Cette acception mélancolique, « des bleus à l’âme », demeure dans le « blues » américain.

   Il existe encore bien des « bleus » à raconter, de peur, de lessive, de travail, en cadis de Nîmes ou de Gènes, d’architecture, de cuisine pour les truites, le steak, le vin et bien entendu les fromages. Le pastel des cocagnes fit la fortune d’une province. Les fillettes aux yeux « fleur de lin » ne cueillent plus de bluets dans les champs de blé, mais cela ne m’empêchera pas de finir cette bluette, ou ce petit-bleu, en faisant resplendir les pierres de la Couronne : le Régent, exposé au Louvre, est un diamant très légèrement bleuté ; le Muséum recèle le saphir rhomboédrique de Louis XVI.
 
YHA
 
par Café bleu publié dans : Beaux textes
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Lundi 20 mars 2006
 

"Le mariage gay,
les enjeux d'une revendication"

par Thibaud Collin

le mardi 28 mars 2006

"Un grand nombre de nos concitoyens ne perçoit dans la revendication du mariage gay, qu'une étape supplémentaire de la lutte démocratique contre l'injustice, dans la continuité de celle engagée contre le racisme. Sur ce sujet sensible, les véritables enjeux du débat ne sont pas explicités. N'existerait-il pas aujourd'hui un malentendu entre la société française et les partisans du mariage gay ?" 
                        Thibaud Collin

Thibaud Collin est agrégé de philosophie, professeur en classe préparatoire dans un grand lycée parisien et à la Faculté Libre de Philosophie Comparée (IPC), auteur entre autres du « Mariage Gay : les enjeux d’une revendication », co-auteur de l’ouvrage "La République, les religions, l’espérance" (avec Nicolas Sarkozy et Philippe Verdin).

par Café bleu publié dans : Agenda
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Vendredi 10 mars 2006
Compte-rendu de la conférence de
Maître Jacques TREMOLET de VILLERS sur
″ Qu’est ce qu’être Français ? ″
du 21 février 2006
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a reçu Maître TREMOLET de VILLERS avec le plus grand intérêt et une certaine avidité concernant la question qui a été le fil directeur de la soirée et qui s’est révélée fondamentale pour aborder les problèmes actuels de notre société. Notre invité, après sa fulgurante analyse de "l’être français", a répondu aux multiples questions qui lui ont été adressées, avec objectivité et surtout avec beaucoup d’espoir dans l’évolution de la France.
La qualité du débat qui a suivi la conférence est une source de satisfaction et de motivation pour les organisateurs.
 
Qu’est ce qu’être Français ? Cette question est plus que jamais d’actualité. Elle se pose aux Français de souche comme aux immigrés. Ces immigrés qui se la posent eux-mêmes et qui la posent aux institutions, sans obtenir de réponse.
C’est une question qu’il faut se poser à la fois d’un point de vue personnel et national.
CESAR disait des Gaulois : "Ils aiment la parole, les armes et la gloire."
D’autres ont dit de ces mêmes Gaulois qu’ils sont réservés et casaniers.
Leur image est multiple et paradoxale. Elle ne peut être définie par des critères catégoriels et figés.
Etre Français, c’est parler français. Or la langue charrie la pensée. Elle définit l’être d’une personne.
C’est aussi le sang versé pour la sauvegarde de l’unité du pays.
L’essentiel de la France, c’est sa géographie, son sol et son histoire.
 
Aujourd’hui, on est Français quand on naît sur le territoire français, par le droit du sol. Cela veut dire que ce sol a des droits.
On parle de terre d’Islam pour définir une zone géographique sous l’influence culturelle de l’Islam. Quand on naît sur cette terre, on est pris par tout le culturel qui constitue cette terre.
Il en est de même pour le sol français. Le sol français est le sol le plus anciennement habité du monde (une des plus anciennes traces d’habitations à La Chapelle aux Saints entre la Dordogne et la Corrèze découverte au XIXe).
 
Ce sont les monuments qui font l’homme, qui marquent son passage et sont un témoignage de sa chair et de son sang.
Le sol est humanisé et forme les hommes, même ceux arrivés par hasard.
 
Il y a plusieurs faits essentiels concernant la France, qui ont fait son être personnel et communautaire ; naturel et surnaturel.
Etre né Français est exceptionnel dans l’histoire du monde. Cela confère des obligations. JEAN-PAUL II est venu sept fois sur notre territoire pour rappeler les devoirs de la France. Ce qui était vrai concernant les fondements politiques de notre pays il y a quinze siècles est vrai aujourd’hui.
Le baptême de CLOVIS le jour de Noël 496 est le fondement de la France.
Les Francs étaient des auxiliaires des légions romaines. Ils étaient peu nombreux, mais forts et braves. CLOVIS s’est retrouvé encerclé par de saints évêques et par sa sainte femme Clotilde (patronne du Café Bleu). Le principal instigateur de ce "complot de saints" fut l’évêque saint REMI qui disait de lui-même qu’il aimait trop CICERON et SENEQUE, ce qui prête à penser que nous n’étions pas en des temps barbares et sauvages et que la civilisation gauloise fournissait des intellectuels cultivés et civilisés. C’est la chute des structures romaines qui a libéré la violence civile. Le choix de saint REMI, outre son inspiration divine, s’est fait de manière parfaitement réfléchie. Il est en face de changements majeurs dans l’ordre de la société de l’époque, et le recours à ce Roi Franc est la solution. Au commencement, en France, le Roi est nu, dépouillé dans la fosse baptismale, puis il revêt les attributs royaux. La France est née d’un baptême contrairement à l’ordre naturel qui veut que l’on naisse physiquement pour ensuite naître à la grâce, lors du baptême. Le Royaume de France est né longtemps après le baptême de CLOVIS, ce qui est différent d’une nation préexistante qui aurait été catholicisée. La légitimité de la France, en tant que nation, est son baptême. Tout s’est construit autour. JEAN-PAUL II l’a dit en expliquant que sa légitimité horizontale (sur les hommes) lui vient de sa légitimité verticale (qui vient de Dieu). La France n’est pas uniquement un royaume de ce monde. D’où les liens serrés qu’elle a avec Dieu, ce qui confère beaucoup d’obligations et de contraintes lorsque l’on est un Français conscient de l’être de la France et désireux d’œuvrer pour le bien commun. Si on adhère à cette réalité, on œuvre à faire monter la France très haut, et soi avec. Si on rejette cette réalité, tout tombe très bas. Etant très liée à l’Eglise dans son histoire et dans son être, la France n’est pas demi-mesure, tout comme Dieu vomit les tièdes.
JESUS-CHRIST est Roi de France ; le Roi n’est que le lieutenant de JESUS-CHRIST en France. C’est en ce sens que la France est la Fille aînée de l’Eglise car elle est la première nation à avoir reconnu JESUS-CHRIST comme suzerain, par l’intermédiaire de CLOVIS.
Il y eu quatre procès de Jeanne d’ARC. Et durant ces procès successifs, cette accusée de 19 ans mit ses juges et détracteurs en déroute, juges qui étaient pourtant des docteurs de Sorbonne (qui avait abrité deux siècles auparavant saint Thomas d’AQUIN), donc rompus aux joutes verbales les plus subtiles et aux raisonnements les plus fins. Cette jeune fille ne pouvait être que très intelligente et habitée par un esprit supérieur. Le Royaume de France devait revenir à un prince français légitime et Jeanne d’ARC est allée chercher CHARLES VII, vrai prince de France, pour éviter un Roi anglo-français. Ce royaume devait rester français d’après la cour céleste. La seule explication du souci qu’a le Ciel de garder le Royaume de France à un Roi français est que ce royaume a une vocation spéciale dans le salut des âmes qu’il abrite mais aussi des âmes qui se tournent vers lui. Il est une première marche vers le Royaume Céleste. Jeanne d’ARC a demandé à CHARLES VII de faire donation du Royaume de France à Dieu devant notaire, ce qu’il a fait et elle le lui a rendu au nom de " Messire Dieu " ; geste marquant le fait que pour redevenir Roi de France, CHARLES VII doit reconnaître n’être que le dépositaire de ce royaume devant Dieu.
La France est la Fille aînée du nouveau monde (après celui des empires) car elle est la première des royaumes temporels de JESUS CHRIST. Elle est comparée par tous les Papes au Royaume de Juda qui a vu naître DAVID, et JESUS-CHRIST. Il existe une filiation mystique entre les Rois de Juda et les Rois de France. Cette filiation est représentée sur la façade de NOTRE-DAME de Paris. Il est à noter que les représentations de la lignée des Rois de Juda et de France ont été les premières cibles lors des destructions révolutionnaires du patrimoine historique et religieux français. Le sacre du Roi de France est copié sur celui du roi DAVID. L’Eglise étant la nouvelle Israël (après la Rédemption), le peuple choisi par Dieu après la nouvelle alliance, la France, où cette Eglise est tant soutenue, a un rôle privilégié.
Nous avons renié cette ascendance à la Révolution avec des caractères idéologiques expliqués par la volonté de désacraliser ce qui était sacré pour s’affranchir du passé, mais avec d’autres caractères inexplicables. Par exemple, le sort de LOUIS XVI, Marie-Antoinette et LOUIS XVII, dans leur horreur, est inexplicable. Joseph de MAISTRE y voit l’œuvre de Satan. Un tel débordement de haine (l’amour retourné par l’orgueil et la jalousie) ne peut avoir qu’une origine surnaturelle dans la précision et la méthode avec lesquelles il a touché implacablement ses cibles. Les massacres de septembre sont de même inexplicables. Il faut savoir que les méthodes et l’organisation employées pour la Révolution ont servi d’exemple et ont été les premières du genre dans leur capacité à terroriser un peuple. Lénine a médité sur la Terreur pour la reproduire à la lettre en y ajoutant une efficacité supplémentaire en URSS.
Jean-Marc VARAUT a dit : "Dans le bruit des roues de la charrette qui emmène LOUIS XVI à l’échafaud, j’entends déjà les trains d’Auschwitz."
André FROSSARD a dit : "Le crime contre l’humanité commence à partir du moment où on tue quelqu’un pour ce qu’il est."
Durant les régimes et restaurations suivants, on ne retrouve plus la plénitude ni l’unité qui régnaient jusqu’alors en France. Le lien qui existait entre la famille régnante et le peuple n’a pas d’équivalent ensuite. Aujourd’hui, l’Eglise n’a plus le Royaume de France face à elle, et il lui manque. LEON XIII (le Pape de la reconnaissance de la République française par l’Eglise) avait exalté le baptême de la nation française lors du 14e centenaire du baptême du Roi Franc (voir encyclique sur "la noble nation française"), ne parlant pas de CLOVIS par souci diplomatique pour ménager la susceptibilité républicaine de la France d’alors. Il est intéressant de remarquer que JEAN-PAUL II a exalté le baptême du Roi CLOVIS en 1996, ne pouvant cette fois-ci honorer le peuple français, ses mérites et son histoire, pour ménager notre esprit autodestructeur et éviter des polémiques. Le Pape nous avait exhorté à garder l’âme française comme un trésor lors de cette visite à Reims.
La France est un moment temporel du royaume des Cieux. Comme la Mère, la Fille aînée subit les tribulations que JESUS-CHRIST a subies. De même que l’Eglise, le Royaume de France, aujourd’hui, est humilié. Quand l’Eglise est triomphante, le Royaume de France est triomphant.
 
Etre français aujourd’hui, c’est affirmer au monde que toute politique qui ne se rattache pas à une mystique n’est pas humaine. C’est proclamer que le CHRIST est Roi de France. Il faut prendre conscience que nous avons une vocation à montrer l’exemple, à diriger. Le Royaume de France (jusqu’à aujourd’hui) est celui qui a fourni au monde le plus de missionnaires. Nous avons une vocation à manifester au monde la vérité. Il faudrait que nous remplissions ce rôle de phare.
JEAN-PAUL II a dit durant un voyage en France : " France, éducatrice des peuples, es-tu restée fidèle aux promesses de ton baptême ? ", et devant le malaise palpable de la foule, le saint Père a ajouté : "Je ne condamne pas, mais c’est mon devoir de vous rappeler votre mission."
Saint PIE X a dit en parlant de la France : "Comme SAUL, il te sera demandé : Pourquoi me persécutes-tu ? "
La politique, en France, a toujours été le souci du règne de l’ordre, de la paix. Le prince capétien ne cherche pas la performance économique ou matérielle, mais la prospérité.
 
Dans la constitution du Royaume des Francs, il est écrit en premier : "Vive le CHRIST qui aime les Francs". C’est un cri d’amour. On mesure la faiblesse de la constitution républicaine dans sa capacité à rassembler de manière constructive par rapport à la constitution franque.   . Le principe de l’égalité est mis en déroute quotidiennement dans les organisations humaines. Il suffit d’observer le fonctionnement de la hiérarchie dans une entreprise ou dans l’armée. Et devant la justice idéologique et affichant ses convictions au mépris de la neutralité requise, point d’égalité.
. Il ne faut pas séparer le royaume des Cieux et le temporel, mais seulement les distinguer. La société doit être chrétienne, non pas seulement les sujets. D’où la grande souffrance de l’Eglise qui ne peut laisser partir le temporel hors de son influence. La doctrine sociale de l’Eglise s’inscrit dans cette volonté de rendre à Dieu la place qui lui est due dans la vie de chaque société.   JEAN-PAUL II a fait de la doctrine sociale de l’Eglise le pilier de son pontificat. Il a dit : "Ouvrez les portes de l’économie et du social au CHRIST !!"
Chaque génération est appelée à refaire le royaume de France, que le roi soit présent, absent, ou en attente.
L’histoire de l’Eglise est une suite de chutes et de résurrections. Il a fallu l’hérésie d’Arius pour mettre au point le dogme de la double nature du CHRIST. Il a fallu l’hérésie protestante pour mettre au point le dogme de l’unité indivisible de l’Eglise. Aujourd’hui, l’hérésie est la séparation entre le temporel et le spirituel. La première instigatrice et victime de cette erreur est la France elle-même. Au lieu de s’acharner dans de fausses directions, il faut faire admirer la France. L’histoire du sol avec la religion catholique peuvent arriver à franciser les nouvelles populations. La race française est beaucoup moins biologique que culturelle.
 
L’action politique aujourd’hui est une action culturelle qui vise à faire reconnaître à une élite que le Royaume de France est là et qu’il l’attend. Il faut donc travailler à une Instauration du Royaume de France, et non à une Restauration.
Le Prince Jean de France dit : "Je suis prêt à assumer la totalité de ma vocation."
Autrefois, les ambassadeurs de Venise, qui détenaient une connaissance unique des cours européennes, disaient : "Ce qui distingue la famille royale de France des autres, c’est l’amour que le peuple lui porte."
C’est dans ce sens que le Duc de Vendôme agit en allant à la rencontre des Français au quotidien.
Les catholiques doivent prendre la tête du renouvellement de la politique.
 
EVH
par Café bleu publié dans : Comptes-rendus des conférences
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Mercredi 1 mars 2006
 
Réflexions sur la fin prévisible de la
démocratie représentative
et ses conséquences
 
par
Olivier Tournafond
Professeur à l’Université de Paris XII
 
 
 
Le rejet massif par le corps social du projet de constitution européenne élaboré par M. Giscard d’Estaing est le résultat d’une crise de confiance du peuple français vis-à-vis de ses élites ; mais plus profondément encore il traduit l’échec désormais patent du principe de la démocratie représentative, appelée aussi « démocratie parlementaire ».
                Au terme d’une évolution de plus de deux siècles, l’évidence s’impose : le système de la représentation parlementaire non seulement ne constituait en aucune manière un solution miracle au problème du gouvernement des nations et des empires, mais encore il était affecté dans sa racine même d’une double faiblesse :
- La faiblesse démocratique, qui consacre la loi du nombre et le règne de la quantité, alors que tout progrès véritable est le fruit de l’excellence individuelle et de la qualité.
- La faiblesse de la représentation électorale qui fausse la volonté des électeurs tel un prisme déformant, tout particulièrement dans les grands États moderne où la volonté de l’individu est nécessairement diluée dans le nombre.
 
La prétendue « crise de la démocratie » n’est en réalité que le résultat visible d’un véritable déphasage entre la réalité sociale et ce système politique issu des Lumières et de la Révolution. Du fait des deux vices intrinsèques et irrémédiables que nous venons d’évoquer et après l’effondrement de la démocratie collectiviste qui adhérait fondamentalement aux mêmes valeurs philosophiques, la démocratie parlementaire est à son tour incapable d’assumer la mission de gouvernement et de défense de l’intérêt général qui lui est dévolue. Il est vrai que les manifestations de cette crise sont plus ou moins visibles suivant les États ; les États anglo-saxons, pragmatiques, réussissent à gommer plus ou moins ces défaillances, tandis que les social-démocraties continentales comme la France et l’Allemagne s’enfoncent dans une sorte d’impasse économique, politique et sociale.
Le fait est désormais acquis et même des publications connues pour leur sensibilité plutôt « progressiste » se rendent à l’évidence. Ainsi, dans un style singulièrement maurassien, l’éditorialiste du journal de centre gauche « VSD » écrivait récemment après la double gifle des référendums français et hollandais, « jamais n’a été aussi grand le divorce entre le pays réel et le pays légal ».
 
Comme nous l’avons déjà dit, le principe de gouvernement de la démocratie parlementaire, par la logique même des mécanismes électoraux qu’il met en place, aboutit à la confiscation du pouvoir par une ou plusieurs oligarchies. Ces oligarchies étant dominées par une logique purement quantitative, finissent inéluctablement par exercer le pouvoir dans leur intérêt propre, au nom d’une volonté populaire purement fictive.
Comme ces systèmes sont « constitutionnels pluralistes » et non fondés sur un parti unique pour reprendre l’analyse de Raymond Aron, l’oligarchie démocratique ne se cristallise pas en une « nomenklatura » restreinte, comme dans les régimes totalitaires, mais plutôt dans une sorte de clientélisme plus ou moins étendu qui s’apparente en fin de compte à la « ploutocratie » de l’Antiquité.
Mais le mécanisme qui est à la base de la dérive du pouvoir reste fondamentalement le même que dans les démocraties dites « populaires » : le pouvoir est accaparé à la longue par une minorité et cette minorité plus ou moins anonyme et sans convictions propres, puisqu’elle se veut l’émanation de tous, s’abrite derrière la fiction de la volonté générale.
 
La démocratie représentative donne donc le pouvoir à une élite qui pourtant refuse de se reconnaître comme telle ; par hypothèse, en effet, elle prétend ne pas exister !
 
Ce mécanisme paradoxal explique d’ailleurs le succès de ce système politique à la fin du XIXème et au début du XXème siècle : le triomphe de la démocratie ne s’explique ni par l’intelligence de sa conception du pouvoir, ni par ses prétendues vertus morales ; elle s’explique par le ralliement progressif des élites sociales comprenant tout le parti quelles pourraient tirer d’un système politique dans lequel on dirige le peuple sans limites tout en lui donnant l’illusion qu’il dirige lui-même…
Le régime ainsi mis en place est habile, car il exploite la crédulité humaine ; mais il est cynique et l’élite au pouvoir est nécessairement dépourvue de légitimité propre. De plus, comme il est impossible de mentir à la fois tout le temps et à tout le monde, comme le soulignait Abraham Lincoln en son temps, tôt ou tard le peuple découvre la supercherie ; il prend conscience que ce système méconnaît l’intérêt général et l’idée même de gouvernement.
La crise est alors inéluctable.
 
Dans les démocraties populaires, la crise a été relativement précoce parce que les contradictions politiques étaient trop flagrantes et parce que le système collectiviste n’était pas viable économiquement. De prime abord on pourrait croire que le système a implosé en raison de la poussée populaire et de l’insurrection ; mais une analyse plus subtile révèle aussi que la nomenklatura au pouvoir s’est rendue compte qu’elle avait finalement avantage à renouer avec le capitalisme et à remettre en place un régime constitutionnel pluraliste, ce qui explique sans doute l’étonnante mansuétude dont on a fait preuve en l’endroit des anciens communistes, sans doute les pires criminels que la terre ait portés.
Seule la Chine présenta certaines particularités, car la réintroduction du capitalisme a précédé la désillusion et l’effondrement économique ; désormais, l’économie de marché coexiste avec un système bureaucratique fermé qui n’est pas sans évoquer à certains égards et toutes proportions gardées, certaines républiques aristocratiques de l’antiquité, comme Rome ou Carthage.
 
Dans les démocraties parlementaires ou libérales, la crise est plus diffuse. Elle est plutôt chronique avec des alternances de fièvres et d’accalmies. En effet l’élite au pouvoir parce qu’elle est beaucoup plus étendue, peut lâcher du lest en temps utiles. En particulier les hommes qui sont au gouvernement et à la tête de l’État peuvent se retirer et jouir, dans d’autres domaines économiques et sociaux, d’une paisible sinécure. C’est le jeu de ce qu’il est convenu d’appeler « l’alternance démocratique ». L’économie de marché, les libertés publiques préservées, la paix sociale, tous ces facteurs rendent possible ce jeu de passe-passe. Quand aux partis révolutionnaires ou marginaux comme les partis d’extrême gauche ou de droite contestataire, ils sont savamment instrumentalisés afin de constituer précisément des limites extrêmes qu’il est interdit de franchir sous peine d’encourir le mépris, la réprobation sociale, voire la répression pénale…
 
Ce système peut durer longtemps, en particulier tant que les conditions économiques sont favorables et que le niveau de vie est élevé comme aux États-unis. En effet, même si la volonté de participer à la vie politique est vivace chez beaucoup d’individus, les hommes et les femmes sont le plus souvent accaparés par leur vie privée, familiale et professionnelle et l’existence du droit de vote et des garanties constitutionnelles suffisent à les rassurer sans qu’ils s’interrogent trop sur leur efficacité véritable.
Mais que les conditions économiques viennent à changer, ou que les oligarchies en place aient particulièrement manquées de discernement, comme c’est le cas en France où les prétendues « élites » se sont longtemps et tardivement fourvoyées avec les mythes du marxisme-léninisme[1], ce mécanisme d’autorégulation et de récupération des mécontents ne fonctionne plus. Le peuple s’interroge alors sur la légitimité du pouvoir et utilise les échéances électorales comme autant d’occasions de sanctionner ses dirigeants.
 
On entre alors, comme on peut le constater en France depuis quelques années, dans une sorte de cercle vicieux politique : le parti au pouvoir est chassé et remplacé par le parti théoriquement opposé ; mais comme celui-ci applique globalement la même politique, il est chassé à son tour pour laisser les premiers revenir aux affaires, et ainsi de suite…
Il s’ensuit une sorte de valse hésitation et le système politique tourne en rond en s’enfonçant progressivement. Dans cet état de la démocratie parlementaire que l’on pourrait qualifier de « terminal », le pouvoir cherche à plaire à tout prix au plus grand nombre pour se maintenir. Il ne veut engager aucune réforme de quelque importance, de peur de déplaire. C’est le gouvernement d’opinion. L’État de droit n’est plus défendu, les lois deviennent des gadgets électoraux, la propagande médiatique bat son plein, les hommes politiques ne sont plus que les acteurs de leur propre idéal, pour reprendre la formule célèbre de Nietzsche.
Cet état n’est plus celui de la « ploutocratie », c’est celui de la « démagogie » décrit il y a deux mille ans par les philosophes grecs. Il pourrait représenter l’ultime phase avant la dictature ou l’anarchie.
 
Voila où nous en sommes. Reste à savoir comment nous pouvons sortir de cette ornière avant qu’il ne soit trop tard. Le rejet brutal de la pseudo « constitution européenne » nous fournit peut-être l’occasion d’une prise de conscience à grande échelle.
 
Convaincu qu’il suffisait de continuer à flatter le peuple et de lui parler de démocratie pour l’endormir, les oligarchies qui contrôlent désormais les nations européennes avaient approuvé l’initiative hardie de M. Giscard d’Estaing. Celui-ci et sa « convention européenne » avaient décidé, « au bluff » pourrait-on dire, de rédiger une constitution supranationale, alors que ce groupe était seulement mandaté au départ pour étudier différentes possibilités constitutionnelles. Ce coup de force n’était pas pour déplaire aux media qui s’emploient à flatter l’opinion publique pour mieux la tromper et à tous ceux qui clament sur leur estrade leur respect pour le Peuple et se gaussent en privé de sa balourdise…
 
Cette constitution était pour eux une véritable terre promise qui les mettrait à l’abri à la fois des électeurs irascibles, des syndicats opiniâtres et des magistrats trop zélés…Sans doute aussi savait-on apprécier à sa juste valeur l’afflux de nouveaux marchés, de nouveaux contrats, de nouvelles subventions qu’une telle construction traînait dans son sillage. D’autant plus que cette fois-ci les sommes seraient à la mesure du continent européen tout entier, c'est-à-dire tout simplement colossales.
 
                Au début l’affaire fut rondement menée et le succès du référendum espagnol persuada M. Chirac qu’il pourrait, en procédant de la même manière, faire d’une pierre deux coups et transformer cette consultation en plébiscite personnel.
                Mais il y a des moments où il est dangereux d’être trop intelligent et M. Chirac aurait pu se souvenir qu’il avait déjà pâtit dans le passé de ses fausses bonnes idées. Finalement, les Français ont été plus méfiants que les Espagnols ; ils ont flairé le piège qui leur été tendu et l’intense propagande en faveur du « oui » leur a fait pensé à la carte forcée. Ils ont alors voté « non », ouvrant en même temps la voie à d’autres votes négatifs et protestataires en Europe.
 
                Ces votes de défiance qui risquent désormais de se multiplier, devraient logiquement amener les élites à s’interroger sur la légitimité de la démocratie parlementaire. Elles ne le font pas encore, guidées qu’elles sont par un esprit purement matérialiste qui considère que tout ce qui n’est pas quantifiable n’a pas d’existence. Elles ne le font pas non plus parce qu’elles subissent fortement les dogmes du fondamentalisme démocratique, redoutent de s’exposer au grand jour et surtout de devoir révéler leur pouvoir véritable.
               
                D’où cette sorte d’acharnement thérapeutique au service d’un régime politique éreinté et dont la grande presse et les discours officiels nous fournissent chaque jour l’image : plus la démocratie parlementaire se meurt, plus on invoque la démocratie !
 
                Pourtant il existe des solutions pour sortir de l’ornière. Elles ne nous obligeraient même pas à bouleverser la société de fond en comble ; elles impliqueraient simplement de renoncer à une série de dogmes idéologiques totalement dépassés. Ce qui risque de conduire la société européenne à feu et à sang, c’est le dogmatisme idéologique et non pas une prise de conscience intelligente. Voyons quelles seraient les voies que pourrait suivre cette prise de conscience.
 
  • Première voie à suivre, il est temps de comprendre maintenant que la légitimité tirée du suffrage universel n’est pas suffisante. Nous avons vu dans nos études précédentes[2] qu’il existait en politique trois types de légitimité pour le pouvoir : l’hérédité (qui s’inscrit dans la tradition), la compétence et enfin la représentation, c'est-à-dire l’élection. Chacune présente des avantages et des inconvénients.
                La légitimité démocratique présente l’avantage, comme le souligne Ph. Jestaz, d’être un principe pacificateur, puisque chaque parti peut espérer s’emparer du pouvoir par des voies pacifiques. En outre, elle est de nature à favoriser le dialogue, la concertation, la dialectique et le débat.
                Mais elle présente aussi l’inconvénient d’être une légitimité temporaire et fragile parce qu’elle bénéficie en quelque sorte d’une légitimité d’emprunt : celui qui gouverne doit conserver le soutien de ses électeurs et il est censé exprimer leur volonté ; il est donc obligé à toute sortes de contorsions politiques. Enfin, comme toute décision comporte par définition un risque, on ne décide que lorsque l’on dispose d’un consensus, chose évidement impossible à obtenir de manière durable. On est donc conduit à l’immobilisme dans le fonds et à la politique spectacle dans la forme.
                La légitimité démocratique existe donc, mais elle n’a pas de transcendance.
                A long terme le système n’est pas viable. Pour gouverner il faut tricher avec les règles de base de la démocratie et pratiquer en permanence le double langage. Notre époque a atteint des sommets dans ce genre de schizophrénie politique et sociale : il y a toujours le dit (devant l’opinion publique) et le non dit (en privé), le politiquement correct (qui est souvent aberrant et impraticable) et le politiquement incorrect (qui est souvent l’expression du bon sens). La politique s’en ressent évidemment et rappelle alors la procession d’Esternach dans laquelle on accomplit deux pas en avant et un pas en arrière ; et encore dans le meilleur des cas, car bien souvent dans la politique française on préférera rester sur place et gesticuler…
 
                Les deux autres légitimités présentent au contraire le grand avantage d’être des légitimités propres, intrinsèques pourrait on dire : celui qui dispose d’une compétence est légitime par ses qualités personnelles ; celui qui a hérité d’une fonction héréditaire est légitime par se naissance. L’un comme l’autre n’ont rien à solliciter de personne. Ces deux légitimités ont donc une transcendance qui permet de développer une autorité et c’est pourquoi les empereurs romains comme les souverains européens prétendaient tirer leur pouvoir de Dieu.
                Dès lors, le gouvernement peut-être efficace, inscrit dans la durée et soucieux du bien commun. Il permet d’accomplir de grandes réformes, de grands progrès et facilite l’éclosion de la civilisation sur le long terme. Revers de la médaille, le système mis en place peut dériver vers l’autocratie et le despotisme, mais aussi vers l’immobilisme social puisque les fonctions publiques ne sont pas accessibles à tous. En outre, lorsque le système est fondé sur la compétence, la transmission du pouvoir risque de dégénérer en guerre civile comme on a pu le voir souvent à Rome et lorsqu’il est fondé sur l’hérédité, c’est l’incompétence qui menace comme on a pu s’en convaincre à la fin du XVIIIème siècle…
 
  • Nous en arrivons au second point : au lieu d’opposer stupidement la légitimité démocratique à la légitimité « aristo-monarchique » comme on le fait depuis deux siècles en France, on pourrait fort bien les combiner avec profit, chacune permettant de prévenir les dérives de l’autre. Cette idée n’est pas nouvelle tant s’en faut, puisque c’est l’idée du régime mixte défendu tout au long de l’histoire occidentale par les esprits les plus sensés et les plus raisonnables : Aristote, saint Thomas, Montesquieu, Benjamin Constant, Tocqueville, pour ne citer que les principaux.
                Il est parfaitement possible de faire coexister dans un Etat, et pour le plus grand profit de tous, un roi héréditaire, une élite fondée à la fois sur la compétence et la naissance et des pratiques démocratiques qui donneront d’ autant plus satisfaction au Peuple que leur exercice sera encadré et défendu par des instances arbitrales indépendantes.
                Dès lors il devient possible de rendre complémentaires ces deux éléments fondamentaux de la vie politique que sont l’autorité légitime et le consentement individuel. L’homme étant un être social ce qui implique toutes sortes d’interactions et d’inégalités, il est impossible de fonder le pouvoir sur le consentement de tous. Et il ne sert à rien non plus d’essayer de maquiller la volonté d’une majorité (voire d’une minorité agissante…) en volonté générale. Philosophiquement, la majorité n’a pas plus de droits que la minorité.
                D’un autre coté l’opinion des individus et leurs inspirations sont importantes et doivent pouvoir se manifester ; comme elles ne sauraient évidemment avoir force de loi, il faut qu’une autorité arbitrale leur permettent d’être entendues et que cette autorité agisse le cas échéant pour les satisfaire si cela est conforme au bien commun.
                Enfin, dans bien des domaines, le pouvoir a tout avantage à laisser les individus s’organiser par eux-mêmes, en contrôlant simplement que ce n’est pas la loi du plus fort qui l’emporte à chaque fois. C’est pourquoi Maurras disait : « la Monarchie en haut, les républiques en bas ».
                En d’autres termes, le Peuple n’est pas la source du pouvoir, mais le Peuple est le fondement du pouvoir. Le pouvoir appartiendra toujours à des individus dotés de volonté, de réflexion et de conscience et non pas aux masses qui en sont dépourvues par nature.
                Mais le pouvoir ne peut ignorer les forces immenses et les courants profonds qui traversent ces masses et qui sont à l’origine des plus grands débordements depuis la Révolution française.
 
  • Troisième point enfin qui nous semble décisif pour sortir de l’impasse politique et sociale : il faut impérativement mettre fin à ce nihilisme européen qui refuse de rechercher le sens de la vie et du monde et se réfugie dans la religion de la matière et de la quantité. La perte du sens et de la conscience induit par un relativisme quasi fanatique et pour tout dire grotesque, a abouti à la plus grande crise existentielle de l’histoire. Si rien n’a de sens, si tous les comportements se valent, si l’homme est absolument libre d’adopter n’importe quelle attitude, même la plus contraire aux règles élémentaires les plus naturelles, alors tout est absurde et notre société ne mérite même pas d’exister… C’est à juste titre quelle encourt la haine et le mépris des peuples plus pauvres ou moins développer techniquement.
                Sans compter que la nature, qui n’aime pas les monstruosités et sais mettre fin aux aventures insensées, aura toujours le dernier mot d’une manière ou d’une autre…
 
                Il faut donc réintroduire dans la société, de manière souple et raisonnable bien entendu, non fanatique, la recherche de la vérité, de la justice et du progrès véritable. Vouloir s’en affranchir conduira inéluctablement au règne de la force la plus brutale et à la destruction tragique de la Civilisation.
                Cette recherche est évidemment difficile, surtout compte tenu du très fort individualisme de nos sociétés, mais elle est possible si elle est prudente et non dogmatique.
                Compte tenu de ce qui vient d’être dit, il est bien évident que la supériorité numérique, la puissance financière et les opinions majoritaires, même si elles sont importantes, ne sauraient constituer la fin ultime de la politique menée et encore moins l’expression du droit. Beaucoup d’autres éléments qualitatifs doivent être pris en compte pour mener une politique digne de ce nom : le bien commun, la justice, le respect de l’environnement, la préservation de l’avenir, et celle de la Nation.
 
                                                                                                                                                             O.T.
 
à suivre…
 
 


[1] En France, jusqu’à la chute du communisme, le discours officiel de droite ou de gauche se résignait à admettre que le collectivisme socialiste constituait « le sens de l’histoire » et qu’il était plus ou moins inéluctable à terme. La gauche voulait y aller vite, au besoin par la Révolution (mai 68) ; la droite parlementaire préférait y aller doucement, par le biais de la fiscalité, de l’interventionnisme étatique et de la sociale démocratie. La supériorité morale des forces de gauche était un dogme quasi intangible. En 1981, alors que le déclin du communisme était engagé, la France nationalisait les grandes entreprises et le secteur bancaire et mettait en place une fiscalité confiscatoire d’ailleurs largement préparée par la droite parlementaire sous la houlette de M. Giscard d’Estaing.
                Bien entendu, le « vrai » sens de l’histoire était tout différent et la France paie aujourd’hui au prix fort la stupidité de ses élites politiques et intellectuelles…
[2] Voir en particulier nos deux interventions lors des colloques « La monarchie, patrimoine européen pour le XXIeme siècle » (Ed. X.de Guibert 2002) et « Regard critique sur le développement de l’Europe » (Ed. SICRE 2004).
 
par Café bleu publié dans : L'avis des intéressés
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Mercredi 8 février 2006

"Qu'est-ce qu'être Français ?"


par Maître Jacques Trémolet de Villers

le mardi 21 février 2006

par Café bleu publié dans : Agenda
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Mercredi 8 février 2006
Compte rendu de la conférence
du Professeur Olivier TOURNAFOND sur
"l’élaboration du droit en France ; le problème de la profusion des lois"
du 24 janvier 2006
 
 
 
Chers Amis,
 
Le Café Bleu a eu le plaisir de recevoir M. Le Professeur Olivier TOURNAFOND, professeur de droit privé. C’est avec rigueur et la volonté de reconstruire qu’il nous a présenté l’état du droit en France, victime d’un système qui montre ses limites et dont la réforme des institutions est indispensable.
Etait présent M. Philippe LAUVAUX, professeur de droit constitutionnel et ami de M. TOURNAFOND, et du Café Bleu, qui a élargi le débat vers une dimension internationale pour nous présenter les différences majeures entre le droit anglo-saxon et le droit romano-germanique.
 
Le droit est un phénomène occidental qui s’est développé dans l’empire romain. On constate que dans le reste du monde, soit le droit est confondu avec les mœurs, soit il l’est avec les religions.
La Révolution en France correspond à un bouleversement dans le droit, le juge et la coutume n’étant plus les sources principales du droit, mais la loi, qui est souvent idéologique, c’est-à-dire destinée à faire appliquer les idées révolutionnaires. Elle devient l’outil du système en place et n’est plus seulement un moyen de faire appliquer la justice, mais devient une épée de Damoclès s’abattant sur les mauvais penseurs.
Il y a quatre sources du droit qui sont les lois (le droit écrit), la jurisprudence (l’ensemble des décisions de justice), la coutume (les usages), et la doctrine (l’opinion des magistrats ou des professeurs de droit). Le passage de la France d’Ancien Régime à la France post-révolutionnaire correspond à une inversion dans l’importance donnée à ces sources du droit. On est passé de la jurisprudence et de la coutume comme sources principales, à la loi, d’où une hypertrophie du droit légiféré et la toute-puissance de cette loi, le juge en devenant simplement l’interprète et les deux autres sources étant niées. Durant l’Ancien Régime, le droit était d’abord spontané (la coutume), souvent  négocié (les privilèges et statuts dérogatoire), accessoirement imposé (les ordonnances du Roi). Avec la Révolution, le rapport s’est inversé : le droit est d’abord imposé (la loi), rarement négocié (la "politique contractuelle"), plus rarement encore spontané (les usages). D’une certaine façon on est donc passé de la liberté à la servitude.
Le Code Civil a été établi par Napoléon avec l’appui d’une oligarchie de juristes issus de l’Ancien Régime. Il n’est nullement le fruit d’un consensus démocratique, il est celui du despotisme éclairé.
 
                Le droit démocratique entraîne un déclin du droit car il souffre de  plusieurs faiblesses.
La première est l’inflation législative qui a pris une allure exponentielle depuis 50 ans. Il y a 10 000 textes de lois et 90 000 décrets. Chaque année, des centaines de milliers de textes sont publiés au Journal Officiel. La cause est que tout est censé venir du Parlement qui légifère sur tout. Du fait de cette multiplication des textes, nous avons aujourd’hui des lois contradictoires. Le pouvoir peut également faire ce qu’il veut car les textes changent très vite, d’où une dérive vers l’arbitraire. L’instabilité de la législation conduit au despotisme. Avant la Révolution le droit puisait ses sources soit dans la coutume, soit dans le droit romain, parfois dans les arrêts de règlement des juridictions royales. Désormais le droit puise trop souvent sa source dans les caprice des médias ou les menées des groupes de pression…
Une autre faiblesse est l’indigence des textes de lois actuels qui n’ont plus de sens et sont même parfois dénués de construction grammaticale ; ils sont souvent rédigés par des bureaucrates mal formés (et mal rémunérés).
 
Un autre point sur lequel le régime « démocratique » est déficient, et c’est paradoxal, c’est qu’il aboutit à la confiscation du pouvoir par des minorités en raison du mythe de la volonté générale. La Volonté générale est le grand mot de la République ; l’ennui est qu’elle n’existe pas, car il n’y a en pratique que des intérêts concurrents entre lesquels il faut arbitrer. Mais ce mythe permet aux oligarchies d’agir masquées et pour leurs propres intérêts en brisant toute velléité de résistance.
Dans la société aristocratique traditionnelle, les élites avaient aussi leurs défauts, mais elles avaient tout de même pour mission de défendre l’intérêt général. En outre elles étaient facilement identifiab